Caos calmo (Chaos calme) de Sandro Veronesi

Caos calmo (Chaos calme) de Sandro Veronesi

Scène d'ouverture : Pietro Palladini et son frère sont à mer et portent secours à deux jeunes femmes qui sont en train de se noyer. Pietro manque d'y passer aussi mais réussi finalement à sauver l'une d'elles. Arrivés sur la plage, les attentions se portent sur les deux filles et tout le monde oublie les deux sauveteurs héroïques. De retour à la maison, une ambulance est là, la femme de Pietro vient de décéder.

15 jours plus tard, c'est la rentrée des classes, et Pietro, jeune veuf décide de rester toute la journée devant l'école de sa fille. Mais cette journée à l'attendre va se répéter le lendemain, puis le jour suivant et cela pendant des semaines. Sa voiture garée près de l'établissement scolaire va devenir son bureau. Pietro préfère rester ici pour sa fille et surtout pour éviter l'ambiance tendue et électrique de son travail où une fusion s'annonce avec son défilé de licenciements.

Mais ce qu'il n'avait pas prévu, ce sont les venues de sa belle-soeur, de ses collègues et autres personnes qui vont, tour à tour déverser sur lui tous leurs malheurs. Face à son deuil, il s'étonne de réagir "anormalement". Il n'arrive pas avoir du chagrin, ou du moins à l'exprimer. Il reste calme en apparence et gère aux yeux de tous très bien la situation. Mais cela semble suspect. Car le chaos est bien là, dans sa tête.

Voici un roman dont on a beaucoup parlé il y a 2 ans lors de sa sortie en France. Les critiques ont été assez bonnes, ils me semble.

Et il est vrai que ce roman se laisse lire agréablement. L'histoire étant assez atypique. Je me suis demandé où l'écrivain allait nous emmener avec Pietro qui passe ses journées en face de l'école de sa fille. Il apparaît comme un vrai consolateur aux yeux de beaucoup alors qu'il est censé vivre une situation très douloureuse. Alors évidemment le décalage entre les petits problèmes de chacun et son deuil crée des situations tragi-comiques. Le roman oscille entre la légèreté et des moments plus émouvants et graves.

Néanmoins, certains passages m'ont parus assez longs et parfois indigestes surtout lorsque l'on comprend (assez rapidement) les techniques de narration. L'auteur entrecoupe presque systématiquement les dialogues entre son anti-héros et ses confidents par les digressions de ses pensées qui sont diamétralement opposées à la conversation en elle-même. Cela donne un côté savoureux et plaisant, et à d'autres moments un côté répétitif.

La fin est assez convenue et le lecteur devine que tout va rentrer dans l'ordre des choses et reprendre son rythme normal. Une parenthèse dans la vie d'un homme d'aujourd'hui. Alors 500 pages pour en arriver là, pourquoi pas. Mais un peu plus court aurait été bienvenu.

Ce roman a reçu en France le Prix Fémina du roman étranger en 2008. Il a aussi été récompensé en Italie par le Prix Strega en 2006. Le roman a été adapté en film avec comme acteur principal, Nanni Moretti.

Pour info :
Dernièrement le Prix Strega est de plus en plus discrédité tandis que le Prix Campiello est devenu “Le” prix littéraire (au même titre que le Goncourt en France). Les livres primés sont souvent “superficiels et grand public” et manquent de vraies qualités littéraires.
En 2006, Le Corriere della sera a révélé les coulisses de la victoire du livre Chaos Calmo. Le “grand sponsor de ce livre” était Walter Veltroni, à l’époque maire de Rome et ami personnel de l’auteur. “Veltroni a impliqué la Mairie de Rome dans l’achat de la villa des Bellonci dans le beau quartier des Parioli, siège du prix, qui risquait sinon d’être délogé. Un geste d’affection culturelle auquel, dit-on, Annamaria Rimoaldi, la patronne du Strega, a répondu en pilotant la victoire de Veronesi” (Corriere della sera, 7 juillet 2006).
Cet épisode n’a certainement pas contribué à redorer le blason de ce prix.
(source : Italie à Paris.net)

Bea Arthur on Broadway

Bea Arthur on Broadway
C'est hier qu'est enfin arrivé le cd que j'avais commandé à New York de ce superbe spectacle qui date de 2002, juste 7 ans avant sa mort l'an dernier.
Bea Arthur, star entre autres des Golden Girls (les Craquantes en français), y proposait un spectacle rare, tour à tour drôle, émouvant et envoutant. On la retrouve qui chante, qui raconte, qui se souvient, qui vibre et nous fait vibrer à l'unisson.
Bea Arthur on Broadway
Ce genre d'évènement m'a rappelé la scène finale de Six Feet Under, quand Claire décide malgré tout de partir à New York. Parce que c'est là-bas que se trouve l'art. L'art de Claire Fischer c'était la phtoto. Celui de Bea Arthur c'était le divertissement, au sens le plus noble du terme. "That's Entertainment", et quel merveilleux divertissement que celui qui nous est proposé ici. On rit, on pleure, on s'interroge, et la vie prend un sens délicieux. Plus sain, apaisé, revivifié.
Elle revisite, avec l'excellent pianiste (qui était aussi un de ses chers amis) Billy Goldenberg, les chansons qui lui tenaient à coeur et qui bouleversent le mien. Gypsy dont elle avoue adorer le personnage de Rose. Des classiques et des titres plus rares qui me donnent envie, comme ça de rêver de cette vie New-Yorkaise disparue.
Merci à DRG Records, qui a aussi eu la bonne idée de ressortir de superbes concerts de Judy Garland, pour toutes ces merveilles.

Happy birthday


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Already a year that we have fun on this blog ! Thank you for your visits, your comments, your discoveries.

La princesse du sang de Max Cabanes et Jean-Patrick Manchette

La princesse du sang de Max Cabanes et Jean-Patrick Manchette

Je viens de terminer l'adaptation en bande dessinée du dernier roman inachevé de Jean-Patrick Manchette. Dès les premières pages, on retrouve toute la violence et le côté "froid" de l'écriture de Manchette, avec une scène d'ouverture typique (voir les planches ci-dessous). On retrouve les ingrédients "classiques" d'une histoire de Manchette : une intrigue politique complexe, de l'aventure (cette fois-ci au coeur de la forêt de Cuba), des personnages au sombre passé et des parcours de vie cahotique.

C'est le fils de Manchette, Doug Headline qui a composé le scénario et a demandé à Max Cabanes d'illustrer l'histoire. Cette bd est en 2 parties publiée dans la très bonne collection Air libre de chez Dupuis. La 2ème est prévue pour l'automne prochain.

Présentation de l'éditeur :
1950. Sur une plage de l'Atlantique, le kidnapping d'une petite fille tourne au massacre. Maurer, unique survivant de ce sanglant affrontement, disparaît en emmenant la fillette, Alba.
1er janvier 1956. Une année de tempêtes commence... Comme tous les ans, la jeune photographe Ivory Pearl vient passer le réveillon en Normandie chez son protecteur, l'ancien officier de la Royal Air Force, Robert Messenger.
À 27 ans, Ivy est une photographe célèbre pour ses reportages violents sur les champs de bataille et pour son mépris du danger. Mais Ivy est fatiguée et elle a décidé de passer l'année dans un endroit isolé. Elle s'y reposera de la violence en photographiant la nature.
Pour des raisons connues de lui seul, Messenger profite de cette occasion et la persuade de partir à Cuba, dans la Sierra Maestria, impliquant Ivy à son insu dans une opération des services du contre-espionnage français visant à mettre hors course Aaron Black, trafiquant d'armes international et oncle d'Alba, qui a commandité le kidnapping de sa nièce 6 ans plus tôt.



 
La princesse du sang de Max Cabanes et Jean-Patrick Manchette































La princesse du sang de Max Cabanes et Jean-Patrick Manchette





























La princesse du sang de Max Cabanes et Jean-Patrick Manchette

Pluto de Tezuka et Urasawa

Pluto de Tezuka et Urasawa

Pluto est l'adaptation d'Astro, le petit robot (l'épisode : Le robot le plus fort du monde), imaginé par Osamu Tezuka dans les années 1950, par le célèbre mangaka Naoki Urasawa (auteur de Monster et 20th century boys que je vous conseille vivement).

Oubliez le personnage de Astro avec ses pieds en fusée, car ici Astro a l'apparence d'un être humain. Il n'apparaît qu'à la toute fin du 1er tome.
L'histoire débute par Gesicht, un détective robot qui enquête sur les meurtres de robots les plus puissants de la planète (dont lui-même fait parti) ou des humains pro robots. Car nous sommes dans une époque où les humains et les robots cohabitent. Une loi internationale donne aux robots les mêmes droits que les humains ce qui n'est pas du goût de tout le monde.  Les robots vivent comme les humains mais n'éprouvent aucun sentiment. Pourtant ce n'est pas le cas de certains robots, comme Gesicht, Astro ou sa soeur, Uran.

Une fois encore, Urasawa m'a épaté, surpris. Il ne se contente pas de rendre hommage au célèbre personnage d'Astro mais le réinvente.

Tezuka avait imaginé la naissance d'Astro le 7 avril 2003. Les héritiers entendaient fêter l'évènement en créant, notamment, une nouvelle série animée d'Astro. Mais Urasawa, fan de la permière heure d'Astro, arrive avec son projet et le présente au fils aîné de Tezuka. Ce dernier ne semble pas très emballé au départ. Mais il était loin d'imaginer comment Urasawa allait défier le maître du manga, Tezuka.

Les personanges de l'oeuvre de Tezuka font leurs apparitions au fur et à mesure, et même si on ne connaît pas l'histoire orignale (ce qui est mon cas) peu importe, le lecteur est hypnotisé par cette histoire palpitante.

Le 4è tome sortira début juillet en France.....grrrrrrr......patience !

Men's adventure magazines - Taschen

Men's adventure magazines - Taschen

Nous sommes des inconditionnels des éditions Taschen et de leurs livres d'art. Celui-ci vaut le détour pour les amateurs du genre.

Aux prises avec des bêtes sauvages, qu'il s'agisse de lions féroces, de serpents venimeux ou de hordes de belettes mangeuses d'hommes, les beaux gosses des magazines d'aventure masculins cherchent le plus souvent à protéger leurs compagnes plantureuses en luttant de toutes leurs forces contre la fin tragique qui les menace à chaque instant. Qu'ils se retrouvent échoués sur une île déserte, en pleine bagarre contre des gangs de motards ou enfermés dans des camps de prisonniers, les héros masculins ou féminins de ces magazines se retrouvent en effet toujours en fâcheuse posture.

Pour rendre hommage aux magazines américains des années 1950, 1960 et 1970 qui " rapportaient " ces exploits outranciers, TASCHEN vous présente ce guide très complet composé d'une multitude de couvertures colorées, de superbes reproductions sur double page, et d'analyses éclairantes. Grâce à une introduction approfondie qui décrit l'histoire, la culture et la qualité esthétique des magazines d'aventure pour hommes (également appelés " Sweat magazines "), et à une exploration chapitre par chapitre de divers sujets, dont le rôle de la femme et la représentation des communistes, cette étude de référence du genre revient sur le succès populaire de ces magazines, tout en dévoilant leurs implications sociales et politiques.(source : Taschen)

Men's adventure magazines - édition spéciale 25è anniversaire (allemand/Anglais/Français)














 





















Trentemoller et Dimitri from Paris

Ils viennent d'arriver ce matin From the avenue...

Trentemoller - into the gret wide yonder
























Trentemoller - into the gret wide yonder


En livrant un album à contre-pied de ce que tout le monde attendait, le Danois fait ici un pari risqué mais ô combien ambitieux. Celui qui s'était déjà éloigné de la scène house qui l'avait couronné roi au début des années 2000 choisit une fois de plus de sortir des sentiers battus. On ne l'en blâmera pas, car ce diamant noir, rock et romantique est extrêmement séduisant.
(extrait de Chroniques électroniques)

L'édition spéciale que j'ai reçu contient un DVD en bonus avec la vidéo de Sycamore Feeling et Silver surfer ghost rider go !! (live at Roskilde).

Sycamore feeling - Gui Boratto remix

Dimitri from Paris - Get down with the Philly sound
Dimitri from Paris - Get down with the Philly sound


Il etait une fois Philadelphie - et les débuts de la disco ! Dimitri From Paris revient avec son ami new yorkais Danny Krivit pour un voyage au tout début des années 70, à la source du philly sound !


The love i lost - Dimitri from Paris promo edit

La forêt des ombres de Franck Thilliez

La forêt des ombres de Franck Thilliez

Repêchage d'un roman que j'ai lu y'a .....au moins ça.

Présentation de l'éditeur :
Paris, hiver 2006. Arthur Doffre, milliardaire énigmatique, est sur le point de réaliser un rêve vieux de 25 ans : ressusciter un tueur en série, le Bourreau 125, dans un livre. Un thriller que David Miller, embaumeur de profession et auteur d’un premier roman remarqué, a un mois pour écrire contre une forte somme d’argent.
Reclus dans un chalet en pleine Forêt-Noire, accompagné de sa femme et de sa fille, de Doffre et de sa jeune compagne, David se met aussitôt au travail. Mais il est des fantômes que l’on ne doit pas rappeler, et la psychose saisit un à un tous les occupants de la ténébreuse demeure cernée par la neige…

Après chacun de ses livres, Franck Thilliez met la barre de plus en plus haute dans la tension du lecteur, dans ce désir incontrôlable de tourner les pages, de retenir son souffle pour découvrir l'impensable, l’effroi. Ce jeune écrivain de polar évolue aussi dans son écriture. Elle semble plus libre, moins naïve, respirer (par rapport à La chambre des morts). L’auteur nous rappelle ses références  littéraires (ici un hommage à Shining de Stephen King sûrement). Certains pourront trouver les personnages caricaturaux, l’intrigue classique. Et alors ? Ce thriller fonctionne à merveille, c’est efficace et on passe un moment délicieux de cruauté et de sueurs froides.

nouveautés poches chez Actes sud

2 romans qui m'avaient marqués il y a un p'tit moment viennent de paraître en poche ! Laissez-vous tenter :)






















précédent post : ici
A noter que Actes Sud vient de publier un nouveau roman de cet écrivain catalan Treize mauvais quarts d'heure : ici






















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Jean Patrick Manchette par Jean-François Gérault

Jean Patrick Manchette par Jean-François Gérault

Présentation de l'éditeur :
Jean-Patrick Manchette (1942-1995), « père du néo-polar » dont beaucoup d´auteurs se réclament aujourd´hui, a introduit dans le genre policier, souvent conservateur, une critique sociale d´extrême gauche, basée sur la pensée situationniste, faisant ainsi évoluer de façon déterminante le roman policier noir français.

J’ai trouvé cette étude intéressante. Elle permet d’avoir un panorama rapide sur l’oeuvre de Manchette, de replacer chaque roman dans le contexte de l’époque et de percevoir les romans que j’avais lu différemment. A noter que Jean-François Guérault a traduit les romans de Raul Argémi attaché "au roman noir politique (...) qui lui avait valu d’être comparé à Manchette" (in 4ème de couverture de Les morts perdent toujours leurs chaussures que j’avais beaucoup apprécié !)

Jean Patrick Manchette

Poison lips de Vitalic

























 Laissez-vous envahir par cette musique :)

Vitalic - Poison Lips.mp3

 

The boys : prends ça

The boys : prends ça

Allez hop, voici le tome 2 de cette série consacrée aux super-héros, mais version trash et décalée (voir ici pour le premier tome).

Cette fois-ci, l'équipe des boys engagés par la CIA enquête sur un super-slip  nommé Tek Knight. Celui-ci a un appétit sexuel démesuré et semble mêlé à un meurtre d'un jeune homosexuel. La première scène s'ouvre sur Tek Knight en séance de psy et ça démarrage très fort (je me suis bien marré). Un tome très gay, toujours aussi sexe et l'auteur installe peu à peu ses héros et son univers. Un 2ème volume hautement recommandable dans la même lignée que le premier.

The boys : prends ça


Tracey Thorn Love and its opposite

On l'a connue sou l'égide "Everything but the girl" (la légende veut qu'on ait accepté ses premières maquettes si elle quittait le groupe, c'est à dire qu'ils prendraient "tout sauf la fille"...), "Massive Attack (au milieu des années 90), puis finalement seule.

C'est ainsi qu' elle devient, sur son dernier album, nothing but the girl pourrait-on dire. Puisqu'il n'y a qu'elle, vraiment.

Les musiques se font donc moins électoniques, la voix plus solitaire bien sûr, mais jamais perdue. Car Tracey Thorn sait, mieux que personne, nous emmener au fond de l'âme humaine, dans ces lieux solitaires du pathétique ou du beau.
Il y est question de ruptures, amoureuses le plus souvent. Avec ce goût, amer, du rêve brisé, des désirs avortés et du chemin que l'on poursuit, quand même, envers et contre tout.

Cette vidéo live, enregistrée chez elle, nous permet d'en voir et surtout d'en entendre un aperçu avec le premier titre de l'album.

Dernier réveillon et autres nouvelles cannibales de Niccolo Ammaniti


Voici ma dernière lecture déjantée par l'auteur de Je n'ai pas peur, mais dans un registre complètement différent (voir précédent post ici) Laissez vous surprendre à rire, à grimacer devant ces 3 nouvelles loufoques.

La 1ère nouvelle qui a retenue davantage mon attention est la plus longue : Dernier réveillon.
Elle nous raconte le compte à rebours d'un 31 décembre dans un quartier italien où plusieurs personnes vont être ammenés à se croiser, à passer un réveillon mouvementé, dans des situations improbables pour certains.... pour finir en un feu d'artifices explosif (avec des morts en veux tu en voilà).

Des personnages plus barrés les uns que les autres :
- un notaire sado-maso
- une fille jalouse qui emroche son partenaire qui l'a fait cocue
- des cambrioleurs ratés
- un grand père qui aide son petit fils à lancer des feux d'artifices contre les voisins et qui va prendre son fusil pour exterminer l'ennemi
- des junkies qui comptent bien participer au feu d'artifices en se servant d'une dynamite
- sans oublier un escort boy qui organise une fiesta sans la permission pendant que sa baronne bourrée dort dans la chambre
- et enfin un mec qui, à ses dépends, découvrira le 4è stade de jouissance avec une femme qui lui explose à la figure.

Un cocktail étonnant, électrique et fantasque.

Les 2 autres nouvelles se laissent lire avec plaisir, avec une intrigue policière (Je rêve de toi avec horreur) et une histoire de zombie (Le zoologiste).

Le monde des lettres italiennes est mis à sac par de nouveaux barbares. On les appelle les cannibales, ils se nourrissent de polars, de romans fantastiques, de chroniques bien saignantes, de Web et de télé ... Agé de 32 ans, Niccolo Ammaniti est l'un de ces dynamiteurs. Son "Dernier Réveillon", paru en 1996 et aujourd'hui traduit, est placé sous le signe de l'explosion : parce que le succès critique extraordinaire de ce roman a mis sur orbite le mouvement cannibale et parce que, littéralement, le récit se termine dans une déflagration apocalyptique. Diverses (minables) existences convergent vers cet ultime réveillon qui prend la signification d'un jugement dernier. (Revue de presse de Radio France)

Champ d'honneur de Françoise Hardy
























il y a des jours où c’est trop, la coupe est pleine
mauvaises nouvelles, catastrophes à la chaîne
où l’on voudrait disparaître, mettre un terme
à cette vie de labeur et de peine…
sans plus de remords
qu’un vieux cheval mort…
mais que tu tombes ou non au champ d’honneur
pas plus de vaincus que de vainqueurs
retour en beauté à l’envoyeur
du chemin de croix avec des fleurs …

il y a des nuits d’insomnie garantie
où l’on se tourne, retourne dans son lit
à l’horizon, ni solution ni sortie
et dans le corps une drôle d’inertie
pas plus de ressort
qu’un vieux hareng saur…

que tu tombes ou non au champ d’honneur
que l’on t’oublie vite, que l’on te pleure
il n’y a pas de prix pour la douleur
pas plus de vaincus que de vainqueurs…
avant qu’on claque
là, tout à trac
vider son sac
comme ça en vrac …

que tu tombes ou non au champ d’honneur
pas plus de vaincus que de vainqueurs…

Pierre, Paul ou Jacques,
la crise, le krach
foutu mic mac
rien dans les bacs
massive attaque
le feu au lac…
Joyeuses Pâques !

Tante Mame de Patrick Dennis

Tante Mame de Patrick DennisIl y a quelques temps, j'avais posté un article sur le film Auntie Mame ici. La superbe Rosalind Russell y interprétait en 1958 une tante Mame tout à fait exceptionnelle, bien au-dessus de celle que Lucille Ball proposerait en 1974 dans Mame (pour cette version malgré tout, regardez-la s'il vous en dit pour les chansons avec Bea Arthur, notamment "The man in the Moon is a Lady").
Et il y a peu j'apprends que le romand ressort en français traduit de l'américain!
Quelle ne fut pas ma joie de commencer à lire cet ouvrage absolument délicieux et brillant. Un roman surtout, si drôle, si populaire en son temps, et qui n'a rien perdu de son dynamisme haletant.
Pour vous donner envie, sachez qu'on y rencontre un homme (le narrateur qui partage son nom avec l'auteur) qui, au décès de son père, a été confié à sa tante : la cinglée de la famille!
Et commencent des pages où les Roaring Twenties, ces incroyables années 20 voient un petit garçon plongé dans un univers d'adultes qui eux-mêmes sont des enfants. Il y a la crise de 1929 bien sûr, superbement dépassée par Mame, Patrick et leurs employés. Au nombre desquels Ito, l'homme de maion japonais qui reste au service de Mame, avec son rire qui ne cesse jamais.
C'est un pur bonheur que de se laisser porter par cette histoire, légère, délicate, hilarante, pour laquelle on se passionne tout de suite. Du moins, c'est l'expérience que j'en ai et que je souhaite partager, vraiment.
Alors n'hésitez pas à laisser des commentaires sur ce post afin que je sache ce que vous en avez pensé!
Le lien Flammarion, à qui l'on pardonne les boulettes de mauvaises relectures tellement la joie que procure cet ouvrage est grande.