Jean-Louis Murat - Travaux sur la N89

Jean-Louis Murat - Travaux sur la N89 édition vinyle
Jean-Louis Murat - Travaux sur la N89 édition vinyle



Jean-Louis Murat nous revient avec un album en apparence ovni et très différent de ses précédents opus.Quitte à laisser certains fans sur le bord de la route, l'artiste (après une vingtaine d'albums) sait prendre des risques. C'est audacieux, classieux. Nous avons eu un peu peur à la première écoute, et puis rapidement, nous avons accroché véritablement. 

http://www.jlmurat.com/

Film noir - Cycle Orson Welles


Aujourd'hui, place à l'incontournable acteur et réalisateur Orson Welles. Une sélection de 4 films, qui pourra, le cas échéant, être mise à jour au fur et à mesure de nos découvertes.

Fiche IMDB

Citizen Kane 1941
Le criminel (The stranger) 1946
La dame de Shanghaï (The lady from Shangaï) 1947 *
La soif du mal (Touch of evil) 1957

* Top Film noir de l'Avenue

Citizen Kane 1941


A la mort du milliardaire Charles Foster Kane, un grand magnat de la presse, Thompson, un reporter, enquête sur sa vie. Les contacts qu'il prend avec ses proches lui font découvrir un personnage gigantesque, mégalomane, égoïste et solitaire.



Le criminel (The stranger) 1946


Wilson, inspecteur de police chargé de retrouver les criminels de guerre allemands, fait relâcher Meinike, ancien chef d'un camp d'extermination, et le surveille jusqu’à Harper, village américain où l'Allemand retrouve son ancien supérieur, Franz Kindler. Franz, vivant sous le nom de Charles Rankin, est devenu un honorable professeur de collège et épouse Mary, fille du respectable juge Longstreet. Pour éviter les indiscrétions de Meinike, Charles le supprime. Wilson mène l’enquête...

La dame de Shanghaï (The lady from Shangaï) 1947


A Cuba, Michael, marin irlandais en quête d'un emploi, sauve d'une agression une jeune femme, Elsa. Le mari d'Elsa, avocat célèbre, offre à Michael d'embarquer sur son yacht pour une croisière vers San Francisco. Elsa et Michael tombent amoureux et Grisby, l'associé de Bannister, s’aperçoit de cet amour. Il veut disparaître et propose à Michael 5000 dollars pour signer un papier dans lequel il confesse l'avoir tué.

citation du film : Quand je commence à faire l'idiot, rien ne peut m'empêcher de le faire complètement.

Rita ne pouvait tout simplement pas apparaître comme la pin-up très connue ; elle avait besoin d'un look complètement nouveau. Alors nous l'avons tente en blond platine et lui avons coupé les cheveux très courts. Je te laisse imaginer la tête du chef des studios Harry Cohn quand il s'en est aperçu ! (Orson Welles)

Orson Welles livre avec ce film un cas d'école du film noir à la mécanique parfaitement huilée, qui a sans aucun doute influencé tout le cinéma anglo-saxon des décennies suivantes (de Hitchock à Wes Craven. (ecranlarge.com)

La critique de DVDClassik

La soif du mal (Touch of evil) 1957

A Los Robles, ville-frontière entre les Etats-Unis et le Mexique, un notable meurt dans un attentat. L'enquête qui s'ensuit oppose deux policiers : Vargas, haut fonctionnaire de la police mexicaine, en voyage de noces avec sa jeune épouse américaine, Susan, et Hank Quinlan, peu amène vis-à-vis de ce fringant étranger. Dès lors, le couple est séparé : Vargas part avec les policiers pour les besoins de l'enquête et Susan est entraînée chez Grandi, un caïd local qui la menace. Les pressions exercées sur eux ne cessent d'augmenter. 
Vargas échappe de justesse à une projection d'acide ; Susan de retour dans sa chambre d'hôtel, est harcelée par un voyeur. Excédée, elle demande à son mari de la conduire en sécurité, dans un motel américain...

Les films noirs sur l'Avenue, c'est aussi :
Film noir sur l'avenue
Le cycle Robert Siodmak
Le cycle Otto Preminger
Le cycle Robert Wise
Le cycle Nicholas Ray
Le cycle Richard Fleischer 
Le cycle Fritz Lang (1) 
Le cycle Fritz Lang (2)

Le cycle Henry Hathaway
Le cycle Joseph Losey
Le cycle Jules Dassin
Le cycle Jacques Tourneur

Etienne Daho - Eden (édition vinyle)

Etienne Daho - Eden (édition vinyle)

L'Homme qui mit fin à l'histoire de Ken Liu

L'Homme qui mit fin à l'histoire - Ken Liu - traduction de l'anglais de Pierre-Paul Durastanti - Collection Une heure lumière - Le Bélial - 2016.

Deux scientifiques mettent au point un procédé révolutionnaire permettant de retourner dans le passé. Une seule et unique fois par période visitée, pour une seule et unique personne, et sans aucune possibilité pour l'observateur d'interférer avec l'objet de son observation. Une révolution qui promet la vérité sur les périodes les plus obscures de l'histoire humaine. Plus de mensonges. Plus de secrets d'État.(présentation de l'éditeur)

L'Homme qui mit fin à l'histoire est le premier texte que je lis dans la collection Une heure lumière des éditions Le Bélial. Une grande claque pour un auteur que je viens de découvrir. 

L'histoire s'apparente à un documentaire de part sa forme (ensemble de témoignages, exposés, interviews). Si cela m'a paru un peu déroutant au départ, je suis entré petit à petit dans cette histoire que je ne connaissais absolument pas, celle de l'unité 731, un projet japonais de recherches bactériologiques qui a permis des expérimentations sur des cobayes humains chinois à grande échelle de 1933 à 1945. L'Unité 731 est aujourd'hui reconnue responsable de crimes de guerre et crimes contre l'humanité. L'État japonais ne reconnaît son existence que depuis 2002

Autant vous dire que le récit devient saisissant et très dur.

Ken Liu nous fait réfléchir très habilement sur notre devoir de mémoire en prenant comme prétexte le voyage dans le temps. Ce qui n'en fait pas une histoire futuriste mais paradoxalement une histoire actuelle et nécessaire.

En effet, plusieurs personnes se sont portées volontaires pour retourner dans le passé et connaître la vérité, la décrire afin d'apporter la preuve irréfutable de ce qui s'est réellement passé. Les témoins sont ainsi impliqués au même titre que les scientifiques dans cette recherche historique et sont placés au cœur du sujet que Ken Liu porte admirablement pour éveiller nos consciences.

Mais si l'on maîtrise les faits historiques avec ce voyage temporel, ne risque t-on pas de mettre fin à l'histoire et à toute découverte de la vérité historique ?

La vraie mémoire, il ne saurait y avoir de vraie réconciliation. Sans vraie mémoire, les individus de chaque nation n'ont pas pu ressentir ni se remémorer la souffrance des victime. Individualiser le récit que chacun de nous se fait des événements est un prérequis avant de pouvoir s'extirper du piège de l'histoire. Telle était, dès le départ, la nature du projet nous rappellent les scientifiques.

L'Homme qui mit fin à l'histoire est aussi une formidable réflexion sur le métier d'historien, les questionnements éthiques et juridiques de notre génération face au passé. 

L'histoire est affaire de narration. Dire les histoires vraies qui affirment et expliquent notre existence, telle est la tâche de l'historien. mais la vérité est délicate et elle a des ennemis. Voilà pourquoi, même si nous autres, universitaires, dons la rechercher, nous prononçons rarement le mot "vérité" sans adjoindre des ornements et des réserves. 

Le fait que nous en détenions jamais un savoir total, idéal, ne nous absout en rien du devoir moral qui nous incombe de prononcer un jugement et de prendre position à l'encontre du mal. 

Une novella intense, dense et d'une grande intelligence qui bouscule et nous rappelle l'importance capitale de ne plus nier notre capacité en tant qu'Homme à faire le mal, qui nous permet de retrouver notre humanité à travers la reconnaissance des victimes et des atrocités des guerres.

L'Homme qui mit fin à l'histoire - Ken Liu - traduction de l'anglais de Pierre-Paul Durastanti - Collection Une heure lumière - Le Bélial - 2016.

Le coeur sauvage de Robin MacArthur

Le coeur sauvage - Robin MacArthur - traduit de l'américain par France Camus-Pichon - Collection Terres d'Amérique - Editions Albin Michel - 2017

Bûcherons, fermiers, vieux hippies, jeunes artistes ou adolescentes rebelles, les personnages de ces nouvelles vivent à la frontière de la civilisation et du monde sauvage, dans des endroits reculés du Vermont. Tous cherchent à donner un sens à leur solitude et à leurs rêves, au cœur d’une nature à laquelle ils sont, souvent malgré eux, viscéralement liés. L’eau noire et glacée des lacs, l’odeur des champs en juin, la senteur de la résine,  les forêts à perte de vue… Robin MacArthur évoque avec puissance et grâce cet univers à la fois âpre et beau, où se reflète l’âme de ses habitants.(présentation éditeur)

Marie-Claude et Jérôme m'avaient donné très envie de découvrir ces nouvelles. C'est chose faite et j'ai vraiment bien fait.

Pas facile d'en parler par ailleurs. Ce que j'en retiens, c'est avant tout l'ambiance qui se dégage dans cette région du Vermont aux Etats-Unis où les forêts, la nature sauvage façonnent les paysages et les hommes qui y vivent. J'ai eu envie d'y aller, de toucher les arbres, sentir leur odeur, plonger la main dans l'eau glacée des rivières, écouter le vent, le bruit et les cris des animaux (peut-être pas celui du puma ...lisez, vous comprendrez ;-)). 

Des ballades nocturnes en forêt, des soirs d'été silencieux, une bière à la main, propices à la nostalgie, aux réminiscences de l'enfance, à l'envie d'une autre vie. Le retour à la terre pour certains avec appréhension, joie mélangée d'amertume. Des hommes et des femmes qui vivent dans ces régions par dépit plus que par choix. Des envies de s'échapper du quotidien, de tout recommencer. Des histoires de solitude, d'illusions perdues qui laissent souvent un goût amer. 

Et puis et surtout, l'écriture de Robin MacArthur qui m'a tout de suite plu. J'ai aimé les chutes de ses histoires, ses personnages. De grandes pauses méditatives entre chaque nouvelle. Un très beau recueil d'une grande intensité émotionnelle que j'ai envie d'offrir à ceux que j'aime.

Je continuerais prochainement avec d'autres nouvelles de la collection Terres d'Amérique, avec Courir au clair de lune avec un chien volé.

Le coeur sauvage - Robin MacArthur - traduit de l'américain par France Camus-Pichon - Collection Terres d'Amérique - Editions Albin Michel - 2017