Joyland de Stephen King 2014

Joyland de Stephen King 2014

Stephen King est en forme, en très grande forme même ces derniers temps. Ce roman est encore une merveilleuse lecture.

Le personnage principal, qui est aussi le narrateur, revient sur un été qui a bouleversé sa vie au début des années 70. L'amour, la fin d'un amour (mais pas forcément le même), la découverte de la vie et de la mort (voire des morts). Rien de moins et surtout beaucoup plus.

Le parc d'attractions de Joyland est situé en bord de mer et on dit qu'un jeune fille y aurait été assassinée. On dit aussi qu'elle revient hanter les lieux du meurtre certaines nuits. A côté de ce lieu haut en couleurs où se pressent les touristes, une maison victorienne verte se dresse fièrement. Elle abrite une femme, un enfant dans un fauteuil et un chien. Le narrateur quant à lui réside, le temps de cette parenthèse professionnelle entre deux années scolaires d'étudiant, dans une chambre chez Madame Shoplaw, la logeuse du bout de la plage. Il lit Tolkien après ses journées harassantes de petite main au parc. Il longe souvent la plage pour aller travailler. Il y a du vent et un cerf-volant. Et lui s'en va apporter de la joie car tel est le but véritable des forains ou bien, pourrait-il en aller différemment pour certains? Qui sont ces personnages tour à tour touchants et repoussants? Ces collègues parfois patibulaires et ce vent qui souffle fort et qui fait claquer les volets?

Je me suis énormément attaché aux personnages et à l'intrigue de ce livre qu'on dévore véritablement. Il est bref puisqu'il ne fait qu'un peu plus de deux cent pages, mais très intense et la fin, très cinématographique, m'a bouleversé. De plus l'écriture est fluide et souvent poétique : un régal.

C'est difficile de ne pas trop en dire mais de partager quand même un peu de cette joie de lecture. J'ai eu l'impression parfois d'être plongé dans une sorte de chronique du type de l'été 80 de Duras et parfois de lire des titres de la série noire. C'est de nouveau un grand livre pour un grand écrivain qui propose une nouvelle vision du visage de la grande faucheuse et à qui j'ai envie de dire, une fois encore, merci!!!

Un petit faible pour la couverture américaine !

Du même auteur sur le blog : Salem ; 22/11/63

Commentaires

manU B a dit…
La couverture américaine a un petit côté rétro très sympa !
Guillome a dit…
oui elle fait très "pulp style" ;) et ce n'est pas pour nous déplaire !
In Cold Blog a dit…
Style poétique, "filiation" avec Duras... Dis-donc, il a pas mal changé le père King ! ;-)
Une chose est sûre en te lisant : son univers est bien toujours le même.
Fabien MORISSET a dit…
Poétique, oui, c'est ça! Et c'est juste de reconnaître que son univers, tout à fait inimitable nous scotche toujours. Après, c'est ma vision de fan de Duras et c'est vrai que j'ai eu envie de ressortir l'été suite à certains passages. Le début notamment où le narrateur nous plonge dans l'ignorance du passé. Suspense magnifique : une plage, une femme et un enfant.
hylyirio a dit…
Je préfère la couverture francophone, pour ma part :)
mais par contre, l'histoire m'a enchantée...
King est un très bon raconteur d'histoires ;) merci de ta visite !