OGAWA Ito, Le Jardin arc-en-ciel

Le jardin arc-en-ciel - Ogawa, Ito - traduit du japonais par Myriam Dartois-Ako - Editions Philippe Picquier - sortie le 01er septembre 2016

Après avoir découvert cette auteure récemment comme je l'écrivais ici, j'attendais avec une grande impatience ce nouveau roman. Et c'est peu de dire que j'ai été comblé.

En effet, OGAWA Ito trace son chemin littéraire avec une plume délicate, gourmande et généreuse qui offre au lecteur un voyage toujours neuf vers des contrées de l'âme rarement détaillées avec autant de bienveillance.

Ses personnages sont ici au nombre de quatre et vous aurez rapidement l'impression de devenir un membre à part entière de cette famille recomposée, inventée, qui s'est baptisée du nom de Takashima. Une mère en instance de divorce, Izumi, une toute jeune adulte sauvée du suicide qui devient sa compagne, Chiyoko. L'enfant du premier mariage d'Izumi, Sosûke et celui dont Chiyoko va accoucher, Takara, cette fille miraculeuse, ce trésor partagé. La famille ainsi créée va ouvrir une Maison d'hôtes aux couleurs du drapeau LGBT : l'arc-en-ciel. Les règles qui la régissent sont définies:

Le jardin arc-en-ciel - Ogawa, Ito - traduit du japonais par Myriam Dartois-Ako - Editions Philippe Picquier - sortie le 01er septembre 2016

Sous le ciel le plus étoilé du Japon, ces femmes vont s'aimer et partager leur famille et son quotidien avec les visiteurs de cet Eden qu'elles ont renommé le Machu Picchu. 

Bien sûr il y aura d'immenses joies à la hauteur d'immenses tristesses. 

OGAWA Ito offre une fenêtre sur le quotidien japonais (et hawaïen!) tout en simplicité. Elle semble suivre les règles de la famille Takashima et les appliquer à son texte. C'est à dire qu'à chaque page on peut ressentir son honnêteté, son humour, sa joie, sa tristesse, son évidence tragique et forcément son besoin d'être aimée. Et le lecteur ne peut que l'adorer et souhaiter que ses futures oeuvres continuent d'être brillamment traduites chez Picquier. 

L'éditeur a d'ailleurs eu la bonne idée de vous offrir le début du roman ici. Alors, n'hésitez pas, ils vous ouvrent les bras, les membres de l'inoubliable famille Takashima!

Le jardin arc-en-ciel - Ogawa, Ito - traduit du japonais par Myriam Dartois-Ako - Editions Philippe Picquier - sortie le 01er septembre 2016

Le mari de mon frère de Gengoroh Tagame

Le mari de mon frère - Gengoroh Tagame - Editions Akata - tome 1 sortie le 08 septembre 2016.

Yaichi élève seul sa fille. Mais un jour, son quotidien va être perturbé...
Perturbé par l'arrivée de Mike Flanagan dans sa vie. Ce Canadien n'est autre que le mari de son frère jumeau! Suite au décès de ce dernier, Mike est venu au Japon, pour y réaliser un voyage identitaire dans la patrie de l'homme qu'il aimait. Yaichi n'a alors d'autre choix que d'accueillir chez lui ce beau-frère homosexuel, vis à vis de qui il ne sait pas comment se comporter. 
Mais ne dit-on pas que la vérité sort de la bouche des enfants? Peut-être que Kana, avec son regard de petite fille, saura lui donner les bonnes réponses...(présentation de l'éditeur).


Coup de coeur des habitants de l'Avenue !

Aaaaah ! Voici une vraie bouffé d'air frais. Ce manga, avec son ton légèrement naïf et léger aborde la question de l'homosexualité avec talent. Heu...en fait non, pas l'homosexualité mais l'homophobie et les préjugés sur les gays et les clichés qui vont avec. Ce n'est pas non plus un manga militant pour la cause gay. C'est avant tout une histoire qui parle de la famille, de la fratrie, de tolérance. 

Gengoroh Tagame est vraiment malin et brille d'intelligence pour poser les vraies questions pas si évidentes que ça finalement. Et puis, déjà, il sort des stéréotypes du personnage gay auquel on pourrait malheureusement s'attendre (un mec mince, imberbe et efféminé) en proposant un homme baraque, poilu, véritable nounours attendrissant. 

Le personnage de Yaichi, hétérosexuel n'est pas non plus une caricature, pas homophobe, juste un gars qui n'a jamais connu de gay dans sa vie et qui ne s'est jamais posé de questions sur l'homosexualité. L'arrivé de son beau-frère qu'il voit pour la première fois le déstabilise. Il ne sait pas comment se comporter avec lui. Mais il se fait un point d'honneur à l'accueillir comme il se doit, comme n'importe quel membre de la famille, pour que son séjour au Japon se déroule le mieux possible. En effet, Mile Flanagan désire découvrir les lieux de l'enfance de son défunt mari. 



Yaichi doit-il rester en caleçon après son bain, comme à son habitude ? Mais avec l'inquiétude de se faire sauter dessus ? Ça paraît bête comme situation mais c'est on ne peut plus crédible. Evidemment sa fille, Kana va mettre les pieds dans le plat à plusieurs reprises et poser les questions que son père n'oserait poser. Genre : qui fait l'épouse dans un couple d'hommes ?

On pourrait reprocher le caractère presque trop pédagogique du mangaka mais ça fonctionne bien. Un premier tome au fort potentiel, prometteur et qui je l'espère réservera son lot de surprises. Suite prévue le 10 novembre.  

Le mari de mon frère - Gengoroh Tagame - Editions Akata - tome 1 sortie le 08 septembre 2016.

Juste la fin du monde de Xavier Dolan

affiche Juste la fin du monde de Xavier Dolan

Xavier Dolan revient en très grande forme avec son extraordinaire dernier film. Il y transforme la pièce de théâtre de Jean-Luc Lagarce en long métrage et nous offre un voyage de cinéma rare et bouleversant.

C'est une histoire qui se passe "quelque part, il y a quelques temps". Celle d'un fils qui revient après douze ans d'absence dans sa famille pour leur dire qu'il va mourir. C'est ainsi que tout commence mais ce qu'en fait le réalisateur, metteur en scène et monteur canadien de génie a dépassé toutes nos attentes.

En effet, au-delà du texte exceptionnel, l'image, les images, s'imbriquent inexorablement et nous offrent des instants de grâce et de rire mêlés. Comme cette scène irrésistible qui avait été présentée en teaser mais qui, dans son contexte, est encore plus émouvante et drôle tout à la fois. Tragique par définition.



Nathalie Baye y est prodigieuse en miroir d'Anne Dorval dans J'ai tué ma mère, cette mère à la fois vulgaire, haute en couleurs et sensible, attachante à l'extrême. Et surtout aimante, révélant que cet amour qu'elle a pour son fils, rien ni personne ne pourra lui enlever. Et que ces paroles prononcées seraient bien dans une pièce future. Elle est cette mère. Totalement. Tous les acteurs sont d'une justesse folle. Les gros plans sur les yeux fonctionnent à merveille et nous donnent l'impression d'entrer à l'intérieur de leurs âmes perdues à tout instant. Comme si on allait s'y perdre nous aussi. Ce sentiment toujours dans les films de Xavier Dolan d'étouffer, à la limite de l'asphyxie. Et puis on respire! Enfin. Dans les flous, dans les rêves, dans les errements, dans la violence aussi parfois.

J'ai été totalement retourné par le souvenir évoqué au contact d'un matelas de jeunesse d'où sort "Joli Coeur", un amour d'adolescence inoubliable qui m'a rappelé My own private Idaho. Mais on apprend qu'il est mort lui aussi et tout est recouvert par le désert. 

C'est un film brillant et noir, plein de paradoxes. Entre l'amour et la haine qu'il est possible d'éprouver pour sa famille. A la mesure de la vie. Un hymne puissant et envoûtant que j'ai déjà hâte de revoir.

Exposition "Beat Generation" au Centre Pompidou jusqu'au 3 octobre 2016



Exposition "Beat Generation" au Centre Pompidou du 22 juin au 3 octobre 2016

Nous vous parlions fin juin  de notre envie d'aller voir cette exposition consacrée à la Beat generation...ce fut chose faite le week-end dernier! Une expo qui nous a fait voyager dans le temps mais aussi de New-York à Tanger, de Paris à San Francisco.

Exposition "Beat Generation" au Centre Pompidou du 22 juin au 3 octobre 2016
Entrée de l'exposition
A peine arrivés, images, textes au mur, vidéos foisonnent de tout les côtés. L'immersion est totale.  

Exposition "Beat Generation" au Centre Pompidou du 22 juin au 3 octobre 2016

Si bien que nous ne le voyons pas tout de suite, alors qu'il est devant nous...le fameux rouleau original du cultissime "Sur la route" de Jack Kérouac. 36 mètres de textes tapés à la machine sur du papier calque. Beaucoup d'émotions. Impressionnant !

rouleau original on the road sur la route jack kérouac Exposition "Beat Generation" au Centre Pompidou du 22 juin au 3 octobre 2016


L'esprit de la technique du cut-up que l'on doit à Williams S. Burroughs, l'un des fondateurs de ce mouvement littéraire transparaît dans l'expo. Collage, coupage, poésie, expérimentation sur le son, l'image...savamment mise en scène. Les déambulations dans les différents espaces nous font voyager et découvrir les écrivains, artistes, photographes qui se sont réclamés de la Beat generation dans les années 60. 

Exposition "Beat Generation" au Centre Pompidou du 22 juin au 3 octobre 2016

william s burroughs Exposition "Beat Generation" au Centre Pompidou du 22 juin au 3 octobre 2016
Williams S. Burroughs
portrait jack kérouac Exposition "Beat Generation" au Centre Pompidou du 22 juin au 3 octobre 2016
Jack Kérouac photographié par Allen Ginsberg. 
portrait jack kérouac Exposition "Beat Generation" au Centre Pompidou du 22 juin au 3 octobre 2016

Entre 1953 et 1963, Allen Ginsberg a photographié ses amis, des instants de vie...en apportant des commentaires sous chaque photo. Ses photos sont réunies dans un livre : Souvenirs de la Beat generation.


jack kérouac Exposition "Beat Generation" au Centre Pompidou du 22 juin au 3 octobre 2016
Jack Kérouac écoutant sa propre voix...
Exposition "Beat Generation" au Centre Pompidou du 22 juin au 3 octobre 2016
Exposition "Beat Generation" au Centre Pompidou du 22 juin au 3 octobre 2016

Revoir certains électrophones de l'époque. Celui-ci par exemple, nous l'avons à la maison ! Exactement le même.

Exposition "Beat Generation" au Centre Pompidou du 22 juin au 3 octobre 2016
vinyl des enregistrements des lectures de Jack Kérouac
Exposition "Beat Generation" au Centre Pompidou du 22 juin au 3 octobre 2016
vue depuis une des chambres du "Beat hotel" à Paris

allen ginsberg Exposition "Beat Generation" au Centre Pompidou du 22 juin au 3 octobre 2016
L'exposition se finit sur ce très beau portrait d'Allen Ginsberg 
Une très belle exposition vivante, de grande qualité, qui nous a fait revivre une époque et fait découvrir de nombreux artistes. Il ne nous reste plus qu'à nous replonger dans les bouquins de Kérouac, dans la poésie de Ginsberg et de se procurer le catalogue de l'expo que nous avons délaissé avec regret (trop lourd dans le sac à dos!).

Cette expo est encore visible jusqu'au 03 octobre. 

Frantz de François Ozon

Frantz de François Ozon

C'est toujours un plaisir de découvrir en salle chaque nouveau film de ce réalisateur. Une fois de plus, nous allons nous répéter. Mais François Ozon continue à se renouveler, de nous étonner. Et c'est une très belle réussite pour Frantz. Un film sur l'art du mensonge, le mensonge de l'Art. Un mensonge qui fait du bien paradoxalement pour les personnages du film, qui cache une profonde souffrance. 

Pour son 16ème film, François Ozon décide d'adapter une pièce de Maurice Rostand, déjà adapté par Lubitsch dans son film Broken Lullaby en 1932 (il va falloir d'ailleurs mettre la main dessus rapidement!). Il choisit un autre regard, celui d'une jeune femme allemande (jouée par Paula Beer, une révélation !) qui au sortir de la première guerre mondiale, vient se recueillir sur la tombe de son promis, Frantz, mort au combat. Mais elle n'est pas la seule à venir poser des fleurs sur celle-ci et fait la rencontre d'un jeune soldat français (Pierre Niney).

Une histoire qui nous a touché par les thèmes qu'il aborde : le mensonge mais aussi le pardon, le deuil, la mémoire et la nécessité d'avancer, de vivre même si cela semble impossible face à l'atrocité d'une guerre.    

Frantz est un film très esthétique, la photo est sublime. François Ozon choisit le noir et blanc pour filmer. Il ne s'empêchera d'insérer la couleur de manière originale et judicieuse. 

Le noir et blanc vient surtout des repérages. J'avais vraiment envie que le spectateur rentre dans cette période, et qu'il y ait un effet de réalisme et de vérité. Comme toute notre mémoire de 14-18 est en noir et blanc, puisque tous les documents que l'on connaît le sont, vu que nous étions au début du cinéma, j'ai pensé que c'était une manière d'être encore plus imprégné dans cette époque. C'était aussi un choix esthétique car le récit se déroule dans une période de deuil et de souffrance, à cause de millions de morts dans toute l'Europe. On a du mal à l'imaginer en couleurs.

Mon goût naturel va vers la couleur et que j'adore le Technicolor. Et j'étais frustré que certains décors soient en noir et blanc, notamment lors de la promenade dans la nature qui est inspirée des tableaux de Caspar David Friedrich, un peintre romantique allemand, donc j'ai décidé de faire entrer de la couleur à certains moments de bonheur, comme si la vie reprenait. Mais je l'ai fait de manière plus sensorielle que rationnelle ou logique. (source).

Quant aux acteurs, ils portent admirablement le film. Pierre Niney sait jouer de son mystère, dégage une très belle sensibilité. Paula Beer, est à la fois naïve et forte. Son personnage évolue, s'ouvre. Un très beau duo. 

La musique de Philippe Rombi est toujours aussi belle, discrète au début, s'épanouissant au fur et à mesure du film. 

Un très beau moment de cinéma, que nous poursuivrons nous l'espérons dans quelques jours avec le nouveau film de Xavier Dolan, Juste la fin du monde.

Site officiel de François Ozon


Bonne rentrée !

Harry Potter à l'école des sorciers JK Rowling

Cher Mr Potter,

Nous avons le plaisir de vous informer que vous bénéficiez d'ores et déjà d'une inscription au Collège Poudlard. Vous trouverez ci-joint la liste des ouvrages et équipements nécessaires au bon déroulement de votre scolarité.
La rentrée étant fixée au 1er septembre, nous attendons votre hibou le 31 juillet au plus tard.
Veuillez croire, cher Mr Potter, en l'expression de nos sentiments distingués.


Minerva McGonagall
Directrice adjointe