Le pays des merveilles de Giuseppe Culicchia

Le pays des merveilles de Giuseppe Culicchia 
Voici un très beau roman sur l'adolescence. Nous sommes à Turin pendant l'année 1977. Attila a quatorze ans et nous raconte son quotidien d'écolier en comptabilité avec ses deux copains, Franz et Mollo, seuls garçons de la classe. Alors bien sûr, ça rigole, ça fait des plans sur la comète, ça fait des conneries, ça rêve, ça doute...une adolescence comme il y en a tant. 

Pourtant, le personnage d'Attila est attachant. Timide il n'ose aborder une fille en terminale. Il paraît bien fade à côté de Franz, fasciste, qui décide de le convaincre de devenir punk. Deux adolescents que tout oppose mais dont l'amitié est sans faille.

Des scènes assez drôles à l'école ou à la maison, avec la mère bigote d'Attila. De passages tendres et émouvants lorsque Attila va régulièrement rendre visite à son chêne auquel il se confit et qui le relie à son enfance, ou ses moments partagés avec son grand-père. 

Enfin, les correspondances d'Attila avec sa grande soeur partie à Milan pour ses études, qui jalonnent le roman. En toile de fond, les évènements politiques de l'année 1977 qui fut marquée par des attentats des brigades rouges et de violents affrontements entre étudiants et forces de l'ordre. Ces "années de plombs" donnent une amertume au roman qui rejaillit à travers la rébellion de Franz contre la société et le gouvernement italien corrompu. Pourtant, alors que la légerté et l'insouciance prédominent tout le long du roman, la fin est brutale et inattendue même si en fin de compte le lecteur pouvait le pressentir.  

 

Grow up to be gay

Grow up to be gay 


En souvenir d'un passage sur Nantes il y a quelques années...

Aufgang

 
J'avais envie de découverte...et bien je suis servi. Si depuis quelques années, musique "classique" fréquente les sonorités électroniques, voici un nouvel "ovni" (c'est ce qui est noté sur le sticker du cd :-)) : 2 pianos + 1 batterie. 
J'avais aimé le disque du DJ  Jeff Mills Blue Potential qui avait repris sur scène (au pied du pont du Gard) ses plus grands titres avec l’Orchestre philharmonique de Montpellier. J'avais été emballé par Modern rhapsodies, reprises au piano de titres électros par Maxence Cyrin. Auafgang vient compléter ces rencontres classique-électro. 

Aufgang 
Franscesco Tristano et Rami Khalife sont des pianistes classiques, l’un branché par Bach et l'autre par Rachmaninov. Le troisième, Aymeric Westrich, à la batterie (ex batteur de Cassius) apporte la touche électro, rock and co. 
Un article assez intéressant : ici  


Leur premier album est sorti à la rentrée chez Infiné/Discograph. Pour vos oreilles, quelques vidéos de ce trio. Bon week-end !






 
 

La ballade de l'impossible de Haruki Murakami






















Oeuvre d’une ampleur exceptionnelle, placée sous le parrainage de Salinger et Fitzgerald, La Ballade de l’impossible est le livre qui a révélé Haruki Murakami. Un superbe roman d’apprentissage aux résonances autobiographiques, dans lequel l’auteur fait preuve d’une tendresse, d’un charme poétique et d’une intensité érotique saisissants.
Au cours d’un voyage en avion, le narrateur entend une chanson des Beatles : « Norwegian Wood ». Instantanément, il replonge dans le souvenir d’un amour vieux de dix-huit ans.
Quand il était lycéen, son meilleur ami, Kizuki, s’est suicidé. Kizuki avait une amie, Naoko. Ils étaient amoureux.
Un an après ce suicide, le narrateur retrouve Naoko. Elle est incertaine et angoissée, il l’aime ainsi. Une nuit, elle lui livre son secret, puis disparaît...

Très beau roman d’apprentissage d’un jeune étudiant dans le Japon de la fin des années 60. Comment trouver sa place parmi les siens ? Watanabe est un jeune homme à la fois surprenant, attachant, froid, réservé, franc, silencieux, lucide. Il fait parti de ce monde tout en essayant de s’y extraire, de se préserver. Le talent de Murakami réside dans la description de la vision de ce jeune adulte sur le monde qu’il l’entoure, sur l’attachement des êtres entres eux (amitié, amour), la place de la sexualité. Une ballade enrichissante, émouvante et sincère. 


 version poche

Le contour de toutes les peurs de Guillaume Guéraud

Le contour de toutes les peurs de Guillaume Guéraud

Clément revient à la maison après les cours. C’est un jour comme les autres. Il habite avec sa mère avocate. En rentrant, il croit l’entendre à l’étage en train de passer ses nerfs dans son bureau à déchirer des papiers. Mais lorsqu’il monte la voir, il voit un homme de dos. Il est tétanisé de peur et n’ose plus bouger. L’homme se retourne et commence à le cogner puis le ligote. Il veut tuer sa mère mais comme elle est absente, il passe ses nerfs sur l’adolescent.

Encore un roman coup de poing de Guéraud au même titre que Je ne mourrais pas gibier. La scène de l’agression est disséquée, l’écriture se veut précise. La réussite je pense, vient de ce que ressent Clément à chaque seconde. Même s’il est terrorisé, Clément va penser à des choses complètement futiles à priori (le classement alphabétiques des dvd sur l’étagère qu’il aperçoit devant lui pendant qu’il se fait maltraiter, son attirance pour sa prof d’anglais, la reverra-t-elle ?) qui apportent énormément dans le réalisme.

Guéraud n’est pas du tout complaisant avec ses personnages et son lecteur. Puis vient les premiers jours après l’agression, la peur de Clément de voir son agresseur à tous les coins de rue. Sauf que son agresseur revient…et c’est là où le roman prend encore plus d’épaisseur. Comment (sur)vivre après une agression ? Guéraud reste toujours dans l’actualité, pose en trame de fond les questions sur le dysfonctionnement de la justice.

Arrivederci, amore ciao, un film de Michele Soavi

Arrivederci, amore ciao, un film de Michele Soavi 
Ex-militant d'extrême gauche, Giorgio a passé plusieurs années en Amériques centrale pour échapper à la justice. De retour en Italie où il sollicite sa réhabilitation, il se retrouve en prison, mais voit sa peine allégée en devenant l'indic d'Anedda, commissaire de police respecté mais véreux.A peine libéré, il compte monter un très gros coup et sombre inexorablement dans une spirale faite de violence et de crime

Noir, c'est noir....immoralité absolue. Le film, avec un début assez lent ne m'a pas entièrement convaincu même si j'ai pris plaisir à le regarder. A noter que l'acteur principal du film, Michele Placido, est le réalisateur du film Romanzo Criminale.Une critique du site critikat que je partage entièrement.

Ce film de 2006 est tiré du roman , Arrivederci, amore de Massimo Carlotto, éditions Anne-Marie Métailié (2003).

Park life de Yoshida Shuichi

Park life de Yoshida Shuichi picquier

Laissez vous bercer par ces petits riens du quotidien, ces instants de vie. Un petit moment de délice. Il ne se passe pas grand chose, mais où l’on savoure, comme les personnages de ce court roman, les moments passés dans ce parc, petite bulle d’air dans la ville en ébullition permanente. Une fois le livre refermé, on ouvre les yeux en toute sérénité, reposé, apaisé.

A noter que ce roman vient de sortir en poche en janvier !

Le mot de l'éditeur
Ce petit roman est une bouffée d’air pur dans la vie affairée et raisonnable des citoyens du XXIe siècle que nous sommes. Un air venu du parc de Hibiya à Tôkyô, où l’on pénètre sur les pas d’un jeune employé légèrement excentrique, et soudain « l’exhalaison de terre et d’herbe vous chatouille les narines ». Là, il croise une triathlonienne consommatrice de bains moussants, rencontre un vieil homme qui fait voler un capricieux aérostat rouge, rêve, médite, s’exerce à chambouler la perspective pour voir le monde autrement. Il arrive que s’y nouent des idylles, à peine plus tangibles que le bruissement des pigeons qui s’envolent. Ce récit a le charme des parenthèses qui s’ouvrent parfois dans la vie pour laisser entrer l’enchantement, comme un léger vertige de déraison. La ville n’est pas loin, les buildings cernent l’horizon, mais dans cet espace clos et protégé, se jouent les menues aventures qui donnent son goût unique à l’existence, la petite musique d’un grand parc au cœur d’une immense capitale.
Park Life a été couronné en 2002 du prix Akutagawa, le Goncourt japonais.

Playmobil, en avant les histoires









Allez hop, c'est l'heure de ressortir ses vieux playmos rangés au fond du placard, de les faire lustrer et de les exposer fièrement sur sa table de salon ! Sinon piquez ceux de vos voisins, de vos enfants et petits enfants, histoire de leur ouvrir la tête, retrouver le bon chapeau sur le bon bonhomme et les faire sautiller gentiment.

Dans le cadre des 35 ans de Playmobil, le musée des Arts Décoratifs, à Paris, présente l’exposition « Il était une fois PLAYMOBIL » du 10 décembre au 09 mai 2010. C’est la toute première fois en France que l’histoire de Playmobil est retracée dans un musée.


















Playmobil (ethnique), 1981











Lorsque nous vivions ensemble (tome 3) de Kazuo Kamimura


Et voici le dernier tome de cet inoubliable manga. Avec, le premier tome, nous avions été subjugués. Le deuxième tome nous avait laissé k.o.

Dans ce troisième volume, nous retrouvons notre couple laissé mal en point à la fin du tome précédent. C'est le printemps, Kyôko sort enfin de la maison de repos et vient retrouver son amoureux dans leur nouveau petit nid. Après un début un peu plus optimiste, le quotidien reprend le dessus. Et les blessures intérieures de chacun se réveillent. Faut-il tourner définitivement la page de leur histoire ? On se dit que le plus dur est passé et qu'ils vont enfin pouvoir vivre heureux ou du moins apprendre de nouveau à s'aimer....Ok je suis fleur bleue...ça aurait été trop facile. Kazuo Kamimura ne cède  pas à la facilité et prend un malin plaisir à disséquer la rupture de notre couple en nous tenant par les tripes. Il clôt magistralement ce tome et nous laisse orphelin. 


Swap d'Anthony Moore

Swap d'Anthony Moore
























Le mot de l'éditeur :
Un simple échange entre enfants. Une BD contre un tuyau en plastique. Un acte anodin au départ. Seulement avec le temps, le Superman numéro un a pris une immense valeur. Et Harvey, devenu libraire de bandes-dessinées, ne rêve que de récupérer ce comic rarissime. C’est même une obsession, le seul but de sa vie d’adolescent attardé… Mais après toutes ces années d’attente, son scénario longuement mûri va dérailler, et il se retrouvera pris dans un imbroglio incroyable.
Conseil de l’éditeur : ne commencez ce livre que si vous avez du temps, car vous ne pourrez pas le lâcher.

Je viens de voir que Swap venait de sortir en poche dans la collection "Piccolo" aux éditions Liana Levi.

L'ayant lu à sa sortie en 2007, qu'est-ce que j'avais pu rire ! J’avais passé un très bon moment de lecture à relire à haute voix certains dialogues très réussis, notamment les scènes entre Harvey et ses parents bêtes et méchants. Si vous avez envie de vous détendre et de rigoler un bon coup, ce livre est pour vous.

Sukkwan island de David Vann

Sukkwan island de David Vann gallmeister
Après le post de LeFa, voici le mien, histoire de renfoncer le clou.

Avant de commencer ce livre, j’ai évité de prendre la température des critiques de presse et d’avis d’autres lecteurs. Et j’ai bien faît car j’ai eu toute la surprise de ce roman.
Dès les premières lignes, on sent bien qu’il va se passer quelque chose d’important. On sent bien que le jeune Roy qui accompagne son père pendant une année sur une île au milieu de nul part n’a pas du tout envie d’être là. Il commence sérieusement à angoisser devant son père qui manifestement ne s’est pas bien préparé pour survivre. Pourtant la paysage est idyllique : c’est encore l’été, la nature est luxuriante, il fait chaud et ce retour au sources dans une nature vierge et apaisante ne peut que tomber à pic pour renouer entre père et fils. Mais rapidement, David Vann sème le doute, l’angoisse, la peur. Je m’arrête, j’en ai déjà trop dit. J’ai été happé par ce roman. Un vrai choc pour moi. Les interprétations du roman sont multiples et ne manqueront pas de faire débat entre lecteurs.

Après lecture, je suis allé voir sur la toile ce qu'en pensait certains. Beaucoup ont aimé (notamment ici) mais pas seulement (voir la chronique de Cynic63 qui mérite le détour).
Après lecture, je n’ai qu’une envie, de plonger dans le catalogue de Gallmeister pour y faire d’autres découvertes.

De rouge et de sang de Melvin Burgess


-De rouge et de sang de Melvin Burgess

Ce roman fait suite à Rouge sang, mais peut-être lu indépendamment (personnellement, je n'ai pas lu le premier).

Sigurd, âgé de 15 ans est le dernier de la famille Volson. Monté sur Pantoufle, son cheval cyborg, il tue Fafnir, le dragon (qui règne alors sur le royaume) et se baigne dans son sang pour devenir invincible. Cependant, un petit carré de sa peau n'a pas été touché par le liquide magique et le laisse vulnérable. Descendant dans les enfers, il rencontre le belle Bryony, dont il tombe amoureux. Sigurd décide de ressortir pour aller chercher la peau de Fafnir qui permettra à Bryony, enceinte, de quitter Crayley. Mais le monde a changé à la surface. D'étranges créatures se disputent le monde où Sigurd est accueilli comme le sauveur pour prêcher l'amour et la paix même si celle-ci doit passer par d'effroyables massacres.

Melvin Burgess mêle plusieurs genres pour créer un monde de science-fiction, de légendes et de sagas. Il a le talent d'un conteur et sait indéniablement tenir le lecteur en halène. Il vous décrit une bataille avec des flots de sang et à la page suivante, une scène d'amour et de sexe entre le héros et un jeune homme  ou un passage poétique sur ses questionnements existentiels. La quête initiative de Sigurd est dure et violente. Un roman puissant que j'aurais aimé lire au même âge que le héros :)

Premier volet :
À Londres, dans le futur, Val Volson et Conor se déchirent. Chacun d'eux aimerait régner seul sur la ville dévastée, tandis qu'à l'extérieur, sur les Terres Vaines, les Mi-Hommes, ces hybrides hommes-animaux, menacent d'attaquer. Val Volson consent donc à donner sa fille de quatorze ans, Signy, en mariage à Conor, scellant ainsi un traité de paix sans précédent. Siggy, le frère jumeau de Signy, n'accepte pas ce mariage contre-nature : comment peut-on faire confiance à un seigneur de la guerre n'éprouvant aucun sentiment, ennemi juré de la famille, qui plus est? Séparés, le frère et la sœur devront affronter bien des déboires avant de pouvoir, peut-être, se retrouver.
Un grand roman de science-fiction, plein de bruit et de fureur, de larmes et de sang, inspiré d'une ancienne saga islandaise.
 
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La mort heureuse d'Albert Camus (4)















"Il admirait le curieux aveuglement par quoi les hommes, si renseignés pourtant sur ce qui change en eux, imposent à leurs amis l'image qu'une fois pour toutes ils se sont faite d'eux. Pour lui, on le jugeait selon ce qu'il avait été.Comme un chien ne change pas de caractère, les hommes sont des chiens pour l'homme."

"L'après-midi, quelquefois, il marchait le long de la plage jusqu'au ruines sur l'autre pointe. Il se couvhait alors dans les absinthe et la main sur la chaleur d'une pierre il ouvrait ses yeux et son coeur à la grandeur insoutenable de ce ciel gorgé de chaleur."


"Il lui fallait maintenant s'enfoncer dans la mer chaude, se perdre pour se retrouver, nager dans la lune et la tiédeur pour que se taise ce qui en lui restait du passé et que naisse le chant profond de son bonheur."

Salinger n'est pas mort

Pourquoi?
Parce que pour tous ses lecteurs, l'auteur de "L'attrape-coeurs" leur a parlé.
Comme directement, par une sorte de conversation intime, rendue possible par ce style si particulier, si éternellement adolescent.

Annie Saumont, dont la prose est elle aussi troublante parce qu'ancrée dans l'enfance, en propose une traduction en français où elle transpose les tics de langage du New York des années 40 vers un français de Banlieue plus contemporain. A chaque âge son interprétation, et le travail qu'elle a réussi sur cette oeuvre superbe mérite d'être relu d'urgence.

Pour les anglophones, le superbe site Dead Caulfields fournit depuis de nombreuses années des informations rares dans un style que j'affectionne particulièrement. C'est à cette adresse que j'ai trouvé l'image qui suit, en référence à l'épiphanie de Holden qui se demande à Central Park où les canards vont lorsque le lac est gelé...

La mort heureuse d'Albert Camus (3)















"Tout au long du voyage, contemplant les jeux de l'eau et de la lumière, le matin puis le cœur du jour et le soir sur la mer, il accorda son cœur aux lents battements du ciel et revint à lui-même. Il se méfiait de la vulgarité de certaines guérisons. Étendu sur le pont, il comprenait qu'il ne fallait pas s'endormir mais veiller, veiller contre les amis, contre le confort de l'âme et du corps. Il avait à construire son bonheur et sa justification."

"La mer se froissait lentement contre les flancs du navire. Le ciel se chargeait des forces extrêmes et de larmes et de soleil, cette vie dans le sel et la pierre chaude, il lui semblait qu'à la caresser toutes ses forces d'amour et de désespoir se conjugueraient. Là étaient sa pauvreté et sa richesse unique. C'était comme si, marquant zéro, il recommençait la partie mais avec la conscience de ses forces et la fièvres lucide qui le pressaient en face de son destin."

Sukkwan island de David Vann



C'est une lecture qui commence par la découverte de ceci, le sentiment troublant de lire une écriture neuve. Dépouillée. Et ceci dès les premières pages proposées sur son site par l'excellent éditeur Gallmeister.
C'est un livre qu'on ne peut pas fermer, qui m'a emporté loin, très loin, si loin, bien au-delà de l'Alaska en fait. A l'intérieur même des personnages.
Le fils d'abord et son père ensuite.
Et de là, commencer à comprendre la paternité. La folie. Le courage. L'angoisse. L'avenir est-il encore possible?
C'est étrange, mais je ne veux tellement pas gâcher le plaisir de la découverte que je n'en veux rien dire de plus, si ce n'est : achetez cet ouvrage de toute urgence, il en va de ces lectures qui changent la vie.
Puis relire d'autres ouvrages par la suite, et réaliser à quel point ce livre-là en modifie le souvenir, ce sera le sujet d'un autre message à retrouver bientôt sur ce blog. Mais avant cela, je crois que je vais chercher à en savoir plus sur l'oeuvre de david Vann que l'on retrouve sur son site ici.


Les introuvables du week-end

La mort heureuse d'Albert Camus (2)















Le bonheur...

"Maintenant encore, si j'avais le temps...je n'aurais qu'à me laisser aller.Tout ce qui m'arriverait par surcroît, eh bien, c'est comme la pluie sur un caillou.Ca le rafraîchit et c'est déjà très beau.Un autre jour, il sera brûlant de soleil. Il m'a toujours semblé que c'est exactement ça, le bonheur"

"Je pense à ces lèvres que j'ai baisées, à l'enfant pauvre que j'ai été, à la folie de vie et d'ambition qui m'emporte à certains moments. Je suis tout cela à la fois. Je suis sûr qu'il est des moments où vous ne me reconnaîtriez pas.Extrême dans le malheur, démesuré dans le bonheur, je ne sais pas dire."

"Je ne ferais pas de ma vie une expérience. je serais l'expérience de ma vie..."

"Bien sûr, j'ai raté ma vie. Mais j'avais raison alors : tout pour le bonheur, contre le monde qui nous entoure de sa bêtise et de sa violence"

Sherlock Holmes de Guy Ritchie

 
Belle surprise pour ce Sherlock relooké. Certains crieront à la trahison...nous, on a beaucoup aimé. Le duo fonctionne à merveilles et l'esprit de Conan Doyle (déduction à partir du moindre détail) est toujours présent. A noter la B.O.F. qui indéniablement contribue à la réussite du film. Et puis Jude Law en Watson....parfait ! Enjoy ! 


La mort heureuse d'Albert Camus

 La mort heureuse d'Albert Camus

En 1938, Albert Camus abandonne son premier roman, La mort heureuse, pour commencer à rédiger L’étranger. Ce premier projet romanesque, publié à titre posthume, est riche pourtant de descriptions lumineuses de la nature et de réflexions anticonformistes. Le héros, Meursault, recherche désespérément le bonheur, fût-ce au prix d’un crime. Son parcours est nourri de la jeunesse difficile et ardente de Camus ; ses choix et ses pensées annoncent les récits et les essais à venir.

Patrice Mersault, décide de tuer un homme, Zagreus, infirme dans un fauteuil roulant et surtout très riche. Selon lui, grâce à cet argent il pourra accéder au bonheur. Et puis pour être heureux, il faut du temps , alors Mersault décide de quitter sa petite amie, son travail et part voyager. Il reviendra à Alger pour habiter  seul dans une maison au bord de la mer. 
A mes yeux, ce premier roman "inachevé" est une merveille.Cette quête du bonheur, thème récurrent dans l'oeuvre de Camus m'a transporté. C'est avec émotion que je me suis plongé dans ce roman que je ne connaissais pas. J'ai retrouvé le soleil, la chaleur d'Alger....l'ambiance de L'étranger même si ce roman est très différent. 

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La brigade de l'oeil de Guillaume Guéraud

La brigade de l'oeil de Guillaume Guéraud folio sf

En 2037, les images sont interdites depuis 20 ans depuis la loi Bradbury. La brigade de l’oeil est chargée de brûler toutes les images et les yeux de ceux qui les possèdent. Sous cette dictature, Kao, 15 ans deale des images et rêve de voir pour la première fois de sa vie un film. Une rumeur circule : des centaines de films auraient survécus...Il sera poursuivit par le chef de la brigade de l’oeil qui applique sans aucun état d’âmes la loi.
Grâce à la loi, la violence aurait très fortement baissée. Face à la quasi disparition des images, un autre trafic hautement plus dangereux s’est accru, celui des gélules de sommastral. Les images ne sont pas les seules drogues qui intoxiquent la population, c’est l’opium lui même le principal composant de ces gélules. Les gens les ingurgitent pour aller toujours de l’avant, laissant derrière eux leur passé : des souvenirs qui deviennent flous et s’effacent peu à peu...

Très bon roman d’anticipation qui rend hommage à Fahrenheit 451 et au cinéma. Guéraud frappe fort une fois de plus. Sa plume est toujours acerbe, tranchante et directe. Les personnages sont fouillés, en prise avec leurs démons dans une dictature où règne la peur et la soumission. La résistance clandestine réussira - t - elle à renverser cette dictature avec la projection d’un film retrouvé par miracle ?

A noter que ce roman a été initialement publié aux éditions du Rouergue en 2007.

La brigade de l'oeil de Guillaume Guéraud

Déroute sauvage de Guillaume Guéraud

Déroute sauvage de Guillaume Guéraud

Sur le papier, c'est un voyage scolaire en Espagne, dans le cadre d'un projet pédagogique qui devrait permettre aux élèves de se familiariser avec leur deuxième langue vivante et de découvrir la vallée de l'Aragon. Sauf que ça vire au cauchemar. En pleine nuit, au coeur des Pyrénées, le bus quitte la route et bascule. Une chute vertigineuse et un amas de corps broyés entre la tôle et le granit. Quelques rescapés s'extirpent des décombres. Ils croient avoir échappé au pire. Mais ils confondent la fin et le commencement. Car trois sauvages sanguinaires surgissent des ténèbres...

Guillaume Guéraud nous offre une parodie des films d'horreur. Ça va vite, ça saigne, ça tue, ça charcute. On est sans cesse en haleine, on reprend son souffle (à la lecture d'extraits de bulletins scolaires, pages de cahiers personnels des élèves, recommandations des professeurs pour le voyage), pour replonger immédiatement , à la scène suivante, dans l'effroi.

L'écrivain prend plaisir à nous faire sourire et à nous faire frémir. Les morts s'accumulent rapidement, l'horreur va crescendo et les clichés du genre sont  tous représentés (fuite, avec une cheville cassée, c'est peine perdue, cabane perdue au milieu de la forêt où les montres sanguinaires vous attendent, téléphone portable qui ne capte pas pour appeler les secours, bordel de merde, pourquoi ça m'arrive à moi  !!!!! des gorges éventrées, des corps sectionnés, estomacs qui se vident, hache plantée en plein crâne...).
Il faut évidemment prendre ce roman au 2ème degré. Certains crieront au scandale devant cette violence  gratuite. Le genre gore est adoré par les ados et Guillaume Guéraud qui nous avait habitué à d'autres romans 'chocs' (dont la violence est traitée différemment, notamment dans Je ne mourrais pas gibier) nous propose un hommage au slasher à prendre comme tel; C'est d'ailleurs en préambule qu'il remercie Tobe Hooper (massacre à la tronçonneuse) et Wes Craven (la colline a des yeux).

On ferme les yeux sur certaines lignes en se disant que c'est dégueulasse, tout en repensant au dernier film  gore de la semaine dernière (Hostel, Vertige...). Les amateurs du genre seront comblés malgré  la brièveté  du roman. Mais rassurerez-vous ne ferez pas de cauchemars, c'est plutôt soft comparé à d'autres romans du genre et pour certains, ça sera une petite récréation.


Guilllaume Guéraud est né en 1972 à Bordeaux. Il a fait des études de journalisme et a travaillé dans divers quotidiens régionaux. Il vit aujourd'hui à Marseille. Il a écrit plusieurs romans pour enfants et ados, publiés notamment aux éditions du Rouergue dans la collection "Do à Do".

Plusieurs blogs qui ont beaucoup aimé :-) ici, ici, et d'autres qui ont vraiment aimé : ici, ici