Sarah Records (1987-1995)

La cité tome 1 : la lumière blanche de Karim Ressouni-Demigneux

La cité tome 1 : la lumière blanche de Karim Ressouni-Demigneux


Les murs de Paris sont remplis d'affiches pour la sortie d'un nouveau jeu : La cité. Ce jeu s'annonce comme révolutionnaire. Plus addictif qu'un jeu vidéo, c'est un jeu virtuel où chaque joueur joue en temps réel.

Thomas, 15 ans, va faire parti des dix millions de participants et vite acquérir le pack de jeu : des gants, un bonnet et le boîtier de connexion. Ayant répondu à une série de questions de personnalité, son avatar est crée et c'est parti pour des heures de jeu !

Dans La cité Thomas s’appelle Harry. C'est à la foi lui-même et un autre Thomas.

Il va vite perdre ses repères de gameur et consulter les forums et les groupes de discussion sur Facebook qui pourraient répondre à ses multiples questions dont le but de ce jeu lui échappe. Mais c'est peine perdue. Les réponses des autres participants sont contradictoires et flous. Comme si raconter sa propre expérience de jeu pourrait nuire à sa réussite dans La cité.

Ludovic son meilleur copain va lui aussi faire parti de ce jeu. Mais au fur et à mesure des semaines de jeu, celui-ci semble devenir distant. Pourtant les règles du jeu avaient prévenu les joueurs. Si le but du jeu est de se rencontrer, les amis de la vie réelle ne le seront pas dans la cité.
Thomas, à l'aise dans ses baskets a les pieds sur terre et est conscient que La cité n'est qu'un jeu. Pourtant, tout son temps libre y passe, quitte à délaisser sa famille ou ses amis (qui commencent d'ailleurs à s'inquiéter). il va se laisser guider par cette envie irrépressible de découvrir ce monde virtuel entouré de mystère. Notamment cette intrigante “lumière blanche” qui, depuis l'écran illumine et entoure le joueur afin de l'immerger totalement dans “la cité”. Lorsque Thomas comprend que certains joueurs peuvent mourir, la soif de jouer l'emporte sur la peur.

Jusqu'où peut-on aller quand l'addiction prime sur la raison ? Si les frontières entre réel et virtuel disparaissent, à qui peut-on se fier réellement ? Qui sont les vrais amis ?

Je me suis laissé avoir par cette lecture qui devient vite prenante. Que l'on aime les jeux vidéos ou non, ici peu importe. On se laisse vite emporter par l' histoire. Un récit fluide où l'on tourne les pages sans s'en apercevoir.

Karim Ressouni-Demigneux distille habilement les indices au lecteur (comme au joueur) et nous fait adhérer rapidement à cette cité à la fois fascinante et dangereuse.

Conseil : se munir du deuxième tome à portée de main.

Un autre avis sur Cannibales lecteurs

125 rue Montmartre de Gilles Grangier

125 rue Montmartre de Gilles Grangier

Merci Babette de m'avoir prêté le DVD. Un très bon moment de cinéma avec Lino Ventura toujours aussi excellent et à l'aise avec les dialogues de Michel Audiard, et un inspecteur incarné par Jean Desailly que j'aime beaucoup.

Crieur de journaux dans la rue, Pascal sauve de la noyade un certain Didier, lequel s’est jeté dans la Seine par désespoir. Peu à peu, une singulière mais profonde amitié va naître entre les deux hommes. Très affable, Didier confie à Pascal son lourd secret : héritier d’une grosse fortune, sa femme Catherine cherche à le rendre fou afin de le faire interner. Pascal prend fait et cause pour Didier. Il ira même jusqu'à accepter de se rendre chez lui pour dérober une somme d’argent dont Didier prétend être le propriétaire. Mais la police survient, arrête Pascal et l’inculpe pour meurtre de...Didier!

125 rue Montmartre de Gilles Grangier

Grangier tournera du 25 mai au 12 juillet 1959 ce qui deviendra 125 rue Montmartre. Mais entre-temps est sorti au mois de juin le film qui fut la révélation du Festival de Cannes 1959 : Les 400 coups de François Truffaut. Alors bien sûr, il est facile d'imaginer qu'au moment de sa sortie, 125 rue Montmartre a pâti de ce renouveau du cinéma incarné par des films aussi novateurs, esthétiquement parlant, que Hiroshima, mon amour sorti en même temps que Les 400 coups. Mais heureusement avec le passage du temps, certains films, sortis au mauvais moment, peuvent être réhabilités. C'est le cas de 125 rue Montmartre.

Extraits de l'excellent site dvdclassik  

The Tops, Tender Opposites

Ah! Ca y est! Je le tiens mon album de l'été!

The Tops, Tender Opposites






















Ils sont canadiens, jeunes, très frais, avec ce je-ne-sais-quoi des 80's... à croquer.



à acheter ici

Les enfants terribles de Jean Cocteau

Les enfants terribles de Jean Cocteau
 Couverture dessinée spécialement par Jean Cocteau pour Le Livre de Poche.


L'élève pâle contourna le groupe et se fraya une route à travers les projectiles.
Il cherchait Dargelos. Il l'aimait.
Cet amour le ravageait d'autant plus qu'il précédait la connaissance de l'amour. C'était un mal vague, intense, contre lequel il n'existe aucun remède, un désir chaste sans sexe et sans but.
Dargelos était le coq du collège. Il goûtait ceux qui le bravaient ou le secondaient. Or, chaque fois que l'élève pâle se trouvait en face des cheveux tordus, des genoux blessés, de la veste aux poches intrigantes, il perdait la tête.
La bataille lui donnait du courage. Il courrait, il rejoindrait Dargelos, il se battrait, le défendrait, lui prouverait de quoi il était capable.

Un roman de Jean Cocteau (1925) - Un film de Jean-Pierre Melville (1950)



Maxence Cyrin : the fantasist

Maxence Cyrin : the fantasist

Ce disque est arrivé il y a peu sur l'Avenue...Sorti au printemps dernier, nous l'avons remarqué seulement en ce début d'été. Après deux albums de reprises au piano de morceaux de l'univers pop ou électro (Modern Rhapsodies et Novö piano Maxence Cyrin nous revient avec un album composé entièrement de titres originaux.

Un album joué au piano mais aussi au clavecin sans oublier différents synthés ou l'orgue Hammond qui donnent une couleur vintage, ce qui nous a bien séduit.

Un univers très cinématographique qui invite à la rêverie. Des partitions mélancoliques, des sonorités envoûtantes, un côté entêtant...une belle surprise que j'ai pris plaisir à écouter en boucle. Maxence Cyrin nous offre ses compositions. 


L'homme atlantique de Marguerite Duras

Parce qu'un été, lors du millénaire précédent qui se terminait, j'ai eu la chance de voir et d'entendre, dans une salle particulièrement obscure, ce film inoubliable qu'est l'homme atlantique de Marguerite Duras. C'est un souvenir que je garde précieusement.

La critique qui en avait été faite et que je partage aujourd'hui, je ne la connaissais pas alors et je la découvre aujourd'hui. Troublante, tous comme ces "milliers de pictogrammes noirs" dont on ne se relève jamais tout à fait. 

L'oeuvre de Marguerite Duras me semble toujours plus contenir le monde entier. Comme elle le disait dans le Camion (nous en avions déposé un extrait ici, sans oublier qu'il est ressorti dans une très belle édition dvd) : "Tout est dans tout, partout, tout le temps". Et l'immanence de nous recouvrir. Tout comme ces longues scènes à l'écran noir qui plongeaient la salle dans une obscurité telle qu'il ne nous restait plus qu'à imaginer tout à la fois les personnages, les couleurs, le cadrage, le monde en somme, au son fabuleux de sa voix.

Longue vie à l'oeuvre d'un écrivain dont le génie nous survivra, nous c'est à dire l'humanité telle que nous la connaissons. N'hésitez pas, cet été, à redécouvrir les deux premiers volumes de la Pléiade , qui reprend tous ses textes jusqu'à India Song. Pour la suite, dont le script du film dont nous parlons aujourd'hui, il faudra encore attendre un peu. Mais que sont quelques années face à des émotions aussi fortes que le bruit de ces vagues sur l'océan atlantique?

11 Minutes hors de la folie et de l'agitation télécommandée, plongez pour un voyage initiatique dans un temps ralenti, c'est juste ici et c'est sur l'avenue. 

Harcelée de Jason Starr

Harcelée de Jason Starr rivages noir


Katie Porter réalise son rêve d'enfant : vivre à New York.

Mais elle déchante rapidement. Elle travaille dans un cabinet où son chef passe son temps à la rabaisser et à l'humilier. Côté coeur, c'est pas mieux non plus. Pas facile de trouver le prince charmant qui la fera vibrer. Depuis 15 jours, elle a jeté son dévolu sur Andy, un mec immature qui ne pense qu'à se la faire le plus vite possible.

Mais bon...Katie ne se laisse pas abattre et tient à rester en forme.  Elle est abonnée à un club de fitness où elle tombe par le plus grand des hasard (heu...pas si sûr en fait) sur un ami d'enfance, Peter Wells, qui bosse à l'accueil du centre. Plutôt mignon et avenant, elle espère s'en faire un ami dans cette grande ville où les vraies amitiés sont rares.

Malheureusement pour elle, Peter est amoureux d'elle à la folie et fera tout pour qu'elle le soit aussi. Et ça sans lui demander son avis. Elle va vite devenir hystérique devant ses avances lourdes et démesurées...Un piège se referme petit à petit sur cette pauvre Katie qui n'a vraiment pas de bol dans l'histoire, surtout quant son petit ami attitré se fait étrangler dans Central Park.

J'ai pris un grand plaisir à dévorer ce roman sur la plage. 

Un roman classique dans sa construction : les événements sont racontés selon la version de Katie ou Peter de manière alternée. Mais ça fonctionne à merveille. Jason Starr manie l'ironie à la perfection et fait de ses personnages de vrais stéréotypes : une katie flippée à souhait et un peu trop naïve, un boyfriend quetard, un psychopathe poli et propre sur lui en surface et en réalité complètement taré, un flic proche de la retraite, injustement reconnu par sa hiérarchie dont l'enquête piétine. Jason Starr en profite pour égratigner  notre société : train de vie effréné, culte du corps, travail disqualifiant, sexe... de façon légère mais piquante.

Tous les ingrédients sont réunis pour que les pages se tournent toutes seules avec certes une fin attendue, mais peu importe.  On ne s'ennuie pas une minute, on savoure du début à la fin.

Un très bon moment de lecture. Je ne manquerais pas me pencher sur d'autres romans de cet écrivain que je découvre. Peut-être avec Crise de panique que Bruno a lu et qui me donne bien envie !

Harcelée - Jason Starr - Rivages/Noir - 2012 (réédition, paru initialement en 2008 aux éditions du Rocher)

Ce livre est lu dans le cadre du challenge New-York 2012. Pou y participer, rendez-vous sur Enlivrons-nous.



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Thomas Locke Hobbs Photography

Que l'été vous soit doux, la compagnie rare et de qualité



Suddenly last Summer, 1959, avec les inoubliables : Elizabeth Taylor, Katharine Hepburn et Montgomery Clift.

Il y a quelque chose avec les productions cinématographiques de l'année 1959 qui les rend irrésistibles éternellement (Imitation of life, Some like it Hot, Sleeping Beauty, Les 400 coups, Shadows pour ne citer que ceux qui ont changé ma vie et la vôtre peut-être).