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La disparition de Jim Sullivan de Tanguy Viel


Quelle bonne nouvelle! Tanguy Viel publie un nouveau roman Article 353 du code pénal que je vais m'empresser d'aller acheter cette semaine. Aussi je ne résiste pas, à l'occasion de la sortie en poche de son précédent roman, de republier ici ce que j'en avais pensé. 

Tanguy Viel a ce talent de dérouler ses pensées, comme s'il nous parlait face à face "par écrit". Et c'est là tout le travail d'écriture qui rend cette fluidité si naturelle.

Récemment, comme je faisais le point sur les livres que j'avais lus ces dernières années, j'ai remarqué qu'il y avait désormais dans ma bibliothèque plus de romans américains que de romans français. Pendant longtemps pourtant, j'ai plutôt lu de la littérature française. Pendant longtemps, j'ai moi-même écrit des livres qui se passaient en France, avec des histoires françaises et des personnages français. Mais ces dernières années, c'est vrai, j'ai fini par me dire que j'étais arrivé au bout de quelque chose, qu'après tout, mes histoires, elles auraient aussi leurs place ailleurs, par exemple en Amérique (...) 

Le roman commence par ses mots. Tanguy Viel nous dévoile son travail d'écrivain en nous parlant d'un livre qu'il est en train d'écrire et dont les personnages et l'intrigue se passent aux Etats-Unis. Il nous explique ses choix de lieux, d'intrigue, dans quel ordre il désire présenter ses personnages, ses doutes vis-à-vis de la perception qu'aurait le lecteur avec tel ou tel scénario. Cette mise en abîme est très réussie de mon point de vue. Une sorte de making off qui serait aussi intéressant que le roman lui-même. 

Tanguy Viel m'a une nouvelle fois conquis en offrant un hommage ludique au "roman américain" en citant ses lectures sans être pompeux (Phlip Roth, Joyce Carol Oates, William Faulkner...et j'en oublie) en utilisant habilement les clichés sur ce que doit comporter impérativement un roman américain selon lui (une histoire d'adultère, un prof de fac notamment). Il n'hésite pas à donner son avis en tant qu'écrivain français avec malice et amusement. C'est là aussi que réside le tour de force : instaurer une connivence subtile avec son lecteur, partager avec lui ses remarques sur ces américains qui à l'inverse des français arrivent à écrire de "vrais romans internationaux". 
    
Pour ce qui est du titre donné au roman, Tanguy Viel s'en sort avec une belle pirouette à la fin de son roman. C'est plutôt bien vu. Très bien même.   

La disparition de Jim Sullivan - Tanguy Viel - (double) Editions de Minuit - sortie le 03 janvier 2017.

Commentaires

Léa TouchBook a dit…
Merci pour cette découverte, je prends note :)
Guillome a dit…
@Léa : Tanguy Viel est un de mes écrivains préférés. Je suis toujours sous le charme de son écriture.