Place aux Jeunes de Leo Mc Carey, 1937

Place aux Jeunes de Leo Mc Carey, 1937




Il y a quelques jours j'ai découvert la première version d'Elle et Lui de Leo Mc Carey (1939), bouleversante et qui permet de mieux comprendre le remake qu'il en proposait lui-même dans les années 50 avec Deborah Kerr et Cary Grant.

Ce réalisateur m'a intrigué et je suis allé faire des recherches qui m'ont permis de comprendre rapidement qu'il avait inspiré Ozu pour son Voyage à Tokyo à travers son film de 1937 intitulé Place aux jeunes.

C'est donc hier que j'ai pu le visionner pour la première fois. Et des fois, il y en aura beaucoup d'autres, mais je voulais en parler dans la joie extatique de la découverte. Pour dire à quel point j'ai ressenti l'inspiration d'un sourire de Setsuko Hara à travers la bonté, la bienveillance de cette vieille femme par exemple.

Mais reprenons les choses dans l'ordre. C'est l'histoire d'un couple à la fin de sa vie. Les enfants ne savent pas quoi faire de leurs parents dont la banque va saisir la maison. Ils décident finalement de les séparer, la mère chez un des fils, le père chez une des filles. C'est intenable évidemment, trop de différences de générations, de cultures, s'entrechoquent au quotidien et donnent un bon portrait de l'enfer sur terre. Mais ce serait sans compter sur l'amour et l'infinie capacité à se renouveler de ce couple vieillissant. La fin, les fins en quelque sorte qu'ouvre ce chef d’œuvre tout à fait unique sont foisonnantes. Elles nous interrogent sur notre humanité, sur la vie elle-même, son parcours, ses choix. C'est une découverte à partager et j'attends tous vos commentaires. Bon visionnage!

Time to drink champagne!


RKO sur l'Avenue

Merci au Père Noël de l'Avenue de m'avoir apporté ce magnifique coffret 25 dvds, que de merveilles à chroniquer en 2013... Des détails sur le site dédié ici.




La mala educacion de Pedro Almodovar


La mala educacion de Pedro Almodovar

Cela faisait trop longtemps que nous n'avions pas revu ce film. A n'en pas douter, un de nos préférés du réalisateur. Merci à Sébastien Paul Lucien de nous avoir donner envie de le revoir grâce à son article que vous pouvez lire ici

extrait :
La savante et labyrinthique imbrication de séquences met en valeur ce tissage entre les fictions en jeu dans l'intrigue : un réalisateur construisant son prochain film autour d'une nouvelle mettant en scène son premier amour, écrite par celui-ci. Récit en flash-back sur l'enfance, film dans le film,  récit du tournage, narrations parallèles, se croisent et se mêlent avec des audaces que seul Almodovar peut se permettre.



Jack Kerouac french Interview Beatnik



Lame de fond, Ange et On the Avenue ... From the Avenue

Joie immense en cette période de l'Avent : regarder des films en noir et blanc, pelotonné au chaud tandis qu'il fait froid dehors.

Lame de Fond de Vincente Minnelli avec la sublime Katharine Hepburn est un vrai bijou trop méconnu. Sublime de part en part pour une construction follement moderne pour l'époque (1946). Plus de détails ici.
Lame de fond, Ange et On the Avenue ... From the Avenue
Ensuite l'excellent On the Avenue (1937) qui sonne si bien avec le nom de ce blog. Et puis l'amour bien sûr entre show business et fortune New-Yorkaise.

Lame de fond, Ange et On the Avenue ... From the Avenue

Et le meilleur pour la fin, un film de Lubitsch que je ne connaissais pas encore : Angel (1937), illuminé par Marlene Dietrich, mais pas seulement. Un double jeu permanent et extatique à découvrir d'urgence. On y trouvera des échos à l'inoubliable Design for living (Serenade à trois).
C'est bien le froid et la pluie quand il y a tant de films fabuleux à voir et à revoir.

Peer Kusiv - Natur & techno

Peer Kusiv - Natur & techno
Découverte du jour ! (merci à Lennyhouse)
Album à télécharger gratuitement sur son site



Daho : Le tour de l'été sans fin...

Daho : Le tour de l'été sans fin...programme officiel
Daho : Le tour de l'été sans fin...programme officiel
Daho : Le tour de l'été sans fin...programme officiel
Daho : Le tour de l'été sans fin...programme officiel
Daho : Le tour de l'été sans fin...programme officiel

Ce matin, j'ai retrouvé dans un placard, rangé entre plusieurs piles de magazines, le programme de la tournée Le tour de l'été sans fin...acheté lors d'un concert à Rennes au printemps 2001...j'ai alors mis dans la platine Monsieur Daho, la double compilation sortie l'année dernière, monté le volume...

A single man by Tom Ford


“For the past eight months, waking up has actually hurt. The cold realization that I’m still here slowly sets in… Just get through the goddamn day. A bit melodramatic, I guess. But then again… my heart has been broken. I feel as if I am sinking, drowning… can’t breathe.”



Double indemnity by Billy Wilder




Double indemnity de Billy Wilder en couverture de Film noir (éditions Tashen). Le livre consacre une partie à ce film culte de 1944.

Le film commence par les confessions de Walter Neff (Fred MacMurray), un vendeur d'assurances. Blessé à mort, il dicte sur bandes magnétiques (à destination de son patron, Keyes) ses aveux à propos d'un meurtre. Ayant raté le crime parfait, Neff et sa complice, Phyllis (Barbara Stanwyck) subiront le sort prédit par Keyes (Edward G. Robinson)
Un meurtre n'est jamais parfait. Tôt ou tard, ça foire. Quand deux personnes sont impliqués ça foire encore plus vite que prévu...Ils ont commis un meurtre. Ce n'est pas comme une balade en tram où chacun peut descendre quand il veut. Ils sont coincés ensemble et doivent se taper tout une ligne jusqu'à la tête de station. C'est un aller simple et le terminus, c'est le cimetière.

Un grand film noir que nous avons revu avec plaisir le week-end dernier.

Dès 1945, l'article de Lloyd Shearer dans le New York Times identifiait "Assurance sur la mort" comme le début d'une "tendance hollywoodienne à la production en masse d'histoires criminelles musclées, lubriques et sanglantes, toutes coulées dans le même moule : un meurtre au mobile plausible assaisonnée de fortes connotations freudiennes". Jean-Pierre Chartier, le critique français qui créa le terme "film noir" en 1946 convenait que le film n'avait pas de "gentil" et que tous ses personnages étaient plus ou moins vénaux.(p.27)

A la recherche du temps perdu de Marcel Proust en manga

A la recherche du temps perdu de Marcel Proust en manga SOLEIL
Surpris quand j'ai vu cette couverture et tandis que j'adore l'écriture subtile de Proust, je ne pouvais pas résister à l'envie de cette lecture aussi rapide que délicieuse. Les dessins, bien qu'ils suivent les codes habituels du manga, ne sont pas d'une qualité irréprochable. Ils ne sont pas signés de la plume d'un mangaka, mais plutôt du studio qui les a réalisés. Alors, autant le dire d'emblée, on ne verra pas la mer et encore moins "les mers" à Balbec, juste un ou deux traits qui la suggèrent. Le côté de chez Swann et celui de Guermantes sont coupés à la serpe et leur réunion catapultée sous les traits pailletés d'une Mademoiselle de Saint Loup d'opérette. La description puis l'évolution du Baron de Charlus est tellement résumée qu'on évite de hurler de rire parfois. Les scènes d'amour sont bien loin des Catleyas. Mais il réussit tout de même à boucler la boucle du temps proustien ce qui n'est pas une mince affaire en si peu de pages et avec si peu de mots.

Proust, à travers cette œuvre multiple, a redéfini le temps et l'identité, mais ici on se propose plutôt de raconter les événements. C'est un peu comme si vous avez déjà eu la chance d'approcher dans la vie réelle un tableau de Francis Bacon et qu'on vous donne à voir un Polaroid de l’œuvre, photographie instantanée, partielle, partiale et forcément tronquée, vidée de sa substance. Un cliché de l'éternité.

C'est justement là où les choses deviennent intéressantes, Soleil Manga le précise dès le début, ce livre ne se substitue pas au roman de Marcel Proust mais il a pour seul but de donner envie de le lire ou de le relire. Et je dois bien avouer que cela a fonctionné. Après l'avoir refermé, j'ai eu une envie folle de reprendre, de nouveau, comme on peut le faire à tous les âges de la vie, l'original.

Pour vous convaincre de faire de même, laissons nous bercer encore un instant par l'inoubliable fin du Côté de Chez Swann :

Les lieux que nous avons connus n'appartiennent pas qu'au monde de l'espace où nous les situons pour plus de facilité. Ils n'étaient qu'une mince tranche au milieu d'impressions contiguës qui formaient notre vie d'alors; le souvenir d'une certaine image n'est que le regret d'un certain instant; et les maisons, les routes, les avenues, sont fugitives, hélas, comme les années.

A l'ombre - Mylène Farmer / Laurent Boutonnat