L'heure de plomb de Bruce Holbert


 L'heure de plomb - Bruce Holbert - Traduit de l'américain par François Happe - collection "Nature writing" - Editions Gallmeister - à paraître le 01er septembre 2016.

Après Animaux solitaires paru en 2013, paraîtra en librairie le 1er septembre le deuxième roman de Bruce Holdert aux éditions Gallmeister. 

L'heure de plomb est un roman que j'ai beaucoup aimé. Je l'ai lu avec avidité et grand plaisir.  

Bruce HolBert est un merveilleux conteur d'histoires. Il vous emmène loin avec ses personnages au destin tragique. Son écriture est dense, belle, évocatrice.    

L'écrivain place naturellement son histoire dans l'Etat de Washington là où il a passé son enfance dans les régions rocheuses et désertiques. Le roman commence par l'hiver 1918, particulièrement rude. Matt y perd son frère jumeau et son père parti à leur recherche en pleine tempête. A 14 ans il se retrouve seul avec sa mère, devenant à peu trop tôt l'homme de la maison, à la tête du ranch familial. S'en suit la recherche du cadavre de son père enfoui quelque part sous la neige, accompagné de la jeune Wendy. On suivra le destin de ses deux personnages dont l'amour naissant se brise brutalement. D'autres personnages graviteront autour de Matt, qui tentera d'oublier son passé, mais à quel prix...

La nature façonne les hommes à son image. C'est indéniablement le cas dans cette histoire où les personnages n'ont pas d'autre choix que d' être forts pour (sur)vivre. Cette nature ne les épargne pas. Sa beauté leur donne aussi leur caractère, leur sensibilité. Ces hommes et ses femmes, souvent solitaires, se réfugient dans le travail, seule source de satisfaction et d'existence.  

Dans un univers où les sentiments n'ont guère leur place, l'amour n'a pas dit son dernier mot. Lorsqu'il est exprimé, c'est d'une manière rare, maladroite, explosive ou à l'inverse, rentré, impénétrable. Les relations entre les personnages sont souvent frontales, violentes, sans concession. Ce qui fait toute la force de ce roman. Il m'a fallut avoir le cœur bien accroché dans certains scènes très intenses.   

L'heure de plomb revêt un caractère dur et violent qui bouscule. Sa profondeur humaine m'a profondément touché ainsi que sa lumière qui finit par percer au-delà de ce que j'avais pu imaginer.       

Un passage du livre que j'ai trouvé très beau :
Certains jours, quand le petit matin se faisait particulièrement brillant de givre ou embaumé d'efflorescences, ou que la vallée aplatissait l'aube, la réduisant à une simple ligne dure et rouge, que la lumière liquide jaillissait de ce trait et s'incurvait pour éclabousser la ville misérable ainsi que le terrain vague où il résidait avec sa famille, il ruminait sur la trajectoire d'une vie. La sienne lui apparaissait comme une pierre qu'on aurait lancée ; il n'avait pas la moindre idée du bras qui lui avait donné sa direction. Son parcours demeurait invisible à ceux qui ne connaissaient pas son histoire. Et au lieu de finir sur une route de terre ou de rester à l'ombre d'un rocher escarpé avec plusieurs centaines de pierres identiques à lui - dans le premier cas il aurait fait preuve de permanence, dans le second il aurait au moins été entouré de ses semblables - il se retrouvait dans un lac ou un fleuve, en train de couler, invisible, avec, pour seule trace de son passage, des vaguelettes ridant la surface de l'eau.(...) Il se satisfaisait d'être soumis à la volonté d'une force supérieure, fût-elle la nature, le destin, la providence ou la pesanteur.(p. 286)

Un immense merci aux éditions Gallmeister pour l'envoi de ce roman, lu dans le cadre du Challenge Gallmeister 10 ans.

L'heure de plomb - Bruce Holbert - Traduit de l'américain par François Happe - collection "Nature writing" - Editions Gallmeister - à paraître le 01er septembre 2016.

Challenge Gallmeister 10 ans

L'heure de plomb de Bruce Holbert - éditions Gallmeister 2016

Merci aux éditions Gallmeister pour l'envoi de ce roman à paraître le 01er septembre et à Léa qui anime depuis plusieurs mois sur facebook le Challenge Gallmeister 10 ans. Venez rejoindre ce groupe où les amoureux de nature writing partagent leurs lectures. Chronique à venir donc sur le blog pour L'heure de plomb de Bruce Holbert.  

The uninvited (la falaise mystérieuse) de Lewis Allen

The uninvited (la falaise mystérieuse) de Lewis Allen

Lors d’un séjour en Cornouailles, Roderick Fitzgerald, jeune compositeur londonien, et sa sœur Pamela, jettent leur dévolu sur un superbe manoir surplombant une falaise. Contre toute attente, le propriétaire accepte de leur céder son bien. Mais à peine sont-ils installés que le calme apparent des lieux est troublé par d’inquiétants sanglots de jeune femme. Après quelques investigations, ils ne tardent pas à comprendre que derrière le prix bradé de la vieille demeure, se cachent en réalité une histoire des plus sombres et de lourds secrets…(Wild side)


The uninvited (la falaise mystérieuse) de Lewis Allen blu ray

Le 01er juin, ressortait ce film d'épouvante gothique de 1944 dans une version restaurée, proposé dans un sublime objet en version bluray accompagné d'un livret. Les bonus sont passionnants et replace le film dans l'histoire du cinéma hollywoodien. 



C'est un véritable film d'atmosphère, qui malgré ses aspects légers ne tombe pas dans les standards habituels des films de fantômes. Ici les effets spéciaux sont réussis et ne prêtent pas au comique ou au kitsch. Un film qui va au-delà du fantastique pour aborder des thèmes beaucoup plus difficiles. Le tout servi par de bons acteurs. Un vrai régal.

Un article qui nous a donné très envie. Ci-dessous un extrait des bonus bluray.
Le film complet (version originale).

Nos envies pour la rentrée littéraire 2016

Voici une mise à jour de ce billet (publié fin juillet)...

aquarium david vann gallmeister 2016

Evidemment, le nouveau roman de David Vann
Caitlin, douze ans, habite avec sa mère dans un modeste appartement d’une banlieue de Seattle. Afin d’échapper à la solitude et à la grisaille de sa vie quotidienne, chaque jour, après l’école, elle court à l’aquarium pour se plonger dans les profondeurs du monde marin qui la fascine. Là, elle rencontre un vieil homme qui semble partager sa passion pour les poissons et devient peu à peu son confident. Mais la vie de Caitlin bascule le jour où sa mère découvre cette amitié et lui révèle le terrible secret qui les lie toutes deux à cet homme.(présentation éditeur)

L'heure de plomb bruce hubert

Hiver 1918. L’État de Washington connaît, durant un instant, l’Apocalypse : l’un des pires blizzards de l’histoire du pays balaie tout sur son passage. Perdus dans la neige, pétrifiés par le gel, des jumeaux de quatorze ans, Luke et Matt Lawson, sont recueillis in extremis par une femme qui tente de les ranimer à la chaleur de son corps. Seul Matt reprend vie. Le lendemain, le voilà devenu un homme, trop tôt et malgré lui. Car le désastre l’a également privé de son père, le laissant à la tête du ranch familial. Labeur, amour et violence, autant de découvertes pour Matt, qui se retrouve face à la beauté sauvage de cette terre, tentant de maintenir l’équilibre fragile entre les êtres qui l’entourent.(présentation éditeur

Encore rien lu de cet écrivain que j'ai envie de découvrir. 

David Treuer Et la vie nous emportera
Aout 1942. Avant de s'engager dans l'armée de l'air, Frankie Washburn rend une dernière visite à ses parents dans leur résidence d'été du Minnesota. Il y retrouve Félix, le vieil Indien en charge du domaine, dont il est plus proche qu'il ne l'est de son propre père. Mais aussi Billy, un jeune métis avec qui il a grandi et auquel l'unissent des sentiments très forts. Ce jour-là, au cours d'une battue pour retrouver un prisonnier de guerre allemand échappé du camp voisin, les trois hommes se retrouvent mêlés à un tragique accident dont ils tairont à jamais circonstances. Ce drame va bouleverser le destin des Washburn et de leurs proches, à l'image du conflit qui ravage le monde.
Un roman d'une puissance magnétique, aussi tendre que dévastateur, qui explore avec une infinie beauté les recoins les plus sombres de l'âme humaine.(présentation éditeur)

Anna Traduit de l'italien par Myriem Bouzaher Niccolo Ammaniti

Sicile, 2020. Un virus mortel, « la Rouge », a déferlé sur l’Europe quatre ans auparavant et décimé la population adulte ; les jeunes, eux, sont protégés jusqu'à l'âge de la puberté. Anna se retrouve seule avec Astor, son petit frère de quatre ans.
Elle doit affronter le monde extérieur avec ses cadavres, ses charognards, ses chiens errants et affamés, l’odeur pestilentielle, pour trouver, quand il en reste, des médicaments, des bougies, des piles, des boîtes de conserve, avec comme unique guide dans cette lutte pour la survie, le cahier d’instructions que lui a légué leur mère avant d’être emportée par la maladie.
Lorsqu’Astor disparaît, Anna part à sa recherche, prête à défier les bandes d’enfants sauvages qui errent à travers les rues désertes, les centres commerciaux et les bois. Mais l'ordre appartient au passé et les règles d'autrefois ont été oubliées. Pour réussir à sauver Astor, Anna va devoir en inventer de nouvelles, parcourant ce monde à l'abandon où la nature a repris ses droits, ne laissant que les vestiges d'une civilisation qui a couru à sa propre perte.
Une véritable odyssée des temps modernes où s'entremêlent lumière et ténèbres, un duel permanent entre la vie et la mort.(présentation éditeur)


La Double vie de Jesús Enrique SERNA
La ville de Cuernavaca est une poudrière dont tous les niveaux ont été infiltrés par les narcotrafiquants. La vie quotidienne est ponctuée par les échanges de coups de feu, la découverte de cadavres décapités, les cartels se disputent la place. Comment un homme disposé à défendre ses convictions jusqu’au bout, à mettre en pratique ses idéaux de légalité et de justice, peut-il se battre sur ce terrain miné ? Jesús a su, malgré la corruption ambiante, se tenir à l’écart des factions qui utilisent le pouvoir à des fins personnelles. Et il pense qu’il peut accéder à la mairie. Il va se retrouver dos au mur, pris entre les pouvoirs institutionnels et le crime organisé : menaces de mort, tentatives de corruption, scandales médiatiques, enlèvements, vengeances sanglantes… Mais dans le même temps il découvre l’amour de sa vie, un amour interdit et scandaleux, fatal pour la réputation d’un homme politique.(présentation éditeur)
J'avais bien aimé son autre roman Je serai roi.



Izumi, jeune mère célibataire, rencontre Chiyoko, lycéenne en classe de terminale, au moment où celle-ci s’apprête à se jeter sous un train. Quelques jours plus tard, elles feront l’amour sur la terrasse d’Izumi et ne se quitteront plus. Avec le petit Sosûke, le fils d’Izumi, elles trouvent refuge dans un village de montagne, sous le plus beau ciel étoilé du Japon, où Chiyoko donne naissance à la bien nommée Takara-le-miracle ; ils forment désormais la famille Takashima et dressent le pavillon arc-en-ciel sur le toit d’une maison d’hôtes, nouvelle en son genre.
Pas à pas, Ogawa Ito dessine le chemin parfois difficile, face à l’intolérance et aux préjugés, d’une famille pas comme les autres, et ne cesse jamais de nous prouver que l’amour est l’émotion dont les bienfaits sont les plus puissants.
On réserverait bien une chambre à la Maison d’hôtes de l’Arc-en-ciel ! (présentation de l'éditeur)




Dans le Montana, en 1980.
Autour de Pete, assistant social dévoué, gravite tout un monde d'écorchés vifs et d'âmes déséquilibrées. Il y a Beth, son ex infidèle et alcoolique, Rachel, leur fille de treize ans, en fugue dans les bas-fonds de Tacoma, Luke, son frère, recherché par la police.
Et puis il y a Cecil l'adolescent violent et sa mère droguée et hystérique, et ce jeune Benjamin, qui vit dans les bois environnants, avec son père, Jeremiah Pearl, un illuminé persuadé que l'apocalypse est proche, que la civilisation n'est que perversion et que le salut réside dans la survie et l'anarchie. Pearl qui s'est exclu de la société, peut-être par paranoïa, peut-être aussi pour cacher qu'il aurait tué son épouse et leurs cinq enfants.
Au milieu de cette cour des miracles, Pete pourrait être l'ange rédempteur, s'il n'était pas lui-même complètement perdu... (présentation de l'éditeur)





1982. Rasmus vient d’avoir son bac et quitte la Suède profonde pour la capitale. À Stockholm, il va pouvoir être enfin lui-même. Loin de ceux qui le traitent de sale pédé. Benjamin est Témoin de Jéhovah et vit dans le prosélytisme et les préceptes religieux inculqués par ses parents. Sa conviction vacille le jour où il frappe à la porte d’un homme qui l’accueille chaleureusement, et lui lance : « Tu le sais, au moins, que tu es homosexuel ? »
Rasmus et Benjamin vont s’aimer. Autour d’eux, une bande de jeunes gens, pleins de vie, qui se sont choisis comme vraie famille. Ils sont libres, insouciants. Quand arrive le sida. Certains n’ont plus que quelques mois, d’autres quelques années à vivre.
Face à une épidémie mortelle inconnue, toutes les politiques sociales ou sanitaires du « modèle suédois » échouent. Les malades séropositifs sont condamnés à l’isolement et à l’exclusion. 
Un témoignage unique sur les années sida, un roman bouleversant. (présentation de l'éditeur).

L'Homme qui mit fin à l'histoire (The Man Who Ended History: A Documentary , 2011)  de Ken LIU

Futur proche. Deux scientifiques mettent au point un procédé révolutionnaire permettant de retourner dans le passé. Une seule et unique fois par période visitée, pour une seule et unique personne, et sans aucune possibilité pour l'observateur d'interférer avec l'objet de son observation. Une révolution qui promet la vérité sur les périodes les plus obscures de l'histoire humaine. Plus de mensonges. Plus de secrets d'État.Créée en 1932 sous mandat impérial japonais, dirigée par le général Shiro Ishii, l'Unité 731 se livra à l'expérimentation humaine à grande échelle dans la province chinoise du Mandchoukouo, entre 1936 et 1945, provoquant la mort de près d'un demi-million de personnes… L'Unité 731, à peine reconnue par le gouvernement japonais en 2002, passée sous silence par les forces d'occupation américaines pendant des années, est la première cible de cette invention révolutionnaire. La vérité à tout prix. Quitte à mettre fin à l'Histoire.(présentation de l'éditeur)

Nos dernières lectures - summer 2016



Un aperçu de nos lectures de cet été, avec pour commencer :
20 ans avec mon chat de Inaba Mayumi
Le jeu de l'éternel et de l'éphémère de Nelly Delay


3è opus de Michael Nava avec L'enfance du crime où j'ai eu plaisir de retrouver l'avocat pénaliste Henry Rios, que j'avais découvert avec Un garçon en or.



Le très touchant Fairyland d'Alyssia Abbott


La nouvelle traduction des Aventures de Huckleberry Finn de Mark Twain


L'occasion de découvrir les écrivains de la collection Terres d'Amérique qui fête ses 20 ans cette année.


Le fascinant Rebecca de Daphné Du Maurier dans sa nouvelle traduction. 


Un de nos coups de coeur de l'été avec Le restaurant de l'amour retrouvé de Ogawa Ito (lire notre avis), roman conseillé par le libraire d'Aux belles pages lors de notre séjour à Murat dans le Cantal. 



Déception avec Bull mountain de Brian Panowich dont j'avais vu que des avis très très positifs sur la toile. Je l'ai terminé sans grande conviction, j'ai trouvé l'écriture correcte mais sans plus, les personnages sans grande profondeur. Quant à l'intrigue, je n'ai pas été convaincu. Dommage ! Je rejoins l'avis de Yan , mais allez voir du côté de Passion polar qui en parle avec enthousiasme ! 

OGAWA Ito, Le Restaurant de l'amour retrouvé

C'est chouette les vacances. On se promène dans le Cantal et entre deux randonnées, qu'est-ce qu'on découvre : un libraire hors du commun.

En effet, à Murat, il y a un libraire qui vient d'Irlande et qui nous a accueilli avec une gentillesse et un sens du conseil admirables. Pour découvrir ce lieu et cette personnalité fort sympathique, c'est ici ou encore

Il nous a notamment parlé de son coup de coeur pour le premier roman d'une japonaise incroyablement talentueuse, OGAWA Ito. Son titre : Le restaurant de l'amour retrouvé.

OGAWA Ito, Le Restaurant de l'amour retrouvé picquier

J'ai commencé à le lire tout de suite, intrigué par l'histoire dont il m'avait parlé. Celle d'une jeune japonaise de 25 ans qui habite Tokyo avec son amoureux indien. Elle travaille dans un restaurant turc et quand elle rentre chez elle un soir, tout a disparu. Son amant a tout emporté avec lui. Il lui reste ses talents culinaires et le roman démarre ainsi et nous entraîne vers une histoire magistrale, totalement originale. 

Comme je préfère ne pas révéler au-delà afin de maintenir l'intrigue pour la lecture du roman lui-même, sachez seulement que ce roman m'a ouvert encore de nouvelles voies. Que celles-ci soient littéraires ou culinaires, elles sont fabuleuses dans les deux cas. Je me surprends depuis à apporter une attention toute particulières à mes préparations gastronomiques, car il est question de cet amour et de cette écoute immenses qu'on doit avoir quand on offre à manger ce qu'on a soi-même cuisiné avec soin.

L'éditeur vous propose le début sur son site mis en lien plus haut. Lisez-le et il vous faudra immanquablement lire la suite alors. N'hésitez pas à commenter si, comme moi, ce livre vous a troublé profondément.

Le restaurant de l'amour retrouvé - Ogawa, Ito - traduit du japonais par Myriam Dartois-Ako - Editions Philippe Picquier - 2013

Fairyland d'Alysia Abbott

Fairyland d'Alysia Abbott 10/18

Alysia Abbott est la fille du poète américain Steve Abbott. Elle nous raconte sa vie auprès de ce père homosexuel qui, suite à la mort accidentelle de sa femme devra l'élever seul dans le San Fransisco des années 70. Une enfance et une adolescence dans un monde atypique pleine de couleurs et de vie. Jusqu'au jour où Alysia part pour New York et Paris pour ses études. Elle reviendra malgré elle auprès de son père atteint du sida. 

Fairyland est un merveilleuse déclaration d'amour d'une fille à son père. C'est avec vingt ans de recul qu'elle écrit ce livre et nous fait revivre sa vie dans un milieu de tolérance, de joie mais aussi d'isolement et de souffrance. Un père qui tente de vivre de son art, de son engagement politique, tout en assumant son homosexualité et son rôle de père célibataire. 


Alysia et Steve Abbott
Alyssia Abbott n'édulcolore pas son enfance et le fait sans langue de bois, ce qui donne toute la saveur à son récit. Elle n'hésite pas à montrer ses propres faiblesses, et celles de son père. Mais aussi son intolérance face aux choix de vie de son père qu'elle ne comprend ou n'accepte pas toujours. L'incroyable sincérité et l'amour qui se dégage de ce livre m'ont littéralement transportés du début à la fin. 


Fairyland d'Alysia Abbott 10/18
Fairyland est aussi une fresque de l'histoire de l'homosexualité, l'occasion de mesurer l'engagement du milieu artistique gay des années 70 et les conséquences de l'apparition du sida dès le début des années 80 qui marque définitivement la communauté homosexuelle. Notamment du point de vue politique : la campagne contre les homosexuels lancée par Anita Bryant, l'assassinat du conseiller municipal Harvey Milk, et les (non) choix d'engagement de prévention contre le sida par l'Etat américain.  

Fairyland est un récit à la fois pudique et sans retenue, d'une intensité émotive bouleversante. Une histoire d'amour mais aussi de liberté. J'ai définitivement adoré. 

A noter que ce livre devrait être prochainement adapté au cinéma par Sofia Coppola. 

Fairyland - Alysia Abbott -  traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Nicolas Richard - 10/18 - 2016