Nouvelles chroniques de San Francisco de Armistead Maupin

Nouvelles chroniques de San Francisco de Armistead Maupin
Je poursuis ma découverte des Chroniques avec le tome 2. Ça se lit toujours aussi facilement et avec beaucoup de plaisir. Les personnages s'étoffent et gagnent en profondeur. L'intrigue quant à elle est pleine de rebondissements et de coïncidences farfelues ou improbables mais, peu importe, je me suis laissé porter. 

En 1978, peu avant la sortie du premier livre, lors d'une soirée mondaine, Christopher Isherwood dira à Armistead Maupin : Ah, ces merveilleuses petites pochades ! (...) On peut très bien être artiste et amuser les gens.*

L'écrivain devient émouvant à plusieurs reprises dans les révélations qu'il offre aux lecteurs sur le passé et l'évolution de ses personnages. Dans ce deuxième volet, le personnage de Michael décide de faire son coming-out auprès de ses parents en leur écrivant une lettre.

Elle fut l'occasion pour Maupin de faire son coming-out après de ses propres parents. Son père réagit en lui envoyant une lettre d'indignation sèche, rédigée sur du papier officiel jaune. Il accusait son fils de faire souffrir sa mère, malade mais déjà au courant. Au fil des années, Maupin découvrira que de nombreux homosexuels avaient découpé cette chronique pour l'envoyer à leurs parents avec un mot précisant : "moi aussi".
La plupart des gens, dont beaucoup de gay, surtout les plus jeunes ont du mal à mesurer à quel point il était douloureux d'avouer la vérité pour les hommes et les femmes de cette génération. Aujourd'hui, ça paraît évident, normal. Mais dans un monde aussi conformiste, c'était un geste important, voire dangereux.*

Le fait qu'un livre puisse aider et donner le courage à une personne de se révéler tel qu'elle est, est toujours bouleversant à mes yeux. 

Bon sinon, les dvds de la série tv devraient arriver sous peu sur l'Avenue...
 

* extraits du livre Anges batailleurs de Christopher Bram p.245 et 247.


Chroniques de San Francisco de Armistead Maupin

Chroniques de San Francisco de Armistead Maupin

Fin des seventies. San Francisco, la fureur au coeur et au corps, consomme la libération sexuelle sous des néons tapageurs. Débarquant de Cleveland, la jeune Mary Ann Singleton plante son camp au 28 Barbary Lane, un refuge pour « chats errants ». Logeuse pour le moins libérale, Mme Madrigal règne en douce matriarche sur cette étonnante pension de famille...(4ème de couverture 10/18)

Pourquoi ce roman m'était-il tombé des mains il y a dix ans, alors que je viens de le dévorer cette semaine ? Pas le bon timing sûrement. Pourtant force est de reconnaître que la lecture de ce premier épisode fut très agréable. 

Les chapitres sont courts, alternant entre différents personnages hauts en couleurs. Un découpage de scènettes astucieux et beaucoup de dialogues. C'est drôle, attendrissant, et l'on s'attache très vite à Michael, Mary Ann ou encore cette fantastique Mme Madrigal. Ces personnages sont certes caricaturaux mais là ou Armistead Maupin est doué c'est qu'en quelques pages seulement, il arrive à brosser des personnalités bien dessinées. Avec son écriture vive et légère, cela lui permet d'aborder une multitude de sujets plus ou moins sérieux ou graves (adultère, solitude, maladie, sexualité, travail...). Il a aussi ce talent, celui de tisser des liens entre les personnages de manière fluide et rapide.     

Ecrit en 1978, il revêt aujourd'hui un côté presque documentaire sur le San Francisco des années 70 (notamment les pratiques New-age à gogo). Les Chroniques de San Francisco sont considérées par beaucoup comme un classique de la littérature gay. Comme le souligne très justement Christopher Bram dans son essai Les anges batailleurs, le succès du roman vient aussi parce son écrivain a su toucher un lectorat plus large que le public gay, en introduisant un personnage homosexuel (Michael) parmi d'autres personnages hétéros ou bisexuels, le plaçant au même niveau que les autres, dans la normalité tout simplement.   
Ces Chroniques, c'est comme une bonne série TV (les éditions 10/18 ne s'y sont pas trompés dans le relookage de leurs couvertures il y a quelques années) , on a qu'une envie, c'est de connaître la "saison 2" : Les nouvelles chroniques de San Francisco. Et puis ces romans ont d'ailleurs été adaptés pour la télévision (je suis preneur de vos avis sur cette série).

J'aurais aimé découvrir cette série plus tôt dans ma vie, ayant le plaisir et l'impatience d'attendre la parution de chaque livre. Alors faut-il engloutir les 8 tomes disponibles en français d'un seul coup ? (le nouvel épisode étant paru en janvier : The days of Anna Madrigal, allez faire un tour au passage chez In cold blog qui en parle). Une question d'appétit me direz-vous ?   

Gung Ho : brebis galeuse - tome 1

Gung Ho : brebis galeuse - tome 1

Excellente surprise avec ce premier tome très prometteur. 

Dans un monde post apocalyptique, deux frères : Archer (19 ans) et Zack (15 ans) sont envoyés dans une nouvelle colonie, la n°16 appelée Fort Apache. Parmi cette communauté de 400 personnes, chacun semble avoir sa place, les règles y sont strictes et le danger permanent. Pourtant nos deux ados, au-delà du danger (que le lecteur ressent sans savoir d'où il vient et à quoi il ressemble) ont l'énergie de la jeunesse, envie de tester leurs limites quant à la hiérarchie, et surtout l'envie de s'amuser et de vivre tout simplement. 

Voici une bande dessinée aux couleurs chaudes, travaillées à la palette graphique par Thomas von Kummant (ça m'a fait penser dans l'esprit, aux dessins de Zombillénium). Des personnages attachants et un scénario alléchant signé Benjamin von Eckartsberg. Un bon dosage d'humour et de suspens. 

Les éditions Paquet semblent avoir mis le paquet (c'est cas de le dire, sorry pour la blague pourrie) en proposant des éditions limitées pour le premier tome (coupé en deux volumes grand format), un site et un blog sur l'univers de cette série prévue en 5 tomes.
   

Anges batailleurs de Christopher Bram

 Anges batailleurs : les écrivains gays de Tenneessee Williams à Armistead Maupin - Christopher Bram - Editions Grasset - 2013

Cet essai est absolument passionnant. Christopher Bram passe en revue la vie et les œuvres des écrivains homosexuels qui ont marqué la littérature gay des années 40 à nos jours.  

En préambule, il précise que ce livre est un recueil d'histoires de guerre et d'histoires d'amour. Il y sera souvent question de profondes amitiés entre écrivains. Et d'un large éventail de relations sexuelle et d'histoires sentimentales. Tous ces écrivains sont des personnalités passionnées et chacun exploite le désir à sa façon : ils sont froids et farouches, ou au contraire affectueux et vulnérables. Presque tous ont connu une vie de couple à un moment ou un autres, mais très peu ont été monogames. Les couples gays vivent souvent ouvertement ce que les couples hétérosexuels vivent en secret. Ou, pour reprendre les termes de l'historien Michael Bronski : "Les gay sont exactement comme les hétérosexuels. Sauf que les hétérosexuels mentent sur leur vraie nature".(p.10)

Dans ses analyses, Christopher Bram ne manque pas de donner son avis en tant qu'écrivain et aussi ses préférences sur tel ou tel roman. Au-delà des romans qu'il explore c'est aussi l'histoire de l'Amérique que le lecteur suit. Celle des revendications des minorités et celle des questions et bouleversements sociaux (ségrégation raciale, les émeutes des années 60, l'apparition du Sida au début des années 80) que porteront les écrivains dans leurs œuvres ou sur la place publique (engagement politique de James Baldwin par exemple).

Dans cet essai, j'ai découvert bien évidemment des écrivains que je ne connaissais pas (comme John Horn, James Purdy, Norman Mailer, John Rechy) ou juste de nom (Michael Nava ou Armistead Maupin...et oui j'ai n'ai pas encore lu Les chroniques de San Francisco !).


Mais aussi des hommes de théâtre comme Edward Albee (Qui a peur de Virginia Woolf - 1963) ou Tony Kushner et sa pièce Angels in America (1991) dont l'adaptation en mini série sera diffusée par par la chaîne HBO en 2003 (en cours de visionnage d'ailleurs). Et enfin des poètes (comme Franck O'Hara qu'il me tarde de lire). Autant vous dire que j'ai noté plusieurs références de romans (j'ai bien peur pour ma pile à lire).

 Anges batailleurs : les écrivains gays de Tenneessee Williams à Armistead Maupin - Christopher Bram - Editions Grasset - 2013
J'ai parcouru la genèse de certaines œuvres que j'avais lues et appréciées comme l'incontournable La chambre de Giovani de James Baldwin ou encore Un homme au singulier de Christopher Isherwood. J'ai perçu différemment Un garçon près de la rivière de Gore Vidal et son impact lors de sa sortie en 1948. J'ai eu envie de replonger dans les premiers romans de Edmund White (dont j'ai lu récemment Jack Holmes et son ami) et dans le théâtre de Tennessee Williams (en photo ci-dessus).




Christopher Bram conclut son livre en rappelant que ces romans, ces poèmes, ces pièces de théâtre touchaient d'abord les lecteurs gay parce qu'ils leur offraient un espace dans lequel ils pouvaient explorer et comprendre leurs propres sentiments. Des individus isolés pouvaient s'imaginer vivant à deux ou au sein d'une communauté. Plus les années passaient, moins les histoires étaient codées, plus elles étaient directes, voire crues. Elles jouaient pourtant le même rôle que lorsqu'elles étaient chuchotées. "Tu es différent, mais tu n'es pas seul", tel était le message. Avec des variations et des nuances : "Tu n'es pas normal, mais personne ne l'est. La normalité n'existe pas". (p 381)

Au cours de ma lecture, j'ai lu un article très complet sur le site les diagonales du temps que je vous recommande chaudement. 

Anges batailleurs : les écrivains gays de Tenneessee Williams à Armistead Maupin - Christopher Bram - Editions Grasset - 2013

Distant Worlds Final Fantasy : le 8 Mars 2014 à Paris au Palais des Congrès l'après-midi...

Hier, journée de rêve sous un soleil parisien et printanier. 

Une fois sortis de la gare, nos pas nous ont menés vers un resto italien très sympa qui nous a permis de constater déjà la ferveur des fans de la table d'à côté qui échangeaient sur les Mogs et les combats de notre série vidéoludique favorite : Final Fantasy!

Distant Worlds Final Fantasy : le 8 Mars 2014 à Paris au Palais des Congrès l'après-midi...

Entrée dans le Palais des Congrès plein à craquer, passage obligé par la case merchandising. Comment résister?

Distant Worlds Final Fantasy : le 8 Mars 2014 à Paris au Palais des Congrès l'après-midi...

Et puis, tandis que les portes s'ouvrent vers l'intérieur de la salle, la magie opère. La présence de Nobuo Uematsu, créateur des musiques les plus emblématiques de Final Fantasy est là et les célébrités ne manquent pas. Il est venu des gens de partout il me semble. De tous les âges. Mus simplement par leur passion pour ces personnages si inoubliables.

Distant Worlds Final Fantasy : le 8 Mars 2014 à Paris au Palais des Congrès l'après-midi...
Et d'ailleurs la dernière en date n'est pas en reste puisque Lightning Returns, à côté de laquelle j'ai passé une partie des vacances, a elle aussi eu droit à sa réinterprétation pour grand orchestre et choeur. 

Les voix et les instruments résonnent et font écho aux images projetées sur l'écran de la scène.

Distant Worlds Final Fantasy : le 8 Mars 2014 à Paris au Palais des Congrès l'après-midi...

Un instant on se croirait presqu'au Japon : Standing ovation pour Les thèmes les plus fantastiques. Mains qui se lèvent avec passion à l'injonction : "Who's a fan of Final Fantasy 7 here?".

Des moments magiques en somme qui me donnent envie de terminer Lightning Returns puis de rejouer à tous les Final Fantasy. Et bien sûr de me passer les musiques en boucle. Quelle joie que la France puisse accueillir de tels événements et gageons que face au succès et aux commentaires des vedettes présentes, il y ait de nombreux concerts de ce type à l'avenir.

Un passage mythique parmi tant d'autres : Chocobo!

From the kitchen...

theière tasse plateau
Lorsque des amis (qui viennent d'apprendre que vous venez d'en casser deux en une semaine) vous offrent une théière...Merci les copains !!!

tasse de thé
Prendre un thé dans son bain...

http://www.lov-organic.com/  
Une découverte, une tuerie...


Le temps d'une pause...

pain maison
Le retour du pain fait maison à la main (exit la machine à pain)


Graveney Hall de Linda Newbery

 Graveney Hall - Linda Newbery

J'ai beaucoup aimé l'ambiance de ce roman qui alterne entre deux époques. La première, celle d'aujourd'hui, où Greg, un ado de 17 ans, photographe amateur découvre et se passionne pour Graveney hall, une demeure bourgeoise anglaise ravagée par un incendie en 1917. La deuxième époque : la première guerre mondiale, où un jeune homme, Edmund Pearson, habitant de cette maison est envoyé sur le front français. Malgré les horreurs des combats, il vit intensément sa première histoire d'amour avec un autre soldat. 

Entrer avec Greg dans les ruines de cette maison fut un réel plaisir. Comme lui, j'ai eu envie de découvrir les mystères et les histoires cachées de ces habitants. 

Au-delà de cette intrigue, c'est aussi pour Greg, la découverte de sentiments contradictoires, ceux portés pour Faith, fervente croyante, bénévole pour la reconstruction de Graveney Hall et ceux portés pour Jordan, le seul garçon de sa classe. Les sentiments qu'éprouvent Greg sonnent justes. Ses hésitations quant à son orientation sexuelle sont d'une grande crédibilité. 

Quant aux passages où Greg et Faith échangent sur la foi et les questions existentielles, notamment sur l'existence de Dieu, j'avoue qu'ils m'ont parus un peu trop long même si je reconnais la pertinence de ceux-ci dans l'histoire. J'avais sûrement plus envie de m'attarder sur le "couple" Greg et Jordan. Sans oublier le personnage attachant d'Edmund, son histoire et ses décisions irréversibles sur l'avenir de Graveney Hall.

Je vous recommande le billet de ManU dont je partage l'avis et celui de Les diagonales du temps.

Graveney Hall - Linda Newbery - Le livre de poche - Sortie en janvier 2014 (publié chez Phébus en 2013)