vendredi, décembre 27, 2013

Quai des âmes de Dominique Rocher

Quai des âmes de Dominique Rocher

Vous avez toujours rêvé de passer Noël dans un hôpital psychiatrique? Qu'à cela ne tienne, Dominique Rocher a le cadeau idéal pour vous. Suivez là comme un spectateur ébahi à travers les couloirs blancs et la mort qui rode, ou bien pire encore, dans ce magnifique triptyque publié chez Rivière Blanche.

Quai des âmes offre dès son titre un chemin vers la poésie qui jaillit à chaque phrase. La première partie éponyme nous plonge d'emblée entre les murs blancs, au milieu des fantômes. A la suite de certains personnages, on se plaît à rêver d'une sortie possible vers une certaine forme de liberté, vers le dehors. Dans le parc ou au-delà des murs d'enceinte. Indépassables? Sûrement. Alors la communication comme porte de sortie? Entre vivants? Avec les morts? Avec la Mort elle-même? Ce qui est merveilleux dans l'écriture de Dominique Rocher c'est qu'elle offre plus de questions que de réponses. Elle sait se faire dépouillée et proposer au lecteur de devenir partie prenante dans l'écriture de cette oeuvre bouleversante. Ses blancs traumatisants, on tente de les remplir mais l'atrocité des situations nous en empêche. C'est probablement là encore que réside le grand talent de la narratrice.

Les deux parties suivantes proposent deux angles de vue. Celui de Ned D'abord puis celui d'Olga. Les lieux sont toujours hospitaliers, mais plus orientés vers la cardiologie (spécialité médicale et chirurgicale de Ned). Un vénusien aurait besoin d'une greffe de coeur? Ned connaît-il vraiment son père? et est-ce lui dans ce cercueil de verre dont il a reçu une vidéo par mail? Olga est-elle nymphomane? Les rebondissements sont nombreux et les personnages se mêlent pour parfaire cette incursion dans le milieu des malades qui sont peut-être et avant tout, les soignants eux-mêmes. Si vous comptez survivre à la schizophrénie, il faudra vous y reprendre à plusieurs fois.

Mais comment fait Dominique Rocher pour créer de tels sentiments de malaise et de poésie chez le lecteur? Probablement grâce à sa grande expérience qui me donne envie d'aller chercher plus avant dans sa bibliographie apparemment assez bien fournie. 

A noter également la très belle illustration de couverture qui représente parfaitement le contenu de cet ouvrage troublant.

Simone Signoret interprète Le Jardin de Jacques Prévert

mercredi, décembre 25, 2013

Zombies Gore de François Darnaudet et Catherine Rabier

Zombies Gore de François Darnaudet et Catherine Rabier

Rivière Blanche nous propose avec Zombies Gore un véritable florilège de sang et de tripes superbement écrit. On y trouve la réédition de deux romans publiés en leur temps dans la série GORE (au Fleuve Noir puis chez Vaugirard...), l'ébauche du début d'un troisième inachevé ainsi qu'une postface géniale écrite par David Didelot qui replace avec soin ces écrits en leur temps.

Autant vous le dire tout de suite, j'ai absolument adoré Collioure Trap dans lequel on retrouve des jeux de rôles Donjons et Dragons ou bien encore Chtulhu. Les parties autour de la table permettent de sortir les joueurs d'un morne quotidien afin de devenir mages, paladins, chevaliers et d'affronter de terribles créatures. Si terribles que parfois elles relient réel et virtuel dans d'éclaboussants bains de sang.

Vient ensuite Andernos Trap dans lequel on retrouve la ville progressivement zombifiée par un pharmacien fou. Du grand art, on y prend un plaisir de lecture absolument délicieux et fortement régressif! L'hémoglobine y coule encore plus volontiers que dans le précédent et on ne peut que s'en délecter et savourer chaque goutte.

Finalement la troisième partie de ce chef d'oeuvre inachevé, en partie inédite sous cette forme en tout cas, Trappes Trap voit une incroyable machination de meurtre à ... la carte de téléphone prépayée... collectionneurs à lire avec précaution.

Vient ensuite la postface qui est tout simplement sublime et qui nous explique, pas à pas, le succès puis la mort de la collection Gore du Fleuve noir. Entre autres choses, puisqu'elle revient également sur le grand talent de François Darnaudet et sur les superbes choix éditoriaux de Philippe Ward. . Qu'il soit ici d'ailleurs remercié de nouveau, pour la joie toujours renouvelée de nos nombreux et irremplaçables échanges épistolaires.

Vous avez oublié certains de vos proches que vous aimez vraiment en ce jour de Noël? Alors foncez leur offrir ce superbe ouvrage ici.



lundi, décembre 16, 2013

Vanessa Paradis - Love songs tour - Nantes



Hier, petite virée à Nantes pour aller applaudir Vanessa. Un concert court mais intense où les titres s'enchaînent. 

Vanessa Paradis - Love songs tour

La grosse surprise, Benjamin Biolay sur sur scène tout le long du concert alternant clavier, trombone et violon (homme multi talents !!!) et qui chante avec elle Les roses roses.

Vanessa Paradis - Love songs tour nantes
 Vanessa Paradis & Benjamin Biolay en ombres chinoises - photo perso

Une Vanessa Paradis qui semble épanouie sur scène, dansant sans arrêt, avec grâce, complice avec ses musiciens. 

Vanessa Paradis - Love songs tour nantes

Son dernier album studio bien représenté (Les espaces et les sentiments, love song, station quatre septembre, Mi amor, le rempart), des vieux tubes (notamment Joe Le Taxi, sunday mondays, Tamdem) réorchestrés avec classe (avec les touches personnelles de Biolay sûrement).

Vanessa Paradis - Love songs tour nantes
 
Seul b-mol, La chanson des vieux cons, (qui pour moi est LE petit bijou du dernier album) absente ce soir tout comme By me baby, titres chantés lors des autres dates de la tournée. 

Une bulle musicale partagée en très bonne compagnie, merci Karine !

samedi, décembre 14, 2013

Zulu de Jérome Salle


J'étais impatient de voir ce film, adapté du roman policier de Caryl Férey. J'avais lu le bouquin en 2008 lors de sa sortie. Peut-être LE roman de l'écrivain qui m'a le plus marqué. Il me restait donc quelques scènes chocs en mémoire, mais du côté de l'histoire ça commençait à être flou. Je suis donc allé au cinéma avec le plaisir de me dire que j'allais redécouvrir l'histoire et me laisser surprendre. A la fin du film, j'étais sonné, comme à la fin de ma lecture de l'époque. 

Intense, violent, radical. Pour moi, Jérome Salle a su rester fidèle et retranscrire l'âme du roman avec ces portraits de personnages abîmés et cette Afrique du Sud qui tente de se réconcilier avec son passé. Brillant. 

Caryl Férey trouve cette adaptation réussie, même s'il est conscient que plusieurs coupes ont été nécessaires pour un film calibré de moins de 2 heures. Je suis bien d'accord avec lui. J'aurais peut-être été plus réservé si je venais de lire le bouquin. En tous les cas, cela faisait bien longtemps que je ne m'étais pas régalé avec un polar au cinéma.



Mon avis sur le roman : c'est par ici.   

mercredi, décembre 04, 2013

Montage de Jun Watanabe

Montage – Jun Watanabe – Big Kana – 2013

En 2004, Yamato Narumi n'a que 10 ans et Miku Odagiri,12 ans lorsqu'ils ont le malheur, en empruntant une ruelle sombre au retour de l'école, de tomber sur un homme agonisant, plein de sang. Ce dernier, avant de mourir, reconnaît Yamato et lui révèle que son père est l'homme qui a commis le célèbre vol de 300 millions de yen en 1968. Or cette affaire avait fait grand bruit à l'époque mais n'a jamais pu être élucidée. Bientôt, le père de Yamato est retrouvé mort, noyé après avoir emprunté une barque pour aller pêcher...Devenu orphelin, Yamato est recueilli par la famille de Miku.

Montage – Jun Watanabe – Big Kana – 2013
En 2010, nous retrouvons Yamato et Miku, à présents adolescents. L'affaire du vol et le passé du père de Yamato ressurgissent. Rapidement, les jeunes ados vont être, malgré eux, embarqués dans cette affaire. 

Montage – Jun Watanabe – Big Kana – 2013
Cela faisait bien longtemps qu'un manga ne m'avait pas autant captivé (cela remonte à ma lecture, il y a des années du sublime Monster - les deux mangas étant pour moi comparables au niveau intensité de lecture/plaisir+++). 

Deux premiers tomes menés tambour battant où les personnages principaux sont mis sous pression et doivent réagir et faire des (bons) choix pour découvrir le passé. Aucun temps mort pour une lecture effrénée ! J'ai trouvé que le récit alternait habilement les scènes de 2004 (au début) celles de 2010 et les flashbacks de 1968, donnant un rythme intéressant à l'histoire. Le lecteur apprendra assez vite que certains membres de la police sont corrompus et en contre partie les ados trouveront des alliés inattendus. 

Si je résume bien : un scénario accrocheur, un très bon rythme, un dessin très réaliste, une vraie réussite pour le moment. Je suis impatient de lire la suite.

Parution du tome 3 le 06 décembre 2013 (youhou !) et le tome 4 le 21 mars 2014 (grrr...)

Montage – Jun Watanabe – Big Kana – 2013 (13 tomes en cours au Japon) 
+ d'infos : ici

dimanche, décembre 01, 2013

The Toxic Avenger - Romance & Cigarettes





Deux titres extraits de l'album Romance and cigarettes 
 sorti le 07 octobre 2013.

 Photo perso de l'album physique avec une paire de lunettes !

lundi, novembre 25, 2013

Les chansons de l'innocence retrouvée de Étienne Daho

Les chansons de l'innocence retrouvée de Étienne Daho détail vinyl cd

Une semaine que le nouvel album d'Étienne Daho tourne en boucle sur l'Avenue...

A la première écoute, on est déjà conquis, accros. Album, certes ultra produit, mais top, une vraie merveille. L'attente fut longue depuis L'invitation en 2007 (qui nous avait moins emballé), mais cela valait le coup. Force est de constater que le projet Le condamné a mort avec Jeanne Moreau a laissé de nombreuses traces, jusque dans l écriture, la façon dont Daho pose sa voix (notamment sur les titres : L'homme qui marche et Le malentendu).

Le premier single Les chansons de l'innocence retrouvée sorti en juin dernier annonçait une couleur disco à l'album. Daho l'a souligné dans plusieurs interviews récentes, il a beaucoup écouté de musique soul, de disco ces dernières années. Il s'en est magnifiquement imprégné pour nous offrir des titres très efficaces : Les torrents défendus avec la complicité de Nile Rodgers ou encore L étrangère avec Debbie Harry.

Si La peau dure, deuxième single sorti en octobre juste avant l'album est un bon choix pour promotionner l'album, il reste presque trop évident mais d'une grande efficacité.

Dominique A offre à Daho un très beau titre En surface dont la version en duo sur le CD bonus de l'édition limitée vaut le détour. Les deux titres inédits (Bleu gitanes et Les lueurs matinales) du même CD bonus sont assez bonnes mais on comprend qu'elles aient été écartées de l'album qui, avec ses 11 titres, est très homogène à l'écoute.

Polydor fait plaisir aux fans en proposant un support 45 tours des deux singles sortis.
Les chansons de l'innocence retrouvée de Étienne Daho
                                                           45 tours La peau dure - photo perso

Il nous faudra plusieurs semaines pour apprécier à sa juste valeur les textes riches en double lecture. 

Vous l'aurez compris, un album coup de coeur avec une pop énergique qui va devenir à n'en pas douter un de nos albums préférés aux côtés de Paris ailleurs et Corps et armes.

Vivement l'automne 2014 pour aller applaudir Monsieur Daho sur scène !

lundi, novembre 18, 2013

Du vide plein les yeux de Jérémie Guez

Du vide plein les yeux - Jérémie Guez - La Tengo Editions - 2013

Jérémie Guez m'avait bluffé avec son premier roman Paris la nuit (voir ma chronique). Il récidivait avec Balancé dans les cordes (voir ma chronique - Prix SNCF du Polar 2013, Prix Sang d’encre 2012). J'étais donc impatient de lire le dernier volet de cette trilogie parisienne. Je ne doutais pas un instant que j'allais me régaler. Mais bon voilà, le problème c'est que je suis gourmand (est-ce vraiment un problème me direz vous ?). J'ai savouré ma lecture mais je suis un vrai goinfre. Ce roman se lit d'une traite tellement c'est bon. 

Décidément, l'écriture de Jérémie Guez gagne en fluidité, en profondeur. Toujours aussi percutante et incisive. Côté histoire, l'idée de départ est plutôt classique voire déjà vu. Mais peu importe. Ça fonctionne très bien. J'ai marché à fond. L'intrigue qui paraît simple à première vue gagne en complexité avec un scénario encore plus fouillé et réussi que les deux précédents romans.
A certains moments, j'étais crispé et tendu, tournant les pages pour comme un malade, retenant ma respiration en me disant : put***, ça va mal tourner. Les scènes d'actions et de bastons sont très réussies. Jérémie Guez sait ménager son lecteur en alternant scènes fortes en adrénaline et moments plus calmes. Ce qui permet de nous faire respirer un peu (difficilement certes mais on en tout de même bien besoin). 

Au delà de l'intrigue, Jérémie Guez continue à nous emmener dans le Paris de la nuit, dans les quartiers difficiles avec son économie parallèle (deal, vol...). Les beaux quartiers ne sont pas épargnés pour autant. Il s'en prend aux hommes de pouvoir, qui envoient leurs sbires pour faire le sale boulot et tentent par n'importe quel moyen de se blanchir.

Et puis, ce magnifique personnage à qui on s'attache, Idir. Qui vient de faire six mois de taule. A la fois désabusé et lucide sur la vie. Bien décidé à assumer ses conneries passées tout en essayant de vivoter en acceptant des contrats empoisonnés qui ne peuvent lui apporter que des galères. Un homme issu d'un milieu modeste qui dans son parcours d'étudiant n'a jamais réussi à se fondre dans un milieu social plus élevé qu'il fréquente, tout en maintenant des amitiés fortes et sincères. Un homme qui a aussi des rêves et qui tentera de les réaliser ou du moins de ne pas y renoncer pour toujours. 

Un très beau titre pour un très bon roman noir. Je ne doute pas un instant que ce roman  rencontre un vif succès auprès d'un public, qui j'espère sera de plus en plus grand. Je ne peux donc que me répéter en vous conseillant de lire cet écrivain.

D'autres avis élogieux, ceux de Passion polar (que je remercie encore de m'avoir fait découvrir cet auteur), Les Gridouillis, Encore du noir et Le blog du polar de Velda.

Du vide plein les yeux - Jérémie Guez - La Tengo Editions - 2013

mardi, novembre 12, 2013

Plus tard ou jamais - André Aciman

 Plus tard ou jamais - André Aciman - Editions de l'Olivier - 2008

Comme chaque été, la famille d'Elio reçoit un étudiant à passer quelques mois en pension dans leur résidence italienne au bord de la mer. Cette année, Elio,, âgé de 17 ans rencontre le nouvel arrivant : Olivier, un jeune professeur dont il tombe littéralement amoureux. Troublé, il essaiera de l'éviter, d'être distant, de feindre son attirance, mais impossible de résister devant son magnétisme et son charme.

Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu un roman aussi émouvant sur la passion amoureuse depuis La chambre de Giovani. L'écriture est d'une incroyable beauté, décortiquant à la fois avec pudeur et crudité les sentiments de cet adolescent. La montée de son désir, ses doutes, ses paradoxes face à Olivier sont magnifiquement dépeints. Les événements nous sont racontés avec la distance des années, Elio, essayant de reconstituer ces quelques semaines qui le marqueront à jamais. 

Et puis, l'Italie. Un pays que j'aime beaucoup et que j'ai eu plaisir de retrouver dans cette histoire, l'impression d'y être (sa chaleur, la plage, ses rues...) ou d'entendre les personnages parler (plusieurs passages ou expressions sont en italiens et participent au décor et à l'ambiance). 

Certains reprocheront à André Aciman son écriture peut-être trop cérébrale et ampoulée. Néanmoins, elle participe à la montée en puissance de l'histoire, celle du désir et des pulsions des deux protagonistes. 

 Plus tard ou jamais - André Aciman - Editions de l'Olivier - 2008

Enfin, je trouve le titre français du roman assez bien choisi, même si le traducteur aurait pu conserver le titre original Call me by your name

Plus tard ou jamais - André Aciman - Editions de l'Olivier - 2008

samedi, novembre 02, 2013

Salem de Stephen King

Salem de Stephen King

Cela faisait bien trop longtemps que je n'avais pas lu un roman de Stephen King. J'en garde un très bon souvenir (Simetière)...Je retrouve aujourd'hui le même plaisir.  

Stephen King prend son temps et il faudra attendre pas moins de 250 pages avant qu'il y ait de l'action. Mais peu importe. Même si le roman peut, à la lumière d'aujourd'hui,  paraître comme déjà vu, n'oublions pas qu'il fut publié en 1975. Et je peux vous garantir que les vampires de King ne sont pas ceux de Stephenie Meyer. Ils sont beaucoup plus laids et plus méchants. On frissonne néanmoins gentiment mais qu'est-ce que la lecture fût agréable ! King est un raconteur d'histoires avant tout qui vous emmène avec lui dès les premières pages. On retrouve un personnage d'écrivain (comme souvent dans ses livres), des personnages secondaires auxquels il ne faut mieux pas d'attacher car il vont évidemment se faire zigouiller au fur et à mesure. 

Un des premiers livres de King qui, dans cette édition de 2006 publiée par JC Lattès, propose des passages inédits. Ce qui aurait pu être intéressant à première vue. Mais comme il n'y a pas de système de renvoi en fin d'ouvrage, il aurait fallu vérifier constamment à quel passage est raccroché les parties inédites. Autant vous dire qu'une fois plongé dans la lecture, je n'ai pas eu envie de faire l'effort de faire les vas et viens. Tant pis pour moi! Le roman propose à la suite du roman deux autres nouvelles que je n'ai pas à ce jour lus. En prime : une postface de l'auteur et des photographies qui apportent finalement peu au récit. Mais le tout devait justifier la ressortie du livre.

Bien envie de continuer avec un autre roman de Stephen King, Shining peut-être au vu de la brulante actualité de l'écrivain, celle de la sortie de son nouveau roman Doctor sleep.

Autre roman du même auteur à retrouver sur le blog : 22/11/63 

Site officiel de Stephen King

jeudi, octobre 24, 2013

Double jeu de Jean-Philippe Blondel

Double jeu - Jean-Philippe Blondel - Actes Sud Junior - 2013

Après s'être fait virer de son lycée de banlieue, Quentin atterrit dans un lycée bourgeois pour son entrée en première. Il a du mal à s'intégrer à se faire à ce nouvel environnement où il doit adopter une nouvelle attitude et apprendre les codes de conduite pour survivre. Complètement paumé, il sera aiguillé par “La Fernandez” sa prof de français qui va l’enrôler malgré lui dans une pièce de théâtre “La ménagerie de verre” de Tennessee Williams.

C'est sous la forme d'un journal que nous est raconté ce roman. Quentin y livre ses pensées, ses doutes, son désarrois face à sa vie, sa famille, le milieu d'où il vient dont il a en horreur, son avenir qui ressemble à un épais brouillard.

Sa professeur ne sera pas tendre avec lui mais lui donnera le goût de l'effort, de la persévérance. Elle saura défier son insolence et l'amener à entrevoir son chemin afin qu'il fasse ses propres choix. Si Quentin joue un rôle avec son entourage pour se protéger, il va devoir en endosser un autre sur les planches. Les autres acteurs de la pièce qui l'entourent vont chacun à leur manière l'aider même si cela se fera parfois dans la douleur.

Jean-Philippe Blondel nous offre un rôle secondaire très intéressant avec le personnage d'Heatcliff, un acteur de la pièce. Il va bousculer Quentin et le faire avancer. Présenté comme “bi” il va dérouter Quentin pas tant au niveau de sa sexualité mais par rapport à la perception de l'autre et de soi, des étiquettes que l'on colle. C'est très bien vu et bien amené.

Toutes les thématiques de l'adolescence (qui suis-je ?, à quoi je sers ?, que vais-je devenir ?...) sont passées à la moulinette avec une écriture fluide et imagée. 

Jean-Philippe Blondel sait indiscutablement comprendre les adolescents d'aujourd'hui et nous les raconte de manière simple et direct avec émotion et finesse. L'art comme moyen d'expression et de découverte de soi, le déterminisme social mis en question, le manque de communication avec les parents, les drogues auxquels les ados sont confrontés : autant de thèmes abordés de manière simple et intelligente. 

Pour finir, en citant des passages magnifiques, Jean-Philippe Blondel donne envie de lire la pièce de théâtre que nous avions découvert au printemps dernier. N'hésitez pas à la découvrir si ce n'est déjà fait !

La ménagerie de verre - Tennessee Williams - 10/18

Double jeu - Jean-Philippe Blondel - Actes Sud Junior - 2013
La ménagerie de verre - Tennessee Williams - 10/18 

Du même auteur sur ce blog : Au rebond
 


lundi, octobre 21, 2013

Paris Zombies de Philippe Morin

Paris Zombies de Philippe Morin rivière blacnhe


Rivière Blanche nous propose dans cet ouvrage d'explorer Paris mais sous l'angle d'une invasion zombie.

L'idée est intéressante mais ne cherchons pas ici d'histoire suivie où les personnages évoluent. Ils en ont guère le temps puisque les nouvelles qui nous sont offertes ici sont brèves. Très brèves même parfois, tout comme la vie ou la survie de ces êtres qui meurent sous nos yeux. Et qui parfois renaissent, enfin, d'une certaine manière, vous connaissez l'histoire.

A Paris (et ailleurs), dans l'entre deux siècles dernier, on utilisait de petits appareils photos Polaroid : I-zone.


Ce livre m'a rappelé le procédé. On s'amuse un peu, beaucoup, voire à la folie, avec des images instantanées. Elles sont ici regroupées sous le thème des zombies, des morts-vivants et nous offrent le plaisir toujours renouvelé de la ville lumière sous ses dehors les plus sombres. 

Des images minuscules et marquantes comme celles-ci:

Un groupe de rock, dont les membres sont défoncés, nous offre une entrée gratuite en "Backstage", le cimetière du Montparnasse recèle un réservoir immense pour ces nouveaux venus en leur offrant une véritable "Campagne de recrutement", les humains sont encore plus inhumains et plus cruels que les zombies comme nous le prouve la nouvelle "déséquilibrée". De petites images, de petites histoires, dont certaines sont plus terribles que d'autres et à ne pas mettre entre toutes les mains, de sombres cauchemars, d'abominables terreurs. Vous l'aurez compris : le cadeau idéal pour Halloween qui approche!

dimanche, octobre 20, 2013

Marcos Valle - Samba Demais




En 1964, son premier album, Samba Demais, porte ce blondinet aux yeux clairs au sommet des passages sur les radios, au Brésil et aux Etats-Unis. Marcos Kostenbader Valle est un pur "carioca" (de Rio), tombé à 17 ans dans un bouillon de culture d'où sortira la bossa-nova. Le jazz est là, la samba toujours, le rock-yéyé de la "jovem guarda" est en train de déferler et de s'élargir à la soul.

Marcos Valle a de quoi séduire les Américains du Nord. Comme Antonio Carlos Jobim, il participe à l'expansion de la musique brésilienne vers les Etats-Unis, en s'acoquinant avec le meilleur prosélyte de l'époque, Sergio Mendes, avec qui il joue en 1965 et 1966, le temps d'installer la fraîcheur sud-américaine, les rythmiques de la samba balancée de bossa, et cette incontournable modernité brésilienne des années 1960, qui résista au coup d'Etat militaire de 1964.(source)

Samba Semais - tracklist
1 Vivo sonhando (Tom Jobim)
2 Amor de nada (Paulo Sérgio Valle, Marcos Valle)
3 Moça flor (Luiz Fernando Freire, Durval Ferreira)
4 Canção pequenina (Pingarilho)
5 Razão do amor (Paulo Sérgio Valle, Marcos Valle)
6 Tudo de você (Paulo Sérgio Valle, Marcos Valle)
7 Sonho de Maria (Paulo Sérgio Valle, Marcos Valle)
8 Ela é carioca (Tom Jobim, Vinicius de Moraes)
9 Ilusão à toa (Johnny Alf)
10 Ainda mais lindo (Paulo Sérgio Valle, Marcos Valle)
11 E vem o sol (Paulo Sérgio Valle, Marcos Valle)
12 A morte de um Deus de sal (Roberto Menescal, Ronaldo Bôscoli)

jeudi, octobre 17, 2013

La tour des damnés de Brian Aldiss

Le Passager clandestin, Roman, science-fiction, SF brian aldis la tour des damnés

En Inde, une expérience est menée : construire une tour géante pour lutter contre la surpopulation. Au départ 1500 personnes y sont logées. 25 ans plus tard c'est 75 000 personnes qui s'entassent sur 50 étages répartis eux-même en 10 niveaux. Thomas Dixit un expert du CERGAFD (Centre Ethnographiques de Recherches sur les Groupes à Forte Densité) est envoyé dans la tour pour savoir si cette expérience est concluante, ou si à l'inverse il est nécessaire de la détruire. 

Ce n'est pas le premier expert à y entrer, si ce n'est qu'aucun est revenu vivant. Une fois sur place il doit apporter la preuve que les habitants de la tour ont pu développer des capacités de perception extrasensorielle, habilitée qui intéresse grandement l'extérieur.

Ce que Thomas n'a pas prévu c'est de se heurter à certains habitants qui préfèrent rester dans cette tour et ne plus avoir le moindre contact avec l'extérieur. En 25 ans, les résidents ont su développer leur propre mode de vie , avec des chefs de clans (par niveau) et où l'esclavage est de retour. Ils en sont à la quatrième génération où il est possible vers l'âge de 10 ans d'avoir des enfants et où vous êtes considéré comme un vieillard à l'âge de 20 ans.

Après Un logique nommé Joe de Murray Leinster, je continue avec un autre titre de la collection Dyschroniques des éditions Le passager Clandestin.

Les premières pages nous apprennent l'issue de l'histoire. Le lecteur poursuit avec une découverte de quelques habitants de la tour et une description de celle-ci qui fait froid dans le dos. Brian Aldiss a réussi à me captiver et à m'emmener avec lui dans les couloirs sombres de cette tour. L'intrigue commence véritablement avec l'entrée de l'expert dans la tour et sa mission à accomplir.

De manière habile, Brian Aldiss démontre comment l'homme trouve des moyens détournés pour survivre à n'importe quel prix et comment il s'en accommode. C'est très bien vu.

Les éditions Le passager clandestin ont su redonner une nouvelle vie à cette nouvelle d'anticipation, qui écrite en 1968 reste toujours lisible et d'actualité.

mardi, octobre 15, 2013

Un logique nommé Joe de Murray Leinster

Un logique nommé Joe de Murray Leinster

Un logique, ça ressemble à un récepteur d'images, seulement il y a des touches au lieu de cadrans et vous pianotez pour avoir ce que vous voulez. L'appareil est raccordé au réservoir de données.

Sauf qu'un jour, un logique, nommé "Joe" va s'appliquer à donner des réponses très (et trop) pratiques à n'importe quelle question posée quitte à divulguer la vie privée de chacun (comment dévaliser une banque, comment fabriquer de l'argent, tuer sa femme sans se faire prendre...). Le logique devient alors une machine technologique inquiétante, redoutable qui pourrait provoquer la perte du monde. 

Lorsque nous voulons savoir, ou voir, ou entendre quelque chose, lorsque nous désirons parler à quelqu'un, nous pianotons sur les touches d'un logique. Coupez les logiques et tout va fiche le camp.

Visionnaire, cette nouvelle, écrite en 1946 est d'une grande pertinence. Elle pointait déjà les dangers et les dérives de ce que nous vivons aujourd'hui avec le monde fantastique d'internet ! Des humains reliés les uns aux autres, abreuvés d'informations en permanence, où la vie privée se réduit à une peau de chagrin.

Bluffant ! 

Cette nouvelle de 40 pages est publiée dans la collection Dyschroniques aux éditions Le passager clandestin : Lorsque les futurs d'hier rencontrent notre présent...

Dyschroniques exhume des nouvelles de science-fiction ou d’anticipation, empruntées aux grands noms comme aux petits maîtres du genre, tous unis par une même attention à leur propre temps, un même génie visionnaire et un imaginaire sans limites. A travers ces textes essentiels se révèle le regard d'auteurs d'horizons et d'époques différents, interrogeant la marche du monde, l'état des sociétés et l’avenir de l'homme.  

Autres titres de la collection : à découvrir ici.

samedi, octobre 05, 2013

Rockyrama Rocks!!!

Tout avait commencé à Montpellier dans la merveilleuse librairie Sauramps où j'avais découvert ce mook (magazine + book):


Rockyrama

Ce numéro 1, immense de part son nombre de pages et son aspect soigné, se proposait de revenir et d'approfondir la culture populaire de ces vidéos clubs oubliés des années 80 voire 70.

Tout de suite, j'en suis tombé raide dingue et je me plaisais à rêver d'une suite. 

Alors quelle ne fut pas ma joie lorsque je découvris en Bretagne le numéro un du magazine éponyme:


Je m'y suis aussitôt abonné et j'ai reçu très récemment le numéro deux, tout aussi sublime. 

Vous y découvrirez mille raisons de revisionner la planète des singes, de réécouter des disques oubliés, de dénicher des merveilles que l'on pensaient disparues et qui pourtant sommeillaient encore dans les esprits magiques des rédacteurs.

Merci et longue vie à Rockyrama, vivement le numéro 3, allez tiens, après ces saines lectures, je vais revisionner Les Prédateurs...

Plus de détails sur leur super site : ici.


mercredi, octobre 02, 2013

Canada de Richard Ford


Canada, c'est l'histoire de Dell Parsons, un jeune homme de 15 ans qui vit avec sa sœur et ses parents à Great Falls, une petite ville du Montana dans les années 1960. Sa vie bascule le jour où ses parents sont arrêtés à leur domicile pour avoir braqué une banque. Du jour au lendemain, il se retrouve seul, sa sœur ayant fugué, à bord d'une voiture en partance pour le Canada. Le voilà échoué dans un petit village du Saskatchewan. Une période de transition que Dell devra affronter, qui le fera grandir et changer pour toujours.

Je n'avais jamais lu de roman de Richard Ford. Moi qui en général ne suis pas fan des romans bavards, et bien là, malgré les longueurs que j'aurais pu reprocher chez un autre écrivain, ici ça ne m'a pas dérangé, au contraire. Car l'écriture est là, puissante. Celle qui vous emmène, page après page. Alors oui, il m'a fallu quand même un temps d'adaptation pour que je m'installe dans la lecture, que je trouve mon rythme, que je me familiarise avec cette écriture. Mais quelle écriture !!!! J'ai été conquis par sa beauté, et son pouvoir d'évocation.

Un roman initiatique d'une grande force narrative et émotionnelle. 

Richard Ford sait aller au cœur du ressenti de son narrateur. Le roman nous est raconté par la voix de Dell, cinquante ans après les évènements qui ont marqué à jamais son adolescence. Il y évoque aussi ses doutes et ses regrets. Ce retour sur les faits sont donc pris avec distance. Le lecteur revit avec lui les 15 jours qui ont précédés l'arrestation de ses parents, avec grand détail et minutie. Richard Ford a réussi en permanence à me faire tourner la page, alors que l'issue de l'histoire était connue dès le début. Ce procédé de narration fonctionne très bien.   

La scène de l'arrestation des parents ou celle de la visite en prison sont d'une beauté étourdissante. La perplexité et la honte du père se voyant arrêté devant ses enfants, le chagrin immense de la mère ou le désarroi complet des enfants face à une telle situation inenvisageable sont magnifiquement racontés. 

Canada de Richard Ford citations
 
La deuxième partie se déroule au Canada où il sera caché par une amie de sa mère dans une petite ville, Porteau, près de Fort Royal. Il devra s'adapter contraint et forcé à un nouvel environnement et s'affranchir de son passé. C'est toute la tristesse et la solitude de Dell qui nous est raconté. C'est aussi une nouvelle page de sa vie qui commence, peut-être décisive. ll aura à faire à Arthur Remlinger, un homme énigmatique qui va le recueillir sans forcément prendre soin de lui. Dell sera intrigué et attiré en quelque sorte par cette personne cultivée, aux humeurs changeantes, à la personnalité insaisissable. Un homme au passé trouble qui lui aussi cacherait son identité et serait potentiellement recherché.

Dans la troisième, très courte, on retrouve Dell, 50 ans plus tard. J'avais un peu peur de cette dernière partie. Car j'avais envie de rester avec le Dell, adolescent. Je redoutais un Richard Ford, donneur de leçons à travers Dell, devenu citoyen canadien, professeur de littérature, revenant sur sa vie. Heureusement, il n'en a rien été. 
 
Un roman dense (480 pages) qui parle de la solitude, mais aussi de la notion de “deuxième chance” que l'homme réussit à prendre ou non, de la résilience.

Je ne suis pas près d'oublier ce roman. Sublime. 

Canada - Richard Ford - traduction de l'américain par Josée Kamoun - Editions de l'Olivier - 2013 

jeudi, septembre 26, 2013

The Dark Half (La part des ténèbres) de George A. Romero



Hier, soirée frissons From the avenue...avec La part des ténèbres, adaptation du roman de Stephen King, film réalisé par George A. Romero, le grand maître des films de zombies. Une très belle surprise. Alors que le film date de 1993, on a quand même l'impression d'être au début des années 80. Et c'est presque tant mieux, ça sent les bons vieux films d'horreur de l'époque. Et on retrouve ici tout le talent littéraire de Stephen King et l'oeil avisé du réalisateur. Ambiance inquiétante (les scènes avec les oiseaux sont particulièrement réussies), scènes gores (mais gentilles) et des acteurs crédibles (surtout l'acteur principal). Un bon film pop-corn qui redonne envie de lire un roman de King.


Thad Beaumont, professeur à l'université, a un secret. Il est, sous le pseudonyme de George Stark, écrivain de romans à succès ultra violents. Pour ne pas céder à un chantage, il décide de "tuer" son personnage et d'écrire une oeuvre plus ambitieuse. Mais un seul n'agrée pas à sa décision : George Stark lui-même qui se met à décimer l'entourage de Thad, au point de le faire accuser de meurtre, au point de s'attaquer à sa famille.(source)

Après avoir écrit plusieurs romans sous le pseudonyme de Richard Bachman, Stephen King fut finalement démasqué en 1985. Ce roman a été écrit en réaction à cet épisode de sa vie.(source)

A noter que le film est ressorti en édition dvd et blu-ray en mai dernier.

dimanche, septembre 22, 2013

Etienne de Crécy en concert à Poitiers

Etienne de Crécy en concert à Poitiers 2013
Hier soir, on a bougé nos corps sur un set d'Etienne de Crécy!





http://etiennedecrecy.fr/

 


Alors ok, il n'y avait pas son cube, mais c'était quand même génial pendant deux heures !
Une autre vidéo de la soirée ici !

Bonus vinyl : c'est par ici !

mardi, septembre 17, 2013

Le coeur de Thomas de Moto Hagio


Lorsque le corps du jeune Thomas Werner est retrouvé mort un matin d'hiver, la seule chose qu'il laisse derrière lui est une lettre adressée à son camarade Juli, et dans laquelle il lui confesse son amour. Bouleversé par cette révélation, le studieux Juli sombre dans des abîmes de confusion, et c'est à son ami Oscar qu'incombe le devoir de veiller sur lui, malgré les sentiments coupables qu'il éprouve lui aussi pour son triste patient. Cet équilibre fragile va être violemment secoué lorsqu'arrive à l'école un nouvel élève, Eric, dont la ressemblance à Thomas est troublante...(présentation éditeur)

Le Cœur de Thomas est considéré comme le premier manga destiné à un public féminin dont l'intrigue sentimentale ne concerne pas un garçon et une fille, mais des garçons uniquement. 

Marquée par des films comme Les Amitiés particulières ou Mort à Venise, Moto Hagio, comme les autres auteurs de manga de l'époque, était fascinée par les sentiments et les nouvelles possibilités d'écriture et de dessin qu'offrait une relation amoureuse entre des jeunes hommes. Érigé en classique au Japon, Le Cœur de Thomas est considéré comme le premier manga de type shônen-ai, précurseur d'un genre de manga qui fait partie intégrante de l'édition japonaise de manga, le Boy's love. (source)


Extrait vidéo


Découvert par hasard en librairie, c'est son côté vintage qui m'a plu. Ce volume regroupe ici trois tomes publiés la première fois de 1973 à 1975 au Japon. Effectivement, iI m'a fait pensé au film de 1964 Les amitiés particulières de Jean Delannoy qui mettait en scène deux jeunes garçons qui découvrent le sentiment amoureux dans un pensionnat.
 
Au-delà de l'histoire d'amour et de la passion, Moto Hagio aborde aussi de nombreux thèmes comme celui du suicide, du deuil, les traumatismes de l'enfance, le poids du secret, la difficulté de vivre pour un adolescent et celle de prendre son envol. Des thèmes classiques, certes, mais plutôt bien abordés et plus profonds qu'il n'y paraît à première vue. La noirceur de l'histoire devait détonner dans ce qui se faisait à l'époque en matière de shôjo j'imagine. Bonne surprise donc pour ce manga apparemment culte au Japon,  dont les fans français attendaient sa réédition depuis longtemps. Un manga qui revêt un charme désuet avec des dessins typiques en ce qui concerne les yeux très expressifs des personnages. 

Pour lire un extrait du manga : c'est ici.
La critique du site manga news à lire ici et un autre article ici