Jack Holmes et son ami d'Edmund White

Jack Holmes et son ami d'Edmund White éditions 10/18

Dans la série, je recycle un ancien billet, voici Jack Holmes et son ami que j'avais lu fin 2013. Le roman vient de sortir en poche chez 10/18.

Une fresque qui s'étale du début des années 60 jusqu'à la fin des années 90 où l'on suit une grande amitié entre deux new-yorkais. Deux personnages centraux, Jack Holmes qui aurait bien voulu être l'amant de Will Whright. Mais malheureusement pour lui, Will préfère les femmes. C'est d'ailleurs Jack qui lui présentera sa future femme.
Will sera l'amour impossible de Jack. Jack sera le seul véritable ami de Will. Ils se perdront de vue pour mieux se retrouver à l'aube de chaque décennie.
Même si j'ai eu de la peine à quitter le personnage de Jack à la fin de la première partie du roman, force est de reconnaître qu'il était intéressant pour la construction de l'histoire de changer de regard. Avec un point de vue différent, celui de Will que l'on retrouve dix ans plus tard (les deux hommes ont alors la trentaine). 

Un roman habile où Edmunt White donne à voir la différence de perception du sentiment amoureux et de la sexualité entres homos et hétéros. Il ne s'interdit rien et étudiera sans détour la question du désir et du plaisir sexuel, notamment celui des femmes. Ce qui pourra peut-être étonner les lecteurs de l'écrivain qui à ma connaissance s'est focalisé principalement sur la vie homosexuelle dans ses précédents romans. 
Un ôde à l'amitié avec un grand "A" entre homo et hétéro. Première fois que je lis une histoire sur ce thème. Ça fait du bien ! 

L'écrivain n'évite pas certains clichés côté scènes chaudes mais se rattrape par son analyse psychologique assez pertinente. Un regard aiguisé sur l'être humain, son rapport au corps, sa sexualité et ses tabous. Enfin, j'ai bien aimé son écriture intelligente, crue et tendre à la fois. 

Jack Holmes et son ami d'Edmund White - 10/18 - sortie le 04 novembre 2015

Commentaires

In Cold Blog a dit…
J'avais émis à l'époque les mêmes réserves quant à certains clichés (assez étonnants de la part d'un auteur de ce calibre).
Sur un thème proche, j'allais te conseiller un roman de David Leavitt (The two hotels Francfort) mais en voulant vérifier l'intitulé en français, je m'aperçois qu'il n'a pas (encore) été traduit en français... Cela dit, si tu ne le connais déjà, c'est un auteur que je te recommande.
Guillome a dit…
Bonjour Laurent, j'avais découvert David Leavitt il y a plus de dix ans je crois, avec un recueil de nouvelles "quelques pas de danse en famille"...que j'avais aimé sans plus. peut-être faudrait il que je le relise...Mais tu piques ma curiosité avec ce titre anglais...il faudra être patient pour ma part car contrairement à ma moitié, mon niveau d'anglais n'est pas assez bon pour lire un roman en entier !
In Cold Blog a dit…
"Quelques pas de danse..." n'est effectivement pas ce que Leavitt a fait de mieux. Je l'ai découvert dans mon adolescence avec "Le langage perdu des grues" qui m'avait bouleversé... et que, donc, je te recommande chaudement. Cela devrait changer ton regard sur Leavitt.
Guillome a dit…
ma moitié avait adoré "le langage" ... bon ok ok je vais le lire ;-) merci pour ce rappel !
manU B a dit…
J'ai lu plusieurs Edmund White il y a quelques années mais impossible de me rappeler celui que j'avais préféré...
Guillome a dit…
ManU : j'ai la mémoire qui flanche, j'me souviens plus très bien ;-)
Jérôme a dit…
Un auteur que je n'ai jamais lu mais je ne commencerai peut-être pas par celui-là.
Guillome a dit…
Jérôme :Edmund White a écrit un livre sur Rimbaud, pas encore lu mais il me tenterait bien !