Les âmes silencieuses de John Pogue


Grande-Bretagne. 1974. le professeur Joseph Coupland mène une expérience afin de soigner la jeune Jane Harper, qui se dit possédée par un fantôme nommé  Evey. Il est entouré de deux étudiants bientôt rejoint par Brian, embauché en tant que caméraman. 

Chassée de l'université d'Oxford, l'équipe se voit contraint d'aller dans une vielle maison pour continuer leur projet. Entre séances d'hypnoses et de spiritisme, Evey semble enfin se manifester à travers une poupée. Si le professeur croit dur comme fer pouvoir guérir sa patiente, les étudiants, eux, commencent à douter surtout quand les activités paranormales se multiplient. Entre explications rationnelles et surnaturelles, mon coeur balance...


Produit par la Hammer (qui rappelons le, a fait, notamment, de l'horreur et du gothique sa marque de fabrique dans les années 50) voici un bon film pop-corn version 2015 avec sa dose de sursauts, de frayeurs plus ou moins gentilles et une musique flippante qui vous met bien dans l'ambiance.

Alors mêmes si les personnages sont un poil caricaturaux, le film fonctionne plutôt bien et réserve au téléspectateur bien des surprises plus ou moins attendues.


Le film est parfois filmé, caméra à l'épaule, ce qui rajoute un effet de tension très réussi chez le public qui pourrait presque compatir pour les personnages du film qui n'en mènent pas large. L'actrice Olivia Cook est méconnaissable (c'est la fille qui joue la tenancière de l'hôtel dans la série Bates Motel ^^) et Jared Harris (le prof) rempli bien son rôle.

Bilan : un bon moment de cinéma d' horreur qui évite le gore. 

Et pour finir, petit détail (amusant ou flippant, au choix) à ajouter : le film est basé sur une expérience surnaturelle (The Philipp experiment) qui s'est réellement déroulée dans les années 70.


Merci à Cinetrafic de nous avoir permis de découvrir ce film, grâce à l'opération dvdtrafic : "un dvd contre une critique".

Les âmes silencieuses est sorti aux éditions Metropolitan Filmexport le 26 mars 2015.
Films d'horreur 2015
Meilleur film d'horreur : un bon film d'horreur à voir

Passer l'hiver d'Aurélia Bardet

Passer l'hiver d'Aurélia Bardet

Belle découverte en ce dimanche après-midi. Après avoir voté, entre deux nuages gris, que ce film gris, très français. 

On y découvre une station service où servent deux femmes. L'une plus vieille que l'autre jouée par une Gabrielle Lazure à la limite du film d'horreur. Une femme marquée par des traumatismes que l'on découvre peu à peu et pas forcément là où l'on croirait au départ.

Il y a la présence de l'eau, de l'océan atlantique, du silence, des lumières et de la nuit. Du désespoir aussi bien sûr et puis d'autre chose. Un rêve trouble et troublé comme entre deux eaux. Les actrices et les acteurs jouent avec justesse et sobriété, avec légèreté et humour aussi parfois.

Bref, les habitants de l'Avenue vous recommandent vivement ce film.

D'autant plus que la nouvelle qui sert de base au film est extraite du recueil du même nom écrit par Olivier Adam. C'est d'ailleurs cette mention d'adaptation qui a attiré notre attention dans le choix de ce film. Alors ceux qui connaissent les romans de l'écrivain ne seront pas surpris. On y retrouve cette ambiance grise, souvent de deuil et de souvenirs. 



Nous sommes enchanté d'avoir participé à l'opération DVDtrafic : "un dvd contre une critique". Un grand merci donc à Cinetrafic pour nous avoir proposé et envoyé ce film.

Passer l'hiver est sorti aux éditions Shellac le 6 janvier 2015.  
+ d'infos sur le film
Films qu'il faut absolument avoir vu
Films sur l'homosexualité féminine 


Verve, The Sound of America, The Singles Collection

Le label de légende Verve est toujours apprécié sur l'Avenue pour sa saveur, sa douceur, ses mélodies, ses interprétations incomparables et inoubliables.

Alors quand cette compilation des 100 meilleurs titres qu'ils aient jamais produits est sortie, forcément, on ne pouvait pas résister.

L'objet est tout en sobriété :

Verve, The Sound of America, The Singles Collection

Et quel contenu! On y retrouve par ordre chronologique tous ceux qui ont fait les belles heures de la musique américaine du 20ième siècle, distribuée alors tout autour de la planète. Il y a là Ella Fitzgerald, Frank Sinatra, Astrud Gilberto, Stan Getz, Bill Evans, Mel Torme, et tant d'autres, au sommet de leur art. 

On y ressent les ambiances chaudes qui font du bien. De ces bonnes vibrations que chantaient les Beach Boys. Mais ici, pas de surf en vue, juste des rythmes de jazz, toujours plus irrésistibles à mesure qu'on les découvre ou redécouvre dans de très belles remasterisations.

Juste un conseil si vous commencez à les écouter, vous aurez comme nous l'envie de découvrir ou redécouvrir les albums dont sont extraites toutes ces pépites. Et l'immense catalogue Verve d'agrandir encore un peu la discothèque de l'Avenue. On vous en reparle prochainement. N'hésitez pas à nous conseiller aussi selon vos goûts dans les commentaires.

Pour vous convaincre s'il est encore nécessaire de le faire, voici le trailer :


+ d'infos sur le coffret, rendez-vous sur le site officiel de Verve.

Nouveautés musicales sur l'Avenue


New energy (collected remix) - Daniel Avery - Because music.
New energy (collected remix) - Daniel Avery - Because music.

Nous avions été transporté par son premier album Drone logic (voir notre chronique ici). Viens de sortir le 02 mars dernier un double album de remixes tout aussi hypnotique.



Vunicura -  Björk - One little indian records - 2015.
Vunicura -  Björk - One little indian records - 2015.

Le dernier album de Björk, Voltoic que nous avions acheté date de 2009. C'est un plaisir de revenir dans son univers avec ce nouvel album.



Stretching out - Zoot Sims - Bob Brookmeyer octet

Stretching Out et Kansas City Revisited de Bob Brookmeyer
Stretching out - Zoot Sims - Bob Brookmeyer octet

Deux albums Stretching Out et Kansas City Revisited de Bob Brookmeyer enregistrés le 27 décembre 1958 réunis dans un seul cd remastérisé.




Piano strings and Bossa nova - Lalo Schiffrin - Verve - 2008
Piano strings and Bossa nova - Lalo Schiffrin - Verve - 2008



Braziliana - Luiz Bonfa & Maria Toledo - Verve - 2008
Braziliana - Luiz Bonfa & Maria Toledo - Verve - 2008










Girls in peacetime want to dance - Belle and Sebastian - Matador records

Girls in peacetime want to dance - Belle and Sebastian - Matador records - 2015

Réussite pour ce nouveau virage très dansant de Belle and Sebastian qui nous avait habitué à une pop beaucoup plus calme.



The Milk shows - Bobby Darin

The Milk shows - Bobby Darin - 2014

Découvert grâce à Buddies lounge, ce double album de Bobby Darin compile les meilleures chansons du répertoire américain des années 40 à 60. Ces programmes publicitaires vantaient les produits laitiers ! Ils étaient perdus depuis des décennies. Les voilà retrouvés pour notre plus grand plaisir. + d'infos sur Bobby Darin.


Aucun homme ni dieu - William Giraldi

Aucun homme ni dieu - William Giraldi

Voici une véritable expérience de lecture qui me laisse, une fois le roman terminé mal à l'aise. Nombreux sont les romans que j'abandonne en cours de route. Celui-ci a failli en faire partie. Au bout d'une cinquantaine de pages, je l'ai laissé dans un coin, non pas qu'il ne me plaisait pas. Mais l'atmosphère qu'il dégageait m'a dérangé voire fait peur. Pourtant j'y suis revenu, entre attirance et répulsion. A croire qu'il faut être un peu maso dans ces cas là pour continuer un bouquin (Bref...).

Revenons à l'histoire. Un romancier spécialiste des loups répond à l'invitation d'une mère qui vient de perdre son fils, dévoré par un loup. Le voilà qui débarque en plein cœur de l'Alaska en hiver. Rapidement l'enquête prend un virage dangereux.

William Giraldi réussit à vous faire perdre vos repères et vous entraîne dans une traque impitoyable où la sauvagerie de l'homme prend des allures presque fantastiques. J'ai aimé le mysticisme autour de la figure du loup. Mais mélangé aux obsessions des personnages, ce fut trop pour moi. Pourtant la noirceur dans un roman, j'y suis confronté souvent dans mes lectures. Ici, difficile à dire pourquoi ça n'a pas totalement fonctionné pour moi.  

Je n'ai pas eu mes réponses quant au titre que je ne comprend finalement pas. Je reprend quelques lignes de la traductrice qui résument très bien l'atmosphère du roman : 

En entrant dans le texte, les premières impressions sont sensorielles, le froid de l'Alaska, la sécheresse du désert, la douleur d'une mère, la violence de la guerre, le goût d'acier de la vengeance, le goût de soufre du secret. Puis on entre dans la langue, et il y a comme une musique permanente, qu'on n'avait pas entendue tout d'abord, mais qui est partout une fois qu'on l'a perçue.

Une lecture ovni qui je pense pourra embarquer totalement ou à l'inverse laisser de marbre. Une lecture étrange qu'il me faudra digérer avec le temps. Et il m'en faudra. 

Aucun homme ni dieu - Willima Giraldi - Autrement - 2015. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Mathilde Bach.

Un été de Vincent Almendros

Un été de Vincent Almendros

C'est l'été. Pierre et son amie, Lone, débarquent à Naples pour passer quelques jours à bord du voilier de son frère Jean, accompagné de Jeanne. Rapidement mal de mer, appréhension et chaleur suffocante s'emparent des nouveaux arrivés. 

Ce n'était pas seulement de Naples que nous nous éloignions, mais de la terres elle-même, ferme et rassurante.

Pierre découvre avec maladresse les manœuvres à apprendre. La promiscuité de vie à bord ajouté à une tension palpable ne présagent rien de bon...Pour la suite, à vous de la découvrir.

Je fut littéralement séduit par ce huit-clos dès les premières pages. 

Un malaise ambiant contrebalancé par la douceur d'une baignade nocturne. Des jeux de regards. Des sentiments cachés. L'écriture est fluide, les phrases sont courtes. J'ai beaucoup aimé le ton et le style.

Elle avait accompagné ces mots d'un sourire à la fois malicieux et sibyllin, mu par une ambiguïté vicieuse, un sourire qu'elle figea un instant de sort que je fus obligé de m'attarder sur ses lèvres délicatement craquelées par le soleil.

95 pages qui se lisent d'une traite. La surprise de la chute m'a cloué le bec. Ce fut une petite merveille lue en ce dimanche ensoleillé. Un écrivain que je suivrait avec attention et dont je vais m’empresser de découvrir son premier roman Ma chère Lise

Un été - Vincent Almendros - Editions de Minuit - 2015.

Robin Guthrie and Mark Gardener, Universal Road

Robin Guthrie and Mark Gardener, Universal Road

Quelle joie de voir arriver sur l'Avenue ce merveilleux nouvel opus de Robin Guthrie. Il s'est associé de nouveau à Mark Gardener avec lequel un single somptueux avait été produit en 2012 : The places we go. Et quelle extase, alors que ce morceau magique avait toujours existé de manière dématérialisée, de le recevoir en cadeau hors commerce cd 1 titre. Il va tourner en boucle. Tout comme Universal Road, un album qui nous emmène loin, très loin des sons stéréotypés et balisés. 

On emprunte cette route, vaste et apaisante, pour y découvrir des paysages incroyablement variés. Les univers des deux compositeurs semblent parfaitement s'imbriquer. Tant la voix de Mark Gardener se pose délicatement sur les mélopées envolées de Robin Guthrie. L'album du printemps sur l'Avenue (aux côtés de celui de Kate Pierson en solo, moins fraîche, mais tout aussi de saison).

Pike de Benjamin Whitmer

Pike de Benjamin Whitmer

Quelle heureuse surprise hier d'apprendre dans leur newsletter que les éditions Gallmeister lançaient une nouvelle collection qui devrait, à priori, beaucoup me plaire. Elle s'appelle Neopolar (tout est bien expliqué ici). J'en profite comme Jérôme pour ressortir un billet concernant Pike, sorti chez l'éditeur en 2012. A noter que deux autres romans sont sortis hier (voir ici et ici). Pour les avoir vu en librairie, sachez que l'éditeur apporte le même soin et une qualité à ses livres en proposant cette fois du semi-poche à la couverture à l'effet gommé. C'est plutôt classieux.

En ce qui concerne Pike, voici ce que j'en disais il y a quelque temps : 

Ça faisait bien longtemps que je n'avais pas lu un roman des éditions Gallmeister, estampillé "littérature des grands espaces américains". Pourtant je savais que cette fois-ci, je ne retrouverais pas l'air vivifiant de la nature, les charmes des rivières où il est bon de pêcher la truite. L'histoire se déroule en ville, durant les années Reagan en plein hiver, où la neige fondue se mêle à la boue et à la crasse. Côté paysages, de magnifiques rues sinistres, des squats de junkies, des entrepôts désaffectés et des motels miteux.
 
Downtown Cincinnati, un restaurant dans une ruelle. A l'extérieur, quelques voitures rongés par le sel avancent dans la bouillasse de neige fondue, mais le trottoir est désert.

C'est dans cette ambiance chaleureuse que l'on voit apparaître le personnage de Pike.

Pike descend Mulberry street au ralenti, une main posée sur le volant, scrutant la surface chiffonnée de cette rue d'Over-The-Rhine de ses yeux gris plissés. Les fissures béantes de la terre sous les fondations des étroits immeubles victoriens. Les petites pelouses jonchées de détritus et de bris de verre. La neige lacérée de pisse jaune.

Pike est un ancien truand. Il se retrouve du jour au lendemain avec sa petite fille qu'il n'a jamais connu sur les bras. Sarah, sa mère vient de mourir d'une overdose. Accompagné d'un jeune paumé, Rory, ils vont en savoir plus sur les circonstance de sa mort. Ils devront s'armer de courage mais aussi et surtout d'une sacrée paire de c...., de leur flingue chargé au max. Ils n'hésiteront à employer la manière forte, à cogner celui qui ne veut pas cracher le morceau, pour apprendre la vérité. Une descente dans les bas fonds des quartiers pauvres de Cincinnati, le milieu des putes et des dealers que le lecteur n'est pas prêt d'oublier. Autant vous dire que c'est glauque, irrespirable et plutôt triste. Rajoutez à cela, un flic corrompu, ignoble et violent, bien décidé à faire taire ceux qui osent interférer dans son trafic de stupéfiants.

Pour son premier roman, Benjamin Whitmer frappe fort avec des personnages en souffrance, des scènes de baston où le sang gicle et se mélange au vomi et à la sueur. Les dialogues sont percutants, laissent un goût d'amertume, de regrets, de désillusions et de non-dits. 

Une lueur d'espoir ? Oui quand même, mais une toute petite comme celle d'une faible bougie qui s'apprête à s'éteindre. 

Les références à Jim Thompson et David Goodis (sur la 4ème de couverture) ne sont pas usurpées. Un superbe roman noir sévèrement burné qui laisse des traces chez le lecteur.