Lady in Satin, Billie Holiday The Centennial Edition

Lady in Satin, Billie Holiday The Centennial Edition from the avenue

Quelle moisson sur l'Avenue aujourd'hui!
imageLady in Satin, Billie Holiday The Centennial Edition
Billie Holiday est née il y a cent ans cette année. Elle n'a pas vécu très longtemps tellement son amour des malfaiteurs et des drogues l'a détruite rapidement, à 44 ans pendant l'été 1959.

L'année précédente avait été celle de son avant-dernier album qui ressort aujourd'hui dans une superbe édition centenaire composée de 3 cds, accompagnée d'un livret et d'un coffret sobre et totalement nécessaire. 

Je connaissais d'elle surtout la chanson Strange Fruit qui dénonçait le racisme et la lapidation des noirs tandis qu'ils étaient pendus aux arbres :


Et puis je connaissais aussi sa reprise de Gloomy Sunday, réinterprétée plus tard par Serge Gainsbourg. Lui-même qui, aux côtés de Juliette Gréco, vinrent l'applaudirent pour l'album Lady in Satin au Mars Club à Paris. Ils étaient avec Françoise Sagan qui écrivit à propos de cette soirée :

« C'était Billie Holiday et ce n'était pas elle, elle avait maigri, elle avait vieilli, sur ses bras se rapprochaient les traces de piqûres. […] Elle chantait les yeux baissés, elle sautait un couplet. Elle se tenait au piano comme à un bastingage par une mer démontée. Les gens qui étaient là […] l'applaudirent fréquemment, ce qui lui fit jeter vers eux un regard à la fois ironique et apitoyé, un regard féroce en fait à son propre égard. »
— Françoise SaganAvec mon meilleur souvenirGallimard, 1984


Ray Ellis, l'arrangeur et chef d'orchestre fut épuisé par une chanteuse si borderline et ingérable dont il reconnaîtra malgré tout par la suite :

« Je dirais que le moment le plus intense en émotion fut de la voir écouter le playback de I'm a Fool to Want You. Elle avait les larmes aux yeux. Quand l'album fut terminé, j'ai écouté toutes les prises dans la salle de contrôle. Je dois admettre que j'étais mécontent de son travail, mais c'est parce que j'écoutais la musique, pas l'émotion. Ce n'est qu'en entendant le mixage final, quelques semaines plus tard, que j'ai compris que sa performance était vraiment formidable. »

Alors, découvrir aujourd'hui dans ces versions exceptionnelles, non seulement le talent d'une femme brisée, cette voix que la vie avait remplie et la mort déjà cassée, est une véritable providence. Voici déjà un des classiques de l'Avenue. Une discographie de plus à découvrir par la suite. Et vous? Vous connaissez ou vous découvrez Billie Holiday, n'hésitez pas à partager vos impressions.

Si ce n'est pas encore le cas, voici le titre qui ouvre cet album de légende et qui résonne en boucle sur l'Avenue:


Commentaires

le Bison a dit…
La voix rocailleuse, usée par l’alcool et la clope, est si brute qu’elle respire l’émotion de plein pied. Mélange de spleen, de mélancolie et de tristesse. Elle brille sous les derniers projecteurs de sa vie. Le cabaret est enfumé, la diva s’élève au-dessus de la scène. L’atmosphère devient impalpable, la musique navigue entre jazz et blues, le rêve se mélange à l’imagination.
Fabien MORISSET a dit…
Merci le Bison, c'est une vision très juste de ce qu'on ressent à l'écoute si troublante de ces trois disques. Je les écoute sans cesse depuis mercredi et ils ont un pouvoir presque hypnotique aussi, envoûtants !
Cristina G a dit…
Quel bel hommage tu lui rends. Une fin tragique, et une "aura" qui la rendent immortelle. Finalement je la connais peu cette chanteuse, mise à part ses incontournables.

Merci de ce rappel

Punaise quelle émotion dans sa voix !
Fabien MORISSET a dit…
Oui, à ne pas s'en remettre !
dasola a dit…
Bonsoir, quelle voix, j'adore. Je vais me procurer le disque (le prix n'est pas onéreux). Bonne soirée.
From the avenue a dit…
Super ! Tu ne le regretteras pas !