La chambre de Giovanni de James Baldwin

La chambre de Giovanni de James Baldwin rivages

James Baldwin était, il y a encore quelques jours un inconnu pour moi. La chambre de Giovanni est considéré pour beaucoup, comme un classique de la littérature homosexuelle. Resté longtemps introuvable, ce roman de 1956, a de nouveau été publié aux éditions Rivages en 1997 avec une nouvelle traduction. Il aurait été dommage pour moi de passer à côté car j'ai été absolument bouleversé par ce roman.

Quant les émotions vous submergent, difficile d'expliquer pourquoi on a tant aimé. Le texte de James Baldwin est d'une beauté étourdissante, et d'une grande justesse. Un grand coup de cœur que je souhaite partager ici.
L'histoire se passe dans le Paris des années 50. Fuyant son pays et son père, un jeune américain, David, dans sa vingtaine débarque à la capitale à la cherche de lui-même. Alors que sa petite amie est partie en Espagne pour prendre le temps de réfléchir à sa proposition de mariage, David va faire la rencontre du beau Giovanni, un italien sans un sous, qui travaille derrière le comptoir d'un bar dans un quartier homosexuel de Paris. 

- Vous venez souvient ici ? demanda Giovanni soudain, après un moment de silence.
- Non, pas très.
- Mais vous viendrez plus souvent maintenant, dit-il le visage illuminé d'un air de moquerie irrésistible.
- Pourquoi ? bredouillai-je.
- Ah ! s'écria-t-il, est-ce que vous ne vous rendez pas compte quand vous vous faites un ami ?
Je ne savais que je devais avoir l'air idiot et que ma question était idiote aussi. Si vite ?
Pourquoi pas ? Il dit cela comme une évidence, puis ajouta, jetant un coup d’œil à sa monte : on peut attendre une heure si vous préférez. On pourrait devenir amis dans une heure. Ou attendre jusqu’à  la fermeture. On pourrait devenir amis à ce moment-là. (...) Les gens disent toujours ça, il faut attendre, il faut attendre. Qu'est-ce qu'ils attendent ?      

La rencontre entre les deux hommes est à la fois assez commune et simple mais aussi très belle. Les sentiments contradictoires qu'éprouve David (entre attirance et peur) sont décrits avec subtilité.  

Le soir même Giovanni emmène David dans sa chambre de bonne qui deviendra leur petit nid. Un endroit pourtant sale, répugnant et étroit mais peu importe...

Je me souviens que, dans cette chambre, j'avais l'impression de vivre sous la mer ; le temps passait au-dessus de nous, indifférent, les heures et les jours ne voulaient rien dire. Au commencement, notre vie à deux était faite d'une joie. Sous-jacente à la joie, bien sûr, était l'angoisse, et sous l'étonnement la peur ; mais elle ne nous tourmentèrent pas dès le commencement, pas avant que nos glorieux débuts aient pris un goût de fiel. Alors l'angoisse et la peur devinrent la surface sur laquelle nous glissions et dérapions, perdant avec notre équilibre toute dignité et toute fierté.

Mais David n'arrive pas à assumer cette relation, luttant contre ses sentiments jugés contre nature par la société de l'époque. Très vite David prévient Giovanni que lorsque sa fiancé rentrera en France, leur relation se terminera. Pourtant ces quelques mois de bonheur sont une véritable bulle de temps qui s'est arrêtée  marquant à jamais les deux hommes.

Comme je le disais, la vie dans cette chambre semblait comme vécue sous l'eau, et il est certain que j'y subis une métamorphose d'une profondeur insondable.

Giovanni avait réveillé quelque chose qui me démangeait, il avait libéré quelque chose qui me rongeait. Je m'en redis compte un après-midi où je l'accompagnais au bar. Nous remontions le boulevard Montparnasse en marchant. Nous avions acheté un kilo de cerises, que nous mangions en marchant. Nous étions tous deux d'humeur excessivement puérile et espiègle cet après-midi-là, et adultes se bousculant sur le large trottoir et se crachant des noyaux de cerises au visage. Je me rendis compte que cette espièglerie était surprenante à mon âge, et que le bonheur dont il était issu l'était plus encore ; pour ce moment qu'il me faisait vivre, j'aimais réellement ce jour-là.

Jusqu'au jour où David reçoit une lettre de sa fiancée qui annonce son retour imminent. David comprendra à ses dépends, qu'aimer, c'est osez écouter les sentiments enfouis au plus profond de soi. 

Baldwin traite ce thème de l’homosexualité d’une façon intense, avec toute la beauté, le mystère et la sensualité que peut contenir la violence amoureuse. Il y a un désespoir tranquille dans la souffrance de David, une dignité dans celle de Giovanni, qui relèvent d’un grand art selon moi.(Lecture-écriture)  

La chambre de Giovanni est un témoignage poignant de la difficulté intérieure à vivre son homosexualité, il y a seulement cinquante ans.(Les diagonales du temps
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Deep end, un film de Jerzy Skolimowski (1970)


Un film de 1970 ressorti en copie neuve le 13 juillet 2011.

Adolescent de 15 ans, Mike se rend à son tout premier jour de travail : il vient d'être embauché dans un établissement de bains publics de l'East End londonien. Sur place, sa collègue Susan est chargée de lui présenter les lieux. Le jeune homme est tout de suite attiré par cette jolie rousse plus âgée que lui. Alors qu'il découvre une atmosphère étrange autour de la piscine, Mike doit faire face aux avances d'une cliente échaudée. Peu à peu, Susan joue avec l'inexpérience du garçon, profitant de son admiration candide pour le faire plonger dans une dangeruese spirale de fantasmes et d'obsession.(Carlotta)

Deep end, un film de Jerzy Skolimowski (1970)
Deep end, un film de Jerzy Skolimowski (1970)

L'édition collector du DVD propose plusieurs suppléments :

. POINT DE DÉPART : LE TOURNAGE DU FILM "DEEP END" DE JERZY SKOLIMOWSKI (2011 – Couleurs – 75 mn)
Ce documentaire inédit revient sur la production de Deep End, au gré d’entretiens avec l’équipe du film, dont le réalisateur et les deux acteurs principaux. Chacun à leur façon, ils expliquent à quel point Deep End incarne le Swinging London... ou plutôt son pendant négatif.
. "DEEP END" : SOUVENIRS DES SCÈNES COUPÉES (12 mn)
Jerzy Skolimowski, John Moulder-Brown et Barrie Vince reviennent sur les scènes du film qui semblent perdues à jamais, y compris une fin alternative.
. BANDE-ANNONCE 2011
. "DEEP END", C’EST MOI ! (4 mn)
Étienne Daho rend hommage à Deep End. Une lecture de l’article qu’il a rédigé pour Libération lors de la ressortie du film en salles.


J’ai vu Deep End pour la première fois dans un cinéma d’art et essai à Rennes en 1972, à l’âge de 15 ans. J’ai été touché au-delà de tout et je me suis totalement identifié au personnage de Mike, joué par John Moulder-Brown. Deep End est le film chéri, celui qui vous construit, celui qu’on pense être le seul à avoir capté. J’ai eu une copie pirate pendant des années, un poster du film dans mon salon et j’ai tenté systématiquement de le faire découvrir et aimer aux personnes qui ont compté pour moi. Genre de test infaillible de compatibilité.

La ressortie de ce film était un événement attendu et nous étions quelques-uns à trépigner, même si la rareté protégeait son aspect confidentiel et secret. Invité par Mathilde de Carlotta [distributeur du film, ndlr], je suis allé à cette projection à laquelle devaient assister le réalisateur Jerzy Skolimowski, mais aussi ses acteurs Jane Asher et John Moulder-Brown, tellement idéalisés dans ma tête qu’ils ne semblaient pas exister dans la vraie vie. Pourtant ils sont là, ils respirent le même air que moi au même moment. Ils n’ont pas changé. C’est une copie neuve et je n’ai pas revu le film en salle depuis 1972. Appréhension, générique. Quel est le grand mystère qui fait qu’une œuvre vous bouleverse, trouve ce petit endroit secret en vous qui vous fait dire : ce livre, ce film, ce disque, c’est complètement moi.

Qu’est ce qui m’a touché dans Deep End ? L’écriture imprévisible, comme dans la vraie vie, cocasse et tragique ? L’identification à l’absolutisme de l’adolescent timide, obsessionnel et idéaliste ? La déception, l’idée que le désir c’est mieux avant qu’on ne concrétise… L’amour physique est sans issue ? Les couleurs seventies, les mouvements de caméra qui tourbillonnent autour des acteurs ? La musique de Can et la chanson de Cat Stevens But I Might Die Tonight ? L’imper jaune et les cheveux orange de Jane Asher dans la neige, superbe ? Le diamant, la bouilloire, la fin sublime et surréaliste, la silhouette en carton de Jane Asher dans la piscine ? Les corps nus dans l’eau ? La scène des hot-dogs ? Les seconds rôles, tous bien ? Qui ne s’est jamais fait serrer par une Milf ressemblant à Diana Dors ? Moi, c’était à Manchester, 15 ans. Le son envoûtant de la piscine aux atmosphères lourdes qui sèment le trouble ?

Bon, Deep End, c’est toujours moi. Je ressors de la projection renversé comme au premier jour. On me propose de rencontre Skolimowski. Trop de choses à lui dire qu’il vaut mieux que je garde pour moi et qui lui auront sûrement été déjà rabâchées mille fois. Je décline. Autour de moi, j’entends dire : "Ah ce film, c’est mon préféré, c’est moi." Ah bon, eux aussi ? Je me sens asocial. Je retourne voir le documentaire sur le film, hyper bien. En sortant de la projection, je croise John Moulder-Brown dans la rue. Démentiel. Nos regards se croisent, il me sourit, je lui tends la main. Entre deux banalités, je marmonne qu’il a été mon ado modèle et qu’il a changé ma vie, que Deep End, c’est moi, etc. Nous sommes pris en photo. Elle est floue et parfaite.(Etienne Daho in Libération)

My Contribution To The Global Warming - Étienne de Crecy (coffret 5 cds)


My Contribution To The Global Warming - Étienne de Crecy (coffret 5 cds)
Très très bonne nouvelle pour les fans du DJ Etienne de Crecy ! Bientôt sortira un coffret intitulé My contribution to the global warning comportant 5 cds !  Un premier cd best-of, 2 cds de remixes et 2 cds de morceaux inédits !(c'est pas beau ça Olivier ?)

CD1 - BEST OF
1. Les Ondes (MotorBass)
2. Le Patron Est Devenu Fou (Superdiscount)
3. Prix Choc (Superdiscount)
4. Am I Wrong (Tempovision)
5. 3 Days Week End (Tempovision)
6. Scratched (Tempovision)
7. Apretime (Ad Renault)
8. Someone Like You (Superdiscount 2)
9. Overnet (Superdiscount 2)
10. Punk (Commercial EP 2)
11. Funk (Commercial EP 2)
12. France (Compilation Great Summer Games Stuff)
13. Welcome (Beats‘N’Cubes Live Version)
14. Binary (Beats‘N’Cubes)
15. No Brain (Beats‘N’Cubes)
16. Ash Sync (This Is The End)
17. Fermeture Definitive (SuperDiscount)

CD2 - BEST OF REMIXES 1995-2005
1. Air - Modulor Mix (Stein House Remix)
2. Alex Gopher - Gordini Mix (The Lord Of Monza Mix)
3. Lil Louis & The Party - Clap Your Hands (Fremur Mix)
4. Furry Phreaks feat Terra Deva - Want Me Like Water (Etienne De Crécy Remix)
5. Etienne de Crécy – Prix Choc (Ultra Dark Mix)
6. Dj Mehdi - Breakaway (Etienne De Crécy Remix)
7. Moby - Lift me Up (Superdiscount Mix)
8. Kratfwerk - Aerodynamik (Alex Gopher & Etienne De Crécy Dynamik Mix)
9. Engineers - Come In Out Of The Rain (Etienne De Crécy Remix)

CD3 - BEST OF REMIXES 2005-2011
1. Mylo - Paris Four Hundred (Etienne De Crécy Remix)
2. Who Made Who - Out The Door (Superdiscount Remix)
3. Eyerer & Namito - Quipa (Etienne De Crécy Remix)
4. Bumblebeez - Rio (Etienne De Crécy Tech Remix)
5. Cut Copy - Lights & Music (Superdiscount Remix)
6. Adam Freeland - How To fake Your Own Life (Etienne De Crécy Remix)
7. Keren Ann - Between Flatlands & The Caspian Sea (Etienne De Crécy Remix)
8. The Shoes - Stay The Same (Etienne De Crécy Remix)
9. Taï - Big Bass Drum (Etienne De Crécy Remix)
10. Light Yera – Moderation (Etienne de Crécy remix)

CD4 - UNRELEASED TRACKS 1992-2005
1. 1992
2. Rhodes
3. Right
4. Hoo Haa
5. Duplicate
6. Slap
7. Time
8. TRP
9. DLS
10. Carpenter
11. Trance
12. Rythm & Bitch
13. Trip Pop
14. Alex Gopher
15. Yesman
16. My Mind
17. Good Intro

CD5 - UNRELEASED TRACKS 2006-2011
1. Mothman
2. Rocksteady
3. Mmmmmm
4. Revelation
5. Rising Soul
6. Infinite Funkiness
7. Flute
8. Bell
9. Intro
10. Only One Mind
11. Iggy
12. Hun Gipsy Yeah
13. Kik Sn Bass
14. Positive Radiation
15. Oh Oui !
16. Beatcrush
17. Vocoda
Alors en attendant, voici une vidéo d'un morceau figurant sur Superdiscount 2

Victimes de Gay cultes


Aujourd'hui, nous nous prêtons au jeu de Mister Gay cultes. Voici nos réponses à ce questionnaire tendancieux ;)

1. Qu'est-ce qui te fait voyager "sur place" ? : la musique of course
2. Sucré ou salé ? sucré pour l'un, salé pour l'autre mais nous aimons le mélange
3. Seul, à deux, à plusieurs ? plus on des de fous...
4. Contemplatif ou actif ? décidément : rêveur pour l'un, coureur pour l'autre 
5. Aimes-tu les fraises des bois, pourquoi, comment ? une préférence plutôt pour la myrtille avec des pancakes !
6. La gravité, c'est une qualité ou un défaut ? des emmerdes plutôt !
7. Sais-tu "écouter" ? yep m'ssieur ! Un vrai aimant à confidences
8. Aimes-tu la plage ? oui, déserte, avec un grand soleil et le bruit des vagues
9. Les longues marches te font-elles peur ? verdict en Avril sur l'île de la Réunion
10. Qui n'estime pas la vie ne la mérite pas (Leonard de Vinci) : es-tu d'accord ? il faut tout d'abord savoir l'apprivoiser pour la saisir et en jouir...non ?
11. Hédoniste ou ascète ? le 2ème mot ne figure pas dans notre dictionnaire.

Bon weekend !

Sur les pas de Ripley de Patricia Highsmith


Ce roman a traîné des années sur mes étagères et c'est seulement ces derniers jours que j'ai décidé de le lire. C'est en repensant au film Plein soleil avec Alain Delon (adaptation du roman Monsieur Ripley) que j'ai eu envie de me replonger dans ce personnage énigmatique. Ecrit en 1980, c'est la 4ème roman mettant en scène Ripley (après Monsieur Ripley, 1955 ; Ripley et les ombres, 1970, Ripley s'amuse, 1974). 

Cette fois-ci Tom Ripley prend sous son aile le jeune Frank Pierson, 16 ans, fils d'un milliardaire américain qui débarque à Paris pour fuir sa famille suite à la mort de son père. Ripley joue la carte du protecteur et emmènera le jeune homme à Berlin, Hambourg et les Etas-Unis.

Patricia Highsmith maîtrise admirablement la psychologie de ses personnages et l'on s'attache rapidement à ses deux amis qui s'apportent l'un et l'autre. On découvre une facette sensible et altruiste de Ripley, qui se bat contre ses vieux démons (l'écrivain fait référence à ses précédentes aventures de manière subtile et cohérente avec son personnage). 


Patricia Highsmith semble s'amuser en distillant, avec finesse les indices sur l’ambiguïté sexuelle de Tom Ripley, notamment lors de leur virée dans les bars gays de Berlin (ce qui avait été très explicite dans le remake de Plein soleil Le talentueux Monsieur Ripley). Outre l'intrigue policière, elle nous offre un roman social sur l'Allemagne des années 80 à travers Berlin séparée par le mur, la misère des uns et l'opulence des autres ainsi que l'extravagance de certains quartiers.

Highmith attendra 1992 pour écrire une suite : Ripley entre deux eaux.

Un agréable moment de lecture qui m'a donné envie de poursuivre avec le même personnage.

1Q84, livre 2 de Haruki Murakami


Ce deuxième tome commence là où s'était arrêté le premier, comme s'il s'agissait d'un nouveau chapitre.

Haruki Murakami nous révèle ici des points essentiels de l'histoire et répond à plusieurs questions posées dans le premier tome. Si le lecteur pense recoller facilement les morceaux de l'histoire, il se trompe ! Murakami fait monter le suspens, arrive jusqu'au milieu du livre et nous bluffe une fois de plus pour relancer l'histoire.

Si j'avais trouvé le premier tome lent, le deuxième l'est encore plus, mais paradoxalement, je l'ai préféré car l'on comprend, ici, davantage le destin de nos deux protagonistes qui prennent conscience du lien qui les unit.

Un roman qui aborde de multiples thèmes dont celui du choix de tout à chacun et les actes qui en découlent, la destinée...et cela de manière très sensible, humaine sans tomber dans le cliché ou la facilité.

Il reste encore de nombreuses zones d'ombre à éclaircir, en espérant un troisième volume plein de révélations pour comprendre et apprécier pleinement le véritable enjeu de 1Q84. 

1Q84, livre 2 - Haruki Murakami - Belfond - 2011
Livre 3 à paraître le 01er mars 2012.  

Frangipane : the recette !

Frangipane : the recette !

Samedi dernier, 2 heureux élus ont eu l'honneur de goûter à la frangipane des habitants de l'Avenue ! Fini les frangipanes où seul un petit badigeon d'amande se retrouve coincé entre deux pâtes feuilletées grasses ! 

Si vous avez toujours cru que c'était compliqué à faire, détrompez vous : nous vous assurons que chrono en main, vous en avez pour 20 minutes (vaisselle comprise ;)).


Dans un récipient, cassez 2 oeufs, fouettez les et incorporez 100 gr de beurre fondu. 
Versez 150 gr de sucre. Mélangez bien.
Ajoutez 200 gr de poudre d'amande.
Ajoutez un dé d'eau de vie.

Dans un plat à tarte, étalez la première pâte feuilletée (en conservant le papier sulfurisé en guise de fond). Versez le mélange. 
Ajouter une fève si vous le souhaitez.

Recouvrez le tout avec la seconde pâte feuilletée en faisant coller les bords (celle du haut sur celle du bas).
Cassez le dernier oeuf en ne conservant que le jaune que vous étalez sur la pâte. 
Faites un joli dessin ou un quadrillage ou ce que vous voulez (voir la photo du dessus)
Votre four étant à présent chaud, enfournez la frangipane.

Temps de cuisson : 20 à 30 minutes à 180° (à chaleur tournante, si ce n'est pas le cas, surveillez que le dessus ne crame pô !)

A servir tiède avec un bon thé de saison !

Sambaca by Alien Alien



extrait du E.P. Black Guru - 2011

L'art de pleurer en choeur de Erling Jepsen


Voici un roman très plaisant à lire à travers un portrait de famille assez surprenant.
Nous sommes à la fin des années 60 dans une région rurale du Danemark. Allan nous raconte du haut de ses 11 ans sa vie au sein de sa famille, avec beaucoup de candeur et de désinvolture. On s'aperçoit assez vite que rien ne va entre les 5 membres de cette famille. Allan tente de manière maladroite de préserver l'harmonie de celle-ci mais provoque le contraire. Cela donne des scènes loufoques et pleines de tendresse.

Pourtant, le ton léger et innocent du roman, à travers le regard du jeune narrateur contraste énormément avec la gravité des faits qui nous sont racontés (décès, inceste, psychiatrie). 

Voici donc un roman qui désarçonne et qui provoque en soi des sentiments contradictoires. Une très belle découverte néanmoins !


Le roman a été adapté au cinéma au Danemark. Peut-être bientôt en France ?

L'art de pleurer en choeur - Erling Jepsen - Editions Sabine Wespieser - 2010
Disponible aussi en version Livre de poche - 2011

Je changerais d'avis de Françoise Hardy (1966)

Je changerais d'avis de Françoise Hardy (1966)


Je changerais d'avis de Françoise Hardy (1966)
Extrait de l'album "La maison où j'ai grandi" - photo perso





et la version orginale de Mina "Se telefonando" (merci à Sébastien pour ton commentaire) :

Local de Brian Wood et Ryan Kelly


Megan quitte Portland à la recherche d'un chez soi. 12 chapitres, 12 étapes, 12 récits de vie, 12 expériences, 12 facettes de cette jeune fille attachante à la rechercher d'elle-même.

Pour chaque chapitre : une ambiance, un décor, une musique différente, une histoire dans laquelle le lecteur entre instantanément. A chaque fois, une année s'écoule où Megan trouve un job, commence une nouvelle vie, se lie d'amitié, cherche parfois un partenaire. Mais la fin se termine très souvent par la fuite.


Des planches dessin en noir et blanc d'un grand réalisme qui colle parfaitement au récit. Une belle découverte pour ce roman graphique à la frontière du comic.


La 4ème de couverture mentionne "Sur les traces de Kérouac" (ce qui avait piqué ma curiosité) Effectivement, on retrouve les tribulations de cette jeune américaine à travers différents états. Ok mais, pour moi, la comparaison s'arrête là.

Compartiment tueurs de Costa Gravas (1964)


Compartiment tueurs de Costa Gravas (1964)

J'avais lu le roman de Sébastien Japrisot il y a fort longtemps, et cet après-midi, nous avons regardé son adaptation au cinéma. Très bonne surprise avec une brochette d'acteurs connus, et une Simone Signoret qui déclame son histoire d'amour avec tant de talents ! (voir la vidéo ci-dessous).

Ce premier film de Costa-Gavras, qui réunit une pléiade de vedettes présentes et futures, est un petit bijou de drôlerie par le côté totalement décalé, voire surréel, de certains personnages. Michel Piccoli compose un employé quadragénaire totalement obsédé et introverti, Simone Signoret une comédienne sur le retour amoureuse et désespérée, Charles Denner un artiste à la langue bien pendue qui ne s'en laisse pas compter par la police. Même Pierre Mondy est tout à fait succulent en commissaire assénant des vérités à trois balles "et tout le toutim" qui font lever les yeux au ciel de l'inspecteur Grazziani, un Yves Montand avec des airs de Boggart de la Cannebière.

Compartiment tueurs de Costa Gravas (1964)
 
Tous ces talents sont au service d'une intrigue plus forcément originale de nos jours mais la construction de Costa-Gavras, qui accompagne les hésitations, fausses pistes et tergiversations de la police, permet d'en ménager la conclusion. Les dernières minutes du film où l'assassin (au volant d'une Dauphine-pie !) est poursuivi dans Paris (par des blousons-noirs à mobylette désireux d'aider la police !) et le lent travelling arrière, qui permet de quitter la scène du drame final envahie par une chorégraphie de pélerines comme autant de corbeaux, concluent avec saveur cette réussite oubliée.
(source)

Compartiment tueurs de Costa Gravas (1964)

La musique de Michel Magne accompagne parfaitement cet ensemble, adapté d'un roman parait-il plutôt quelconque de Japrisot, qui se déguste avec gourmandise et nostalgie. 


Bande originale de film disponible chez Emarcy, collection Ecoutez le cinéma.


W.E. music from the motion picture by Abel Korzenowski

W.E. music from the motion picture by Abel Korzenowski


Il y a quelques jours, je me demandais quelle prochaine musique de film allait composer Abel Korzenowski (le même qui a composé la musique de l'excellent film A single man dont nous avions beaucoup parlé ici). Et le hasard a fait que hier, Bruno a eu la bonne idée de m'envoyer un lien pour écouter une nouvelle bande originale d'un film...heureuse coïncidence...Alors merci m'ssieur !



Dès les premières notes, on reconnaît la touche du compositeur, ses musiques évocatrices, empruntes de nostalgie et de mélancolie et bien d'autres émotions encore...



http://www.abelkorzeniowski.com/w-e


The Golden Globe nominated music from Madonna’s upcoming film W.E. composed, orchestrated and produced by Abel Korzeniowski , which also includes Madonna’s Golden Globe award winning song “Masterpiece”.

The score was recorded in April 2011 at the famed Abbey Road Studios in London with a 60-piece orchestra conducted by Terry Davies including piano, violin and viola solos.

The Polish born Los Angeles based Korzeniowski previously wrote the original score for the Tom Ford film A Single Man for which he also received a Golden Globe nomination.

“The prevailing sense of obsession was what inspired me in W.E. — the irrational compulsion to sacrifice everything and anything for love – a love that could easily be just an illusion. In my music, I wanted to reflect those powerful and conflicting emotions through a web of melodic themes, which relentlessly repeat and constantly swing between despair and sorrow, and hope and joy,” commented Korzeniowski.

“W.E.” tells the story of American divorcee Wallis Simpson (Andrea Riseborough) and England’s King Edward (James D’Arcy) who abdicated his thrown to be with the woman he loved. It is considered one of the greatest love stories of the 20th century. The story is told through the eyes of a modern day New Yorker Wally Winthrop (Abby Cornish). Composer Korzeniowski masterfully and seamlessly bridged the two unique worlds of Europe in the 30′s and 40′s and the contemporary Manhattan environment of a woman lost in her dreams of the perfect love.(source)

Stieg Larsson, avant Millenium par Guillaume Lebeau et Frédéric Rébéna

Stieg Larsson, avant Millenium par Guillaume Lebeau et Frédéric Rébéna

Guillaume Lebeau et Frédéric Rébéna retracent en 3 épisodes le parcours de Stieg Larsson avant la publication de ses romans Millenium

On découvre son enfance chez ses grands-parents où son frand-père lui insulfe ses idées et son combat contre “le rennard” (l'image du nazi). Puis en 1977 Stieg part en Erythée enseigner l'art de tuer à un groupe d'amazones (on comprend indirectement sa lutte contre les femmes battues). En 1995, l'extrême droit apparaît aux yeux de Stieg comme un fléau qui ne cesse de grandir. Il décide de lutter à travers la création d'une revue Expo entourée de sa compagne Eva Gabrielsson. Il décédera d'une crise cardiaque en novembre 2004, juste après avoir signé avec son éditeur la publication des 3 fameux romans intitulés Millenium.

Cette courte bande dessinée se termine par une chronologie très détaillée de sa vie et de ses différentes activités : son travail de journaliste indépendant à la fin de années 70, ses nombreux articles et livre contre l'extrême droite en Suède. Sont soulignés les différents éléments de sa vie personnelle et professionnelle qui seront injectés dans son oeuvre littéraire (et notamment ce qui a inspiré le personnage de Lisbeth Salander). 

On apprendra, entre autres, qu'en 1993, Storm, la revue de l'organisation néonazie VAM (Défense aryenne Blanche) publie des photos et les coordonnées de Stieg Larsson suggérant que celui-ci est un ennemi de la race blanche. Aussi ce dernier refusera un temps de se marier avec Eva pour la protéger, malgré ses projets de mariage qui remontaient aux années 80. 

Stieg Larsson, avant Millenium - Guillaume Lebeau et Frédéric Rébéna - Denoël Graphic - 2011 - 13.5€