mercredi, mai 27, 2020

Ces montagnes à jamais de Joe Wilkins

Ces montagnes à jamais - Joe Wilkins, traduit de l'américain par Laura Derajinski - Gallmeister - 2020.

Depuis la disparition de son père en plein cœur des Bull Mountains, il y a plusieurs années, et le décès récent de sa mère, Wendell Newman vivote de son salaire d’employé de ranch sur les terres qui appartenaient autrefois à sa famille. Comme un rayon de soleil débarque alors dans sa vie aride le petit Rowdy Burns, fils d’une cousine incarcérée, dont on lui confie la garde. Un lien puissant et libérateur se noue entre Wendell et ce garçon de sept ans mutique et traumatisé. 
Mais tandis que s’organise la première chasse légale au loup dans le Montana depuis plus de trente ans, les milices séparatistes qui vénèrent le père de Wendell se tournent vers le jeune homme. Bien décidé à ne pas prendre parti, Wendell devra tout faire pour protéger Rowdy et conjurer la violence qui avait consumé la vie de son père.(présentation de l'éditeur)

Je viens de terminer un très très beau roman du catalogue de l'éditeur, qui une fois de plus a su dénicher un écrivain d'une grande qualité dans l'écriture et l'art de raconter le destin des hommes.

Le roman commence doucement. On s'attache à Rowdy, ce petit garçon abandonné par ses parents, dont les services sociaux décident de le confier à son oncle, Wendell, 26 ans. Il se retrouve avec un enfant sur les bras, qui ne parle pas. Sa rudesse s'efface peu à peu et laisse place à sa vulnérabilité et à sa générosité, face à ce garçon déconcertant, à la limite de l'autisme. Une relation va se nouer entre eux, immédiate, belle et touchante.

Il y a aussi Gillian, enseignante, qui se bat dans son établissement scolaire pour tenter (presque) en vain de donner une autre chance à tous ces enfants qui vivent dans ce Montana, rude, et dont la destinée sociale semble déjà tracée. Elle va croiser le chemin de Rowdy pour le meilleur...ou pour le pire.

Et puis ces montagnes qui marquent à jamais les hommes qui y vivent et ça depuis des générations. Elles y sont magnifiquement décrites. Elles sont le berceau d'hommes qui se sont radicalisés, prêts à défier l'autorité fédérale, qui n'ont que faire de la préservation de l'environnement, puisqu'il est déjà si difficile de gagner dignement sa vie. Ils n'hésiteront pas à prendre leurs fusils pour défendre leur terre, et à y chasser le loup dont le retour embrasse la région toute entière et fait ressurgir un douloureux passé pour certains, un espoir pour d'autres.

On a du mal à croire à ce que l'on lit parce que nous ne sommes pas américains, parce que même si l'on sait, on se dit que quand même, ils sont graves ces américains qui brandissent leurs armes au nom de la liberté. Ça bouscule bien comme il faut. On serre les poings, on déglutit difficilement.

Et si comme je le disais, le roman commence doucement, une tension sourde gronde, et accélère peu à peu le rythme de l'intrigue pour finir magistralement.

Les personnages de cette histoire sont incroyablement vivants. Joe Wilkins sait nous faire ressentir leur pulsation, le poids de leur histoire. Tout comme ces montagnes et cette nature à la fois belle et hostile que l'on respire tout le long du roman. 

Enfin, j'ai eu le plaisir de lire le nom de Laura Derajinski, la traductrice du roman (et des romans de David Vann ou celui de Gabriel Tallent entre autres), signe pour moi d'une grande qualité.

Ces montagnes à jamais - Joe Wilkins, traduit de l'américain par Laura Derajinski - Gallmeister - 2020.

lundi, mai 18, 2020

Maniac - Carpenter Brut


samedi, mai 16, 2020

Adrien Legrand - Là haut


jeudi, mai 14, 2020

The Complete Kerouac​.​.​.Pull My Daisy / The Beat Generation

vendredi, mai 08, 2020

Au nom du bien de Jake Hinkson

Au nom du bien de Jake Hinkson - traduit de l'américain par Sophie Aslanides - Gallmeister - 2019

Pasteur respecté d’une petite ville de l’Arkansas, Richard Weatherford n’en est pas moins simple mortel, avec ses secrets et ses faiblesses. Car Richard a fauté avec un jeune homme, Gary. Alors le coup de fil qu’il reçoit à cinq heures du matin ne présage rien de bon : le silence de Gary lui coûtera 30 000$, sinon Richard devra dire adieu à sa réputation et – surtout – à sa femme Penny et à leurs cinq enfants qui jamais ne supporteront un tel scandale. Prêt à tout pour empêcher son monde de s’effondrer, le pasteur n’a que quelques heures pour tisser une immense toile de mensonges où piéger son entourage. Mais c’est tout le charme des petites villes : même si leurs habitants prennent des directions différentes, leurs chemins finissent toujours par se croiser… inéluctablement. (présentation de l'éditeur)

J'avais découvert Jake Hinkson avec L'enfer de church street, où je m'étais bien marré. Après l'excellent et dérangeant Protocole gouvernante de Guillaume Lavenant (que je vous recommande par ailleurs) il me fallait une bouffée d'oxygène. Au nom du bien a juste été parfait !

Le pauvre pasteur n'a que 24h pour sauver sa peau, sa réputation et cacher son vilain péché d'avoir fauté avec un garçon. Devant quitter sa maison une bonne partie de la journée, il va bien sûr mentir à sa femme (qui se doute rapidement que celui-ci lui cache des choses) et à ses enfants...et aggraver son cas au fil des heures. Une descente aux enfers des plus réussies !
 
Jake Hinkson maîtrise son récit à merveille en alternant les voix de chacun de ses personnages à chaque chapitre. Il s'amuse avec eux et les ridiculise une fois de plus. L'Amérique puritaine conservatrice hypocrite est disséquée dans ses moindres recoins. C'est ludique, cynique et jubilatoire. Une très belle lecture récréative de qualité, plus profonde qu'il n'y paraît !

Au nom du bien de Jake Hinkson - traduit de l'américain par Sophie Aslanides - Gallmeister - 2019

jeudi, mai 07, 2020

Tropi-cléa 2 - Cléa Vincent




coup de coeur pour N'allez pas travailler 😉

mardi, mai 05, 2020

The Untold Tales of Armistead Maupin


Cette semaine, nous avons vu ce documentaire consacré à Armistead Maupin, l'écrivain des fameuses Chroniques de San Francisco.

De nombreuses interviews où il égrène les anecdotes sur sa vie intime et publique. C'est à la fois amusant et touchant. Alors évidemment, ça permet de mettre en perspective son oeuvre, depuis l'époque où il a commencé à écrire dans le San Francisco Chronicle dans les années 1970 jusqu'à leur parution en romans et leur adaptation à la télévision dans les années 1990.

Le film est plutôt bien fait.Même si certaines anecdotes sur sa vie intime sont dispensables, elles révèlent toute l'humanité de l'écrivain qui brandit haut et fort sa liberté et ses choix. Un portrait sincère et un poil people qui donne envie de replonger dans ses bouquins et de retrouver les personnages emblématiques de la série, Michael Tolliver et Mary-Anne Singleton.



Retrouvez sur le blog :
Les chroniques de San Francisco
Les nouvelles chroniques de San Francisco

dimanche, mai 03, 2020

Hollywood, Netflix


Hollywood est une nouvelle série proposée par Netflix qui se déroule après la deuxième guerre mondiale dans une Californie semi-authentique.

C'est à dire qu'il y a des éléments réels, des éléments de fiction et d'autres entre les deux.

Sur l'Avenue, nous avons beaucoup apprécié l'atmosphère élégante et les chassés-croisés amoureux irrésistibles bien qu'impossibles pour l'époque. Il souffle ici un vent de liberté, de ce qu'aurait pu être Los Angeles après la guerre si certains humains avaient eu plus de courage, mais peut-être était-ce impossible dans le réel, je ne sais pas.

On y découvre donc des mélanges ethniques et sexuels ainsi qu'un humour très appréciable en cette période de confinement et surtout un charme suranné de chaque instant. Comme si on pouvait sentir ces possibilités infinies offertes par l'époque, le contraire d'aujourd'hui en somme. C'est très bienvenu!

Au début, j'avais cru que c'était une adaptation de cette autobiographie du pompiste qui offrait ses services aux plus fortunés de Lalaland, mais finalement le scénario s'est révélé beaucoup moins linéaire, plein d'arabesques surprenantes et il nous a tenu en haleine pendant les sept épisodes de cette série rondement menée. Et puis cette revisitation du mythe de Rock Hudson me donne envie de revoir tous les films de Douglas Sirk.

Nous vous le recommandons donc vivement et personnellement, je rêve déjà d'une saison 2.


samedi, mai 02, 2020

Les Miracles du bazar Namiya de Keigo Higashino

Les Miracles du bazar Namiya de Keigo Higashino - traduit du japonais par Sophie Refle - Actes Sud - 2020
 
En 2012, après avoir commis un méfait, trois jeunes hommes se réfugient dans une vieille boutique abandonnée dans l’intention d’y rester jusqu’au lendemain. Mais tard dans la nuit, l’un d’eux découvre une lettre, écrite 32 ans plus tôt et adressée à l’ancien propriétaire. La boîte aux lettres semble étrangement connectée aux années 1980. Les trois garçons décident d’écrire une réponse à cette mystérieuse demande de conseil. Bientôt, d’autres lettres arrivent du passé. L’espace d’une nuit, d’un voyage dans le temps, les trois garçons vont changer le destin de plusieurs personnes, et peut-être aussi bouleverser le leur.(source)

J'avais découvert Keigo Higashino avec un de ses romans policiers La lumière de la nuit qui m'avait enthousiasmé. La couverture que je trouve très réussie, le côté fantastique dont parle la quatrième de couverture et le retour positif d'une amie m'ont conduit à me plonger dans cette histoire qui regorge elle-même de nombreuses histoires.

Le début du roman est très atypique : trois voleurs qui se prennent au jeu de répondre à des lettres qui proviennent du passé. Rapidement, on suit une première histoire, et l'on se prête nous aussi à ce jeu fantaisiste, drôle et prenant.

Comme ce que j'avais pu écrire pour La lumière de la nuit, Keigo HIgashino est un véritable raconteur d'histoires. Chaque personnage, par ses échanges épistolaires devra ou non suivre les conseils du propriétaire de ce Bazar. Leur destin est bien souvent touchant et ne nous laisse pas insensible (une préférence pour le fan des Beatles).

La construction du roman est très habile et subtile. Les histoires liées entre elles se répondent et se révèlent magnifiquement. Beaucoup d'émotions et de subtilité qui font échos à chacun d'entre nous, dans les pas de côté que nous faisons ou pas, dans les choix parfois difficiles qui s'imposent à nous.

Un roman qui a le grand mérite de donner de la légèreté et de l'humilité à des questionnements humains profonds. Une lecture idéale en cette période de doutes, de remise en questions, de lourdeur mais je l'espère pleine de belles promesses.

Les Miracles du bazar Namiya de Keigo Higashino - traduit du japonais par Sophie Refle - Actes Sud - 2020

vendredi, mai 01, 2020

Six Songs for Invisible Gardens par Green-House