Etienne Daho - Diskönoir Tour à Tours

Etienne Daho - Diskönoir Tour

La notte...la notte...C'est sur les dernières paroles de Week-end à Rome chantées à cappella avec le public qu'Etienne Daho disparu hier soir définitivement de la scène du Vinci de Tours, après un troisième rappel.

Quel immense plaisir d'applaudir de nouveau Monsieur Daho, depuis la dernière fois en 2001 lors de la tournée qui a suivi l'album Corps & Armes Ayant été obligés, à regrets, de se faire rembourser nos places pour une date à l'Olympia prévue en avril dernier et reportée en novembre...nous attendions avec impatience cette date en province. 

Etienne Daho - Diskönoir Tour

La tournée Diskönoir Tour s'approchant de la fin, le concert est rodé. Le chanteur apparaît en grande forme, toujours aussi smooth et d'une grande humilité. Hier soir (comme d'autres dates j'imagine), il n'aura pas été avare en paroles entre les chansons. Anecdotes sur la naissance de certains titres, quelques blagues pour annoncer le titre suivant...Daho est à son aise et en communion avec un public très chaud. Après l'introduction Satori thème, Daho débute le show avec Des attractions désastre...et le public se lève de son siège instantanément...sans se rasseoir de toute la soirée. Ça danse, ça crie, ça applaudit pendant plus d'1h30.

Etienne Daho - Diskönoir Tour
Les chansons de l'innocence retrouvée

Daho a soigné la tracklist de cette tournée, n'oubliant aucun album de sa discographie, faisant la part belle à ses tubes des années 80. Alors que le cd live vient de sortir le 24 novembre dernier, j'étais un peu inquiet de n'y voir figuré que les quatre singles du dernier album. Inquiétude rapidement dissipée avec notamment Les torrents défendus que j'attendais tant ou Le baiser du destin. La version de L'invitation, très proche sa version démo, très rock, est excellentissime. Coup de coeur aussi pour Bleu comme toi, dont le public connaît les paroles sur le bout des doigts. Au deuxième rappel, il interprétera Il ne dira pas dans une nouvelle version très surprenante.

Etienne Daho - Diskönoir Tour
Des heures hindoues
Etienne nous confie quà ses débuts en 1979, son premier vrai concert (sans compter ses concerts dans des bars où le public comme le chanteur étaient plus ou moins alcoolisés) a eu lieu à Tours...il est plus que ravi de chanter de nouveau dans cette ville...évidement le public explose de joie...

Etienne Daho - Diskönoir Tour
Ouverture, my favourite song

Nous repartons du concert, des étoiles pleins les yeux, émus, heureux comme vous pouvez l'imaginer. 

Sur le facebook officiel de l'artiste - en date du 02 décembre 2014 :
Tours, Le Vinci. La salle est proche de celle de Nantes, donc pas de réadaptation brutale. Le public est incroyablement chaud dès le début, y compris pour les nouvelles chansons ou les titres plus confidentiels. Le concert passe en deux secondes et termine en apothéose une semaine démente. Pleins d’amis passent nous voir dans le bus après le show. Le public se masse autour du bus et nous fait des signes, nous envoie des baisers. Quelques uns montent, me disent leur plaisir que leur procure le show. Vraiment sweet.

édition deluxe du cd  Diskönoir live daho
édition deluxe du cd  Diskönoir live
Alors ce matin, en rédigeant cet article le cd live tourne en boucle. S'il reflète évidemment cette tournée, force est de constater que le cd est à mon goût un peu décevant et surtout trop court (1h15). 

L'édition deluxe est un foutage de gueule : les titres sont étrangement répartis. En effet, les trois deniers titres du concert figurent sur le deuxième cd, alors qu'ils auraient pu loger sur la première galette (comme c'est le cas pour l'édition standard), ce qui casse un peu le rythme dans son écoute. Les fans se contenteront de trois titres bonus enregistrés à la salle Pleyel. L'objet quant à lui  (format digipack carré) est en cohérence avec les rééditions des albums de Daho, ce qui est plutôt apprécié, mais service minimum concernant le livret (pas de photos).  

Quelle idée bizarre d'avoir choisi d'enregistrer la première date à la cité de la musique en juillet 2014. Véritable choix artistique ou business oblige (un cd sous le sapin de Noël?) Sur son facebook, le chanteur précise : L’émotion et la tension de la première fois sont palpables. Très émouvant pour moi. Le son est net et précis. L’énergie et le tracklist sont sensiblement différents de ce que nous faisons aujourd’hui. Le concert enregistré à Londres et qui fera l’objet d’un film et d’un documentaire, diffusés sur Arte, sera identique aux concerts que nous donnons actuellement. Alors espérons la sortie d'un dvd live au printemps prochain...
Malgré ses quelques réserves et critiques de fan, ce live est d'une grande énergie, à l'image de l'homme de scène. Les titres sont réorchestrées, remis au goût du jour, et s'en voient bonifiés. 

45 tours blanc Soleil de minuit etienne daho
45 tours blanc Soleil de minuit - mise à jour 06 déc.
La sortie prochainement du single live Soleil de minuit en 45 tours est une superbe idée. Écarté à l'origine de son premier album Mythomane en 1981, figurant dans la BOF du film Désordre en 1986 et sur le cd rare Collection, il est remis à l'honneur en 2014 dans une très belle version. Ce choix n'est pas anodin lorsqu'on a appris hier soir par le chanteur que ce titre lui était souvent demandé lors de ses concerts.

Pour finir, voici des extraits du concert (un grand merci à Christophe Salmon)

Cassady et Kerouac : la lettre miraculée


Ce matin sur l'Avenue, c'est avec une tasse de thé à la main que je découvre cet article du monde sur cette incroyable découverte : Une lettre de 18 pages, signée par Neal Cassady destiné à son ami Jack Kérouac. Une envie instantanée de replonger dans la lecture de Sur la route...
 

Son destinataire, Jack Kerouac (1922-1969), la surnommait la « lettre Joan Anderson », en référence à la femme avec qui le voyou magnifique de Denver avait eu une liaison érotique, le temps d’un week-end et qu’il mentionne dans ce récit rédigé sous psychotropes. Soixante-cinq ans après sa disparition, c’est une « pièce phare de la littérature de la Beat Generation », selon les termes de Joe Maddalena, PDG de la maison d’enchères Profiles in History, spécialisée dans les documents autographes et livres rares, qui refait surface à la surprise générale. Ecrite le 17 décembre 1950, elle était, en effet, considérée comme perdue.
Lorsqu’il la reçoit, Kerouac travaille au manuscrit de Sur la route. La découverte de la prose spontanée de son ami Neal Cassady est un choc. Mieux, une œuvre vouée à « faire se retourner Melville, Twain, Dreiser, Wolfe, ou je ne sais qui, dans leurs tombes », dira-t-il plus tard. Exit la première ébauche, plutôt classique, de Sur la route. Subjugué par le style de ce repris de jsutice rencontré quatre ans plus tôt – une façon d’écrire qui s’apparente à un flux verbal–, il recommence tout en avril 1951. Et boucle son récit en trois semaines.



Une lettre hallucinée longtemps disparue.
  
Kerouac n’a jamais fait mystère de la dette qu’il avait contractée à l’égard de Neal Cassady, personnage central de Sur la route, roman-manifeste de la « Beat Generation », édité en 1957, et de ses livres suivants, sous les pseudonymes de Dean Moriarty ou Cody Pomeroy. Mieux, il regrettait que cette lettre hallucinée, si décisive dans la genèse de son œuvre, pionnière de la « Beat Generation », eut sombré corps et biens. Il en imputait la faute à leur ami commun, Allen Ginsberg. Celui-ci l’aurait confiée, en vue de la faire publier, à un agent vivant sur une péniche amarrée près de San Francisco, lequel, par mégarde, l’aurait fait tomber à l’eau. L’intéressé, Ged Sterm, a toujours démenti cette version. A raison.
En réalité, la lettre avait été expédiée à Golden Goose, une petite maison d’édition indépendante, à San Francisco. Celle-ci fit faillite fin 1954 et toutes les archives (courriers, livres, comptabilité) furent détruites, ou presque. Car un voisin, exploitant d’un petit label de musique, récupéra quelques cartons qu’il entreposa chez lui. « Mon père ne savait pas qui était Allen Ginsberg, il ne connaissait pas Cassady, il ne faisait pas partie de la scène Beat, mais il aimait la poésie », a déclaré Jean Spinosa, qui a exhumé ce trésor en vidant la maison familiale en 2012.
En 2001, le manuscrit original de Sur la route a été adjugé à 2,4 millions de dollars. Jerry Cimino qui dirige, à San Francisco, le Beat Museum où s’est tenue la conférence de presse de la maison d’enchères, espère que le futur propriétaire de la « lettre Joan Anderson » la fera publier, mieux, qu’il en fera don à son établissement.


Week-end d'Andrew Haigh

Week-end d'Andrew Haigh



Une rencontre d'un soir (sans avenir ?) qui bascule le temps d'un week-end...Un condensé de vérités et d'émotions sans mièvrerie. Les acteurs, Tom Cullen et Chris New sont excellents. Le ton est juste. Un film tout simplement beau.

Une nouvelle amie, un film de François Ozon

Une nouvelle amie, un film de François Ozon

C'est encore une nouvelle réussite pour Ozon dont le film vient de sortir mercredi dernier en salles. L'affiche est mystérieuse avec une femme de dos (Roman Duris) et un clin d'oeil judicieux au titre employant  un "e" avec une typographie différente.

Les amateurs de François Ozon ne seront pas forcément surpris par la thématique. Réalisé à l'époque des troubles qu'a connu la France lors de la Manif pour tous où le réalisateur avoue avoir été choqué, il y répond en quelque sorte par ce film. Il y aborde le transgenre, l’ambigüité sexuelle avec humour, intelligence et tolérance. 

Une nouvelle amie, un film de François Ozon

Romain Duris y est fabuleux, drôle, émouvant et très crédible. A plusieurs reprises dans le film, on se dit : Putain il y va fort, c'est excellent! On sent qu'il a pris beaucoup de plaisir à jouer ce rôle de femme. On avait eu un avant-goût convaincant en 2002 dans une scène du film de Christophe Honoré 17 fois Cécile Cassard. Quant à Anaïs Demoustier, actrice encore inconnue à nos yeux, elle joue avec une incroyable justesse, très émouvante elle aussi. Elle nous a épatée. Aucun des deux acteurs ne vole la vedette à l'autre. L'équilibre est là.

Ozon continue avec faire du Ozon et il le fait bien avec talent. Il démonte les idées préconçues sur les travestis, pose des questions, y répond avec pertinence. Une légèreté apparente qui flirte avec le mélodrame, saupoudrée d'une pincée almodovarienne dans l'air.

La musique du film est une nouvelle fois assurée par Philippe Rombi pour notre plus grand plaisir.

Ce film au delà de nous surprendre, nous a convaincu. Une ode à la tolérance et à la liberté.

Une nouvelle amie est la libre l'adaptation de la nouvelle The new girlfriend de Ruth Rendell disponible gratuitement ici. Une nouvelle habile, efficace et surprenante. 

Les grands travestis du cinéma vus par François Ozon.

www.francois-ozon.com

François Truffaut à la Cinémathèque

Petite virée parisienne la semaine dernière où nous sommes allés voir l'exposition consacrée à François Truffaut à la Cinémathèque française.

A peine avons nous pris l’ascenseur pour le 5ème étage qu'une personne monte avec nous...qui n'est autre que le directeur général de la Cinémathèque, Serge Toubiana (bien envie de lui dire quelques mots...mais nous restons finalement silencieux...^^) qui prendra plaisir à déambuler parmi les visiteurs.


Sans vouloir commenter chaque pièce de l'exposition, voici quelques photos prises lors de notre visite. Les 400 coups sont évidemment mis à l'honneur. Les documents d'archives sont nombreux. 


Certains émouvants. On sourit à la lecture de la lettre manuscrite de quelques lignes seulement de Jean-Pierre Léaud, alors âgé de 14 ans écrivant à François Truffaut lui demandant de faire un bout d'essai dans son prochain film.

Affiche japonaise des 400 coups à l'entrée de la librairie de la Cinémathèque
Reconstitution du bureau de François Truffaut
L'exposition débute par une par une multitudes de photos de films du réalisateur et une vidéo projetée en boucle très brève : "Fabienne Tabard, Fabienne Tabard, Fabienne Tabard..." extraite de Baisers volés. Le visiteur est directement mis dans l'ambiance...

Un recoin de l'exposition (trop petit à notre goût) consacré aux bandes originales des films avec de nombreux vinyles originaux. Un petit regret concernant la musique donc, dont le travail de documentation aurait pu être davantage exploité. On se rattrapera avec l'excellent coffret Le monde musical de François Truffaut.

Photographie extraite de La peau douce
Documents d'archives - La mariée était en noir adaptation du roman de William Irish

Une partie de l'exposition est évidemment consacrée à une des thématiques phares de Truffaut : les passions amoureuses. A travers les actrices telles que Jeanne Moreau, Catherine Deneuve, Françoise Dorléac, Isabelle Adjani, Claude Jade...avec de nombreuses photos de tournage.

L'exposition ne manquera pas de s'arrêter sur les interviews de Truffaut avec le maître du suspense Alfred Hitchcock qui donnera naissance au livre Le cinéma selon Hitchcock (qu'il faut vraiment que nous nous procurions rapidement !). Une vidéo nous montre aussi le discours de François Truffaut récompensant en 1979 Alfred Hitchcock pour l'ensemble de sa carrière à l'American Film Institute. 

Photo source
L'exposition aborde aussi le travail du réalisateur et notamment ses début en tant que critique dans la revue Les cahiers du cinéma.

L'heure et demi de visite passe très (trop) vite...L'exposition aurait pu évidement être plus longue, chaque film ayant un potentiel important à exploiter...

Les néophytes comme les amateurs de Truffaut devraient s'y retrouver. Ses films seront à redécouvrir cet hiver sur l'Avenue. Nous vous recommandons pour ceux qui veulent découvrir le réalisateur l'ouvrage passionnant François Truffaut d'Antoine de Baecque et Serge Toubiana ainsi que François Truffaut au travail de Carole Le Berre.