Le garçon aux cheveux verts de Joseph Losey


En cette journée de différence, de toutes les différences, je constate. BFMTV a décidé de ne pas faire son direct sur la Manif pour l'égalité quitte à lui préférer le Vendée Globe, ce qui crée un colossal écart de communication face à la Manif pour tous qui avait elle eu droit à une journée complète en temps réel et en informations non vérifiées pour la plupart (du style un million de participants). Vers 18h30 tout à l'heure, cette même chaîne mentionnait enfin la Manif pour le mariage en montrant, là en direct, la fin du regroupement.

On peut dire beaucoup face à l'image et devant tant de parti pris, face à ce qui ressemble osons le mot à de la Propagande, c'est pourquoi j'ai enfin visionné ce film de Joseph Losey tout à l'heure : Le Garçon aux cheveux verts.


En 1948, le réalisateur y présentait dans un superbe Technicolor, un garçon orphelin de guerre. Il est passé de maison en maison, d'oncle en tante pour arriver jusqu'à un grand-père d'adoption. L'histoire y est subtile, parfois un peu datée, mais en tant que fable sur l'intolérance, sur la différence, d'une brûlante actualité. Que faire quand on n'est pas comme les autres, que tous voudraient que l'on rentre dans le moule? Et bien vivre, vivre avec ses cheveux verts, vivre avec ce qu'on est, c'est déjà beaucoup, immense, alors répandons la bonne parole.

Ce film (dont voici les premières minutes) regardons-le, partageons-le et n'oublions jamais que ce sont les marges qui font tenir les pages ensemble.



Oui je le veux!

homosexualité, Mariage pour tous manifestation paris
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(mise à jour 01er février 2013 - Merci Ambre et Axel pour les photos)

Quelques exemples de pancartes que nous avons pu voir
lors de la manifestation pour le Mariage pour tous dimanche dernier

Lescop

Lescop - édition vinyle

Lescop (de son vrai nom Mathieu Pedupin) nous offre un premier album estampillé new-wave. A la première écoute, on pense à Etienne Daho ou Daniel Darc. Une musique très pop, des rythmes accrocheurs qui s'accordent parfaitement avec sa voix à la fois sombre et faussement désinvolte.

Côté scène, Lescop a cette allure frêle du jeune dandy, qui n'en est pourtant pas à son premier coup d'essai (il fut le chanteur du groupe rock “Asyl” formé à la La Rochelle dans les années 90). Avec une certaine noirceur dans ses textes, Lescop captive et nous entraîne dans un univers rock et poétique.

Coup de cœur pour le titre “La nuit américaine”. Lire l'article précédent.

Merci à toi, Fabien, pour m'avoir offert l'édition vinyl que je prend un plaisir à écouter tout en suivant les paroles sur la pochette du 33 tour !


La fille de la Cinquième Avenue de Gregory La Cava, RKO 1939

La fille de la Cinquième Avenue de Gregory La Cava, RKO 1939 dvd

Encore un film trouvé dans le superbe coffret RKO. Ginger Rogers y campe ici une promeneuse désargentée qui, a la dérive dans Central Park, rencontre un homme richissime que sa famille ignore. Ce dernier décide de la payer afin qu'elle se fasse passer pour sa maîtresse et ainsi regagner l'attention de sa femme et de ses enfants. Mais les choses tournent autrement. 

Il y a une véritable fragilité dans ce film où les faiblesses de l'humanité apparaissent finalement comme  les plus grandes forces. La scène par exemple où ce vieil homme et cette jeune femme, conduits par leur chauffeur, font semblant d'être en bonne compagnie et de danser la Rumba, tandis qu'ils se contentent de faire en boucle le tour du Parc. Ils échangent, dans l'habitacle restreint du véhicule, une immense bienveillance réciproque, simple, et il pense à son avenir incertain à elle, elle qui ne semble pas se tracasser, du moins pas encore, et ils paraissent s'endormir ainsi, ou plutôt se reposer, s'éloigner de la brutalité féroce du monde. Magistral et tout simplement bouleversant. Il nous pousse ainsi Anywhere out of the world, dans ce lieu de cinéma, éternel et douillet.


L'introduction, toujours très juste bien que trop brève de Serge Bromberg  éclaire le film brillamment. 

Un superbe moment de chaleur humaine dans le froid glacial qui commence à sévir, il serait dommage de s'en priver, alors allez-y et partagez votre point de vue en commentaire!

Le crépuscule des stars de Robert Bloch

Le crépuscule des stars de Robert Bloch rivages noir

Le Crépuscule des stars est une véritable déclaration d'amour au 7ème art. Un roman fascinant et passionnant.

L'auteur de Psychose nous embarque à Hollywood au temps du cinéma muet des années 20 à travers le personnage du jeune Tom Post qui rêve d'y faire carrière en tant que scénariste.

Même si le cinéma de cette époque ne me parle pas et ne me séduit guère au premier abord, je me suis laissé prendre au jeu. La magie Hollywood fonctionne à merveille, la fabrique à rêves, ses stars et leurs scandales, ces réalisateurs omnibulés par la course au succès.

L'histoire commence en 1922. Tom Post réussi par miracle à se faire embaucher comme responsable des intertitres des films d'un grand réalisateur Theodore Harker pour qui il a une grande admiration.

Le rêve, monsieur Harker. Je sais ce que vous pensez, je ne suis qu'un écrivaillon qui pond des gags pour des comédies de quatre sous, un monsieur Personne qui vient de nulle part. Mais je sais ce que rêver veut dire. Et c'est aussi votre secret, n'est-ce pas ? (…) C'est pour ça que vous avez fait de grands films, autrefois, c'est pour ça que vous êtes un grand metteur en scène . Parce que vous devez sorti de nulle par, vous aussi, vous devez ssavoir ce que c'est que d'être un monsieur Personne. Vous vous rappelez vos rêves de cette époque – les rêves que font les gens simples sur l'amour, l'honneur, et le triomphe du bien sur l'injustice. Bien sûr, les critiques font la fine bouche devant ces films, ils l'ont toujours fait. Mais le commun des mortels ne fait pas la fine bouche. Parce qu'il a besoin de rêves, et uqand il n'est plus capable de rêver tout seul, il se tourne vers les gens comme vous – ceux qui créent des rêves à leur mesure. C'est ce que je veux faire. Il faut que je le fasse. C'est comme si... comme si j'étais né pour ça.

Il monte peu à peu les échelons dans ce milieu où les places sont chères. Un univers qui bientôt sera contrôlé par le monde de l'argent, des banques et des producteurs. L'âge d'or du cinéma muet qui sera définitivement enterré après la crise de 1929 pour laisser place au cinéma parlant.

Publié pour la première fois en 1968, le roman sera réédité en 2008 par les éditions Moisson rouge. Il sera publié de nouveau en 2011 par les éditions Rivages dans la collection Rivages/Noir. Il ne sera pourtant pas question de meurtre et encore moins d'enquête. La seule mort à laquelle on assiste c'est celle du cinéma muet, personnage phare du roman.

Robert Bloch inscrivait The Star-Stalker comme le premier tome d'une trilogie consacré au cinéma qui ne verra finalement jamais le jour. En revanche, parmi la quarante de livres qu'il écrivit, celui-ci reste son préféré comme il le rappelle dans la préface du roman. 

Cette lecture m'a plus que réjouis et je dois dire que ça fait du bien surtout quand on a laisser sur le bord de la route les 3 ou 4 derniers romans qui n'avaient pas réussis à me captiver.


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Pink Vador - Je suis ta tante !

Pink Vador - Je suis ta tante !
crédits photos :  
LE KOLLECTIF PINKVADOR 
regroupant les artistes VINZ, LOWMIX, CLARAJANE et MARKIMOON
http://www.pinkvador.tumblr.com

Petite dédicace à tous les personnes qui se disent tolérantes et qui vont manifester demain à Paris contre le mariage pour tous.

Lorsque l'on s'oppose à l'égalité des droits entre les noirs et les blancs, cela s'appelle du racisme. Lorsque l'on s'oppose à l'égalité des droits entre les femmes et les hommes, cela s'appelle du sexisme. Lorsqu'on s'oppose à l'égalité des droits entre les couples homosexuels et les couples hétérosexuels, cela s'appelle de l'homophobie. L'homophobie ce n'est pas seulement éprouver de la haine envers les personnes homosexuelles, c'est aussi de penser que l'hétérosexualité serait préférable à l'homosexualité, c'est à dire hiérarchiser les orientations sexuelles et hiérarchiser par conséquent les couples en fonction du sexe des conjoints et les familles en fonction du sexe des parents.(Elisabeth Ronzier, présidente de S.O.S. Homophobie - article intégral)

Hors les Murs de David Lambert, 2012




Nous venons de découvrir Hors les Murs et ce film nous a complètement séduits.

Par sa musique, ses acteurs plus qu'excellents, sa progression chaotique prodigieuse. 

Dans ces hésitations au rythme de vies cassés, reconstruites, en mouvement constant et pourtant  emmurées inexorablement, il y a à la fois une fatalité implacable et une infinité de possibles. On cherche où est la véritable prison. Est-ce le lieu où il s'agit d'expier, dans la violence d'une cellule? Est-ce plutôt celle, toute intérieure, de ses besoins, sexuels notamment? Ou est-ce la société qui nous pousse fatalement vers nos destins, inévitables?

Une petite merveille à côté de laquelle il serait dommage de passer.

Hors les Murs de David Lambert, 2012

Deux garçons bien sous tous rapports de William Corlett

Deux garçons bien sous tous rapports de William Corlett

Le château de Bellingford, petit village de la campagne anglaise, vient d'être acheté par deux hommes : Richard, un producteur de théâtre à succès accompagné de son jeune amant, Bless. S'ils pensent trouver dans cette demeure le calme et la tranquillité, c'est raté. Car forcément, ils attirent la curiosité des  habitants remplis de commères et de vieilles bigotes. Une semaine suffira à Bless pour se laisser déborder par des habitants envahissants pendant que Richard lui, part une semaine aux Etats-Unis pour signer un contrat pour le cinéma.

100% Humour british avec des dialogues savoureux. Pour ceux qui aiment foncez. L'humour anglais, c'est à moitié ma tasse de thé, mais je me suis laisser tenté. Et le début démarrage plutôt bien. C'est léger, ga(y)i et les pages se tournent toutes seules. Mais rapidement, une fois l'idée de départ exposée, l'histoire ne tient pas vraiment. On assiste un une pièce de théâtre vaudeville, certes amusante mais l'accumulation de personnages sortis de nul part finit par lasser et je m'y suis un peu perdu. Cependant, certaines scènes sont hilarantes, les quiproquos souvent attendus sont drôles. Finalement j'ai passé un bon moment mais sans plus et j'ai bien peur que ce roman soit vite oublié. Allez hop au suivant !

Le libraire de Régis de Sa Moreira

Le libraire de Régis de Sa Moreira

Première lecture de l'année que j'ai reçu en cadeau (merci les amis!!!). Un court roman qui se déguste avec une tasse de thé (enfin bon j'ai pas mis autant de sachets que sur la couverture du livre).

La vie d'un libraire pas comme les autres. Il ouvre sa librairie de jour comme de nuit. Il n'est heureux que lorsqu'il lit, se cachant même derrière son bureau lorsqu'il n'a pas envie de voir un client. Refusant de vendre “de la merde” il n'hésite pas à envoyer ses clients “en face” trouver ce qu'ils cherchent. De toute façon, il ne vend que les livres qu'il a lu. Des livres rangés et classés ? N'y pensez même pas.

Voici un roman insolite, surprenant avec parfois un côté absurde façon “ionesco”. Sans véritable histoire, on tourne les pages pour apprécier la poésie, les jeux de mots, l'univers décalé. 


Le libraire aimait l’idée de clients se retrouvant seuls devant un océan, une marée plus exactement, de livres, sans personnes pour les observer. il aimait l’idée que les livres existent sans lui. Il se demandait s’il n’aimait pas aussi l’idée de ne pas exister.

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