lundi, décembre 31, 2012

Place aux Jeunes de Leo Mc Carey, 1937

Place aux Jeunes de Leo Mc Carey, 1937




Il y a quelques jours j'ai découvert la première version d'Elle et Lui de Leo Mc Carey (1939), bouleversante et qui permet de mieux comprendre le remake qu'il en proposait lui-même dans les années 50 avec Deborah Kerr et Cary Grant.

Ce réalisateur m'a intrigué et je suis allé faire des recherches qui m'ont permis de comprendre rapidement qu'il avait inspiré Ozu pour son Voyage à Tokyo à travers son film de 1937 intitulé Place aux jeunes.

C'est donc hier que j'ai pu le visionner pour la première fois. Et des fois, il y en aura beaucoup d'autres, mais je voulais en parler dans la joie extatique de la découverte. Pour dire à quel point j'ai ressenti l'inspiration d'un sourire de Setsuko Hara à travers la bonté, la bienveillance de cette vieille femme par exemple.

Mais reprenons les choses dans l'ordre. C'est l'histoire d'un couple à la fin de sa vie. Les enfants ne savent pas quoi faire de leurs parents dont la banque va saisir la maison. Ils décident finalement de les séparer, la mère chez un des fils, le père chez une des filles. C'est intenable évidemment, trop de différences de générations, de cultures, s'entrechoquent au quotidien et donnent un bon portrait de l'enfer sur terre. Mais ce serait sans compter sur l'amour et l'infinie capacité à se renouveler de ce couple vieillissant. La fin, les fins en quelque sorte qu'ouvre ce chef d’œuvre tout à fait unique sont foisonnantes. Elles nous interrogent sur notre humanité, sur la vie elle-même, son parcours, ses choix. C'est une découverte à partager et j'attends tous vos commentaires. Bon visionnage!

Time to drink champagne!


mercredi, décembre 26, 2012

RKO sur l'Avenue

Merci au Père Noël de l'Avenue de m'avoir apporté ce magnifique coffret 25 dvds, que de merveilles à chroniquer en 2013... Des détails sur le site dédié ici.




dimanche, décembre 16, 2012

La mala educacion de Pedro Almodovar


La mala educacion de Pedro Almodovar

Cela faisait trop longtemps que nous n'avions pas revu ce film. A n'en pas douter, un de nos préférés du réalisateur. Merci à Sébastien Paul Lucien de nous avoir donner envie de le revoir grâce à son article que vous pouvez lire ici

extrait :
La savante et labyrinthique imbrication de séquences met en valeur ce tissage entre les fictions en jeu dans l'intrigue : un réalisateur construisant son prochain film autour d'une nouvelle mettant en scène son premier amour, écrite par celui-ci. Récit en flash-back sur l'enfance, film dans le film,  récit du tournage, narrations parallèles, se croisent et se mêlent avec des audaces que seul Almodovar peut se permettre.



Jack Kerouac french Interview Beatnik



vendredi, décembre 14, 2012

Lame de fond, Ange et On the Avenue ... From the Avenue

Joie immense en cette période de l'Avent : regarder des films en noir et blanc, pelotonné au chaud tandis qu'il fait froid dehors.

Lame de Fond de Vincente Minnelli avec la sublime Katharine Hepburn est un vrai bijou trop méconnu. Sublime de part en part pour une construction follement moderne pour l'époque (1946). Plus de détails ici.
Lame de fond, Ange et On the Avenue ... From the Avenue
Ensuite l'excellent On the Avenue (1937) qui sonne si bien avec le nom de ce blog. Et puis l'amour bien sûr entre show business et fortune New-Yorkaise.

Lame de fond, Ange et On the Avenue ... From the Avenue

Et le meilleur pour la fin, un film de Lubitsch que je ne connaissais pas encore : Angel (1937), illuminé par Marlene Dietrich, mais pas seulement. Un double jeu permanent et extatique à découvrir d'urgence. On y trouvera des échos à l'inoubliable Design for living (Serenade à trois).
C'est bien le froid et la pluie quand il y a tant de films fabuleux à voir et à revoir.

Peer Kusiv - Natur & techno

Peer Kusiv - Natur & techno
Découverte du jour ! (merci à Lennyhouse)
Album à télécharger gratuitement sur son site



mardi, décembre 11, 2012

Daho : Le tour de l'été sans fin...

Daho : Le tour de l'été sans fin...programme officiel
Daho : Le tour de l'été sans fin...programme officiel
Daho : Le tour de l'été sans fin...programme officiel
Daho : Le tour de l'été sans fin...programme officiel
Daho : Le tour de l'été sans fin...programme officiel

Ce matin, j'ai retrouvé dans un placard, rangé entre plusieurs piles de magazines, le programme de la tournée Le tour de l'été sans fin...acheté lors d'un concert à Rennes au printemps 2001...j'ai alors mis dans la platine Monsieur Daho, la double compilation sortie l'année dernière, monté le volume...

lundi, décembre 10, 2012

A single man by Tom Ford


“For the past eight months, waking up has actually hurt. The cold realization that I’m still here slowly sets in… Just get through the goddamn day. A bit melodramatic, I guess. But then again… my heart has been broken. I feel as if I am sinking, drowning… can’t breathe.”



mercredi, décembre 05, 2012

Double indemnity by Billy Wilder




Double indemnity de Billy Wilder en couverture de Film noir (éditions Tashen). Le livre consacre une partie à ce film culte de 1944.

Le film commence par les confessions de Walter Neff (Fred MacMurray), un vendeur d'assurances. Blessé à mort, il dicte sur bandes magnétiques (à destination de son patron, Keyes) ses aveux à propos d'un meurtre. Ayant raté le crime parfait, Neff et sa complice, Phyllis (Barbara Stanwyck) subiront le sort prédit par Keyes (Edward G. Robinson)
Un meurtre n'est jamais parfait. Tôt ou tard, ça foire. Quand deux personnes sont impliqués ça foire encore plus vite que prévu...Ils ont commis un meurtre. Ce n'est pas comme une balade en tram où chacun peut descendre quand il veut. Ils sont coincés ensemble et doivent se taper tout une ligne jusqu'à la tête de station. C'est un aller simple et le terminus, c'est le cimetière.

Un grand film noir que nous avons revu avec plaisir le week-end dernier.

Dès 1945, l'article de Lloyd Shearer dans le New York Times identifiait "Assurance sur la mort" comme le début d'une "tendance hollywoodienne à la production en masse d'histoires criminelles musclées, lubriques et sanglantes, toutes coulées dans le même moule : un meurtre au mobile plausible assaisonnée de fortes connotations freudiennes". Jean-Pierre Chartier, le critique français qui créa le terme "film noir" en 1946 convenait que le film n'avait pas de "gentil" et que tous ses personnages étaient plus ou moins vénaux.(p.27)

dimanche, décembre 02, 2012

A la recherche du temps perdu de Marcel Proust en manga

A la recherche du temps perdu de Marcel Proust en manga SOLEIL
Surpris quand j'ai vu cette couverture et tandis que j'adore l'écriture subtile de Proust, je ne pouvais pas résister à l'envie de cette lecture aussi rapide que délicieuse. Les dessins, bien qu'ils suivent les codes habituels du manga, ne sont pas d'une qualité irréprochable. Ils ne sont pas signés de la plume d'un mangaka, mais plutôt du studio qui les a réalisés. Alors, autant le dire d'emblée, on ne verra pas la mer et encore moins "les mers" à Balbec, juste un ou deux traits qui la suggèrent. Le côté de chez Swann et celui de Guermantes sont coupés à la serpe et leur réunion catapultée sous les traits pailletés d'une Mademoiselle de Saint Loup d'opérette. La description puis l'évolution du Baron de Charlus est tellement résumée qu'on évite de hurler de rire parfois. Les scènes d'amour sont bien loin des Catleyas. Mais il réussit tout de même à boucler la boucle du temps proustien ce qui n'est pas une mince affaire en si peu de pages et avec si peu de mots.

Proust, à travers cette œuvre multiple, a redéfini le temps et l'identité, mais ici on se propose plutôt de raconter les événements. C'est un peu comme si vous avez déjà eu la chance d'approcher dans la vie réelle un tableau de Francis Bacon et qu'on vous donne à voir un Polaroid de l’œuvre, photographie instantanée, partielle, partiale et forcément tronquée, vidée de sa substance. Un cliché de l'éternité.

C'est justement là où les choses deviennent intéressantes, Soleil Manga le précise dès le début, ce livre ne se substitue pas au roman de Marcel Proust mais il a pour seul but de donner envie de le lire ou de le relire. Et je dois bien avouer que cela a fonctionné. Après l'avoir refermé, j'ai eu une envie folle de reprendre, de nouveau, comme on peut le faire à tous les âges de la vie, l'original.

Pour vous convaincre de faire de même, laissons nous bercer encore un instant par l'inoubliable fin du Côté de Chez Swann :

Les lieux que nous avons connus n'appartiennent pas qu'au monde de l'espace où nous les situons pour plus de facilité. Ils n'étaient qu'une mince tranche au milieu d'impressions contiguës qui formaient notre vie d'alors; le souvenir d'une certaine image n'est que le regret d'un certain instant; et les maisons, les routes, les avenues, sont fugitives, hélas, comme les années.

A l'ombre - Mylène Farmer / Laurent Boutonnat

dimanche, novembre 25, 2012

vendredi, novembre 23, 2012

Tonoharu de Lars Martinson

Tonoharu de Lars Martinson lézard noir

Voici un roman graphique que j'ai lu d'une traite. Un récit semi autobiographique qui va à l'encontre des idées reçues sur la culture japonaise et les Japonais. 

C'est l'histoire de Daniel Wells, un américain de 25 ans, débarquant au Japon comme assistant professeur d'anglais dans une petite ville de province Tonoharu. De nature timide, il a du mal à communiquer et aller à la rencontre des autres. Les seuls expatriés, comme lui, semblent s'intégrer, contrairement à lui. Il fera néanmoins quelques rencontres qui ne lui permettront pas forcément de s'ouvrir aux autres. J'ai parfois eu envie d'aller secouer Daniel pour qu'il se bouge !!! 

Comme le souligne Lars Martison dans la préface, il a choisi de ne pas traduire les dialogues en japonais, mettant ainsi le lecteur dans la même position que ses personnages étrangers. C'est effectivement très bien vu!

Ce volume de 269 pages réunit 2 volumes initialement parus aux États-Unis en 2008 et 2010. Deux autres tomes sont prévus.  

Merci aux Editions Le Lézard Noir pour cette belle surprise !


mardi, novembre 20, 2012

Elisabeth Roudinesco : Audition de la Commission des lois sur le mariage pour tous



10 minutes pour remettre les choses à leur place et faire taire les homophobes, les cathos intégristes et tous ceux qui croient détenir La Vérité, la seule possible à leurs yeux qui finalement ne voient pas plus loin que le bout de leur nez.

lundi, novembre 19, 2012

Downton Abbey

Downton Abbey

Notre série fétiche de cet automne ! Ca faisait longtemps qu'une série ne nous avait pas autant passionné. Pourtant, à première vue, au vu de l'histoire (intrigues de l'aristocratie anglaise avant la 1ère guerre mondiale et la vie de leurs domestiques) on s'était dit : mouais, bof, regardons un premier épisode, on verra bien...bah ça y est on est accro! 

Synopsis
Les héritiers de Downton Abbey ayant péri lors du naufrage du Titanic, la famille Crawley se retrouve dans une position délicate, les trois descendantes ne pouvant prétendre au titre de Lord Grantham. Or, le titre, le domaine et la fortune de la famille sont indissociables. Matthew Crawley, nouveau successeur et lointain cousin, arrive à Downton Abbey. Il y découvre un style de vie nouveau, avec des règles très strictes qui régissent la vie entre aristocrates et serviteurs.(source)

Ne ratez pas la talentueuse actrice Maggie Smith (vous la connaissez, c'est le professeur McGonnagall dans Harry Potter!!) Elle est surtout et avant tout reconnue comme une grande actrice de théâtre.

Une série à regarder en version originale sous titrée si possible! (parce qu'en français rien que la bande annonce en français, ça fait un peu peur ;-)). La 3ème saison vient de se terminer cet automne.

dimanche, novembre 18, 2012

Fortune de Robin Guthrie

Fortune de Robin Guthrie


La cuvée 2012 de Robin Guthrie s'appelle Fortune. Les dés y indiquent le hasard, mais soyez sûr qu'avec cet exceptionnel bassiste, vous ne pouvez pas vous tromper : le talent et la qualité seront toujours au rendez-vous.

Connu principalement pour sa collaboration au fabuleux groupe Cocteau Twins, il propose depuis quelques années des compositions en solo ou fort bien entourées (Harold Budd, vieux partenaire notamment). La bande originale du film de Gregg Araki Mysterious Skin, rappelait, dès 2004, la collaboration qui s'était produite dans les années 80 entre Cocteau Twins et Harold Budd lui-même.

Et depuis? De merveille en merveille, Robin Guthrie recompose un monde à l'image de nos désirs et des siens très probablement puisqu'il semble y évoluer très librement. Un monde de rêves, de visions brillantes et délicates comme le titre Delicate l'indiquait déjà il y a quelques années. Alors on se laisse porter par la croyance nécessaire qu'un monde plus beau, plus suave, plus radieux nous entoure et que le quotidien est doux et nacré. Certaines compositions paraissent composées pour les enfants, comme le single Songs to help my children sleep le laissait entendre il y a quelques temps.

Son nouvel album, rempli de visions oniriques salutaires, sort très prochainement et il est disponible sur son très bon site.

vendredi, novembre 16, 2012

La Bible de Néon de John Kennedy Toole

La Bible de Néon de John Kennedy Toole


Il y a une quinzaine d'années, à l'université, on m'avait proposé de lire A confederacy of Dunces (La conjuration des imbéciles) qui devait alors représenter un summum littéraire. Ce graal me paraissait inaccessible et j'avais rapidement posé le livre. Pour ne plus le rouvrir. Mais le nom de son auteur m'était resté en tête. Son histoire étrange aussi. Celle de sa mort, de son suicide plus exactement, au début de la trentaine parce qu'il ne trouvait pas d'éditeur pour le roman qui devait devenir l’œuvre de sa vie.

Et puis j'ai découvert récemment qu'il existait un livre de jeunesse, oublié, ainsi que le précise l'excellente préface de l'édition Pavillons Poche de Robert Laffont.

Alors, il aurait eu 16 ans. Un génie donc pour imaginer un tel récit. Voyez plutôt.

L'image qui court tout au long du roman est celle du train. Proche de celle du film de Wong Kar Wai, Nos Années Sauvages, le train offre un écho au passage à un autre âge. De l'enfance vers l'adolescence puis une certaine manière d'adulte.

David grandit dans les années 1940 dans une petite ville des Etats Unis, entouré de parents pauvres, à flan de colline. Un lieu aride entouré par la cendrée et une terre arborée mais sèche. Sa tante Mae vient habiter avec eux tandis que sa carrière de meneuse de revue commence à sentir le sapin.

Cette famille m'a fait pleurer et rire tout à la fois. Dans ses excès d'abord qui m'ont fait penser au meilleur de Flannery O'Connor. Puis dans ses errances, ces pensées propres à l'adolescence où, avant même d'errer dans le monde, c'est en soi que l'on se perd. David, Mae, les parents, quel que soit l'âge ou le sexe, la perte de soi, de son identité profonde, n'est jamais loin.

J'ai adoré ce livre, superbement mis en valeur par la collection Pavillon Poche avec le choix notamment  d'une couverture émouvante, à l'image des personnages et des situations qu'il renferme.

C'est drôle et finalement assez rare, en fermant le livre j'ai repensé à de très nombreuses autres lectures importantes dont celle-ci fait déjà partie. J'avais déjà hâte de le relire, à un autre âge. Et vous?

samedi, novembre 10, 2012

La Nuit des Temps de Barjavel

La Nuit des Temps de Barjavel omnibus


J'ai relu La Nuit des Temps de Barjavel. 

25 ans près l'avoir découvert, à l'adolescence bien sûr, j'ai été bouleversé durant ces vacances de Toussaint, au moins autant que dans les souvenirs que j'avais de cette lecture tout à fait unique.

Sur le blog de l'Oncle Paul, j'étais tombé sur une chronique intéressante et une couverture différente de celle que j'avais acquise durant mes années lycée et qu'une amie venait de me rendre après l'avoir emprunté et adoré évidemment.

En vadrouille à Saint-Jean de Luz chez Lulu, je l'ai racheté dans une autre édition, regroupée avec d'autres romans sous le titre général de Romans extraordinaires. L'objectif était bien de redécouvrir La Nuit des temps, mais aussi d'autres titres que j'avais aimés et certains dont j'ignore toujours tout à ce jour.

Eléa.

Personnage central de cette histoire immense. Retrouvée enterrée sous des tonnes de glace au pôle lors de recherches scientifiques.

A travers les objets et le lieu qui l'entourent, on découvre ce que le monde était il y a 900 000 ans.

Un monde beau, facile mais fragile. Et en guerre.

Une guerre si terrible qu'elle a causé la destruction du monde tel qu'on le connaissait alors, allant même jusqu'à changer l'inclinaison de la planète.

C'est cela, mais c'est avant tout une histoire d'amour. L'amour fou entre Eléa et Païkan (l'homme qui a partagé sa vie et bien plus dans le monde ultra développé de Gondawa) et celui entre Simon (scientifique d'aujourd'hui) et cette femme survivante de Gondawa, l'irrésistible Eléa toujours.

L'immense talent de Barjavel c'est de nous projeter dans les souvenirs d'Eléa ce qui permet, durant tout le temps de la lecture de croire profondément à ce monde, à cet univers qu'on ne peut pas abandonner. Il nous donne, grâce à cela, une connaissance encore plus grande de l'humanité et de ses déviances contemporaines. Au-delà du temps de la lecture, avouons qu'il y a, comme à l'adolescence, ceux qui ont lu La Nuit des temps et les autres. Car c'est un roman que l'on n'oublie pas, que l'on peut reprendre quel que soit son âge.

Je vous le conseille donc vivement et n'hésitez pas à commenter pour partager vos avis sur cette lecture vibrante.



Automne musical From the avenue...


mercredi, novembre 07, 2012

Dimension Brian Stableford

Dimension Brian Stableford rivière blanche éditions

Belle découverte que ce recueil de nouvelles aussi variées que superbement écrites.

Brian Stableford peut y offrir différentes facettes de son talent : que ce soit au service de la science fiction, de la fantasy, d'un mélange des deux ou de l'exercice difficile de faire revivre des personnages qui ont connu leur heure de gloire il y a fort longtemps.

Certaines de ces nouvelles sont vraiment très troublantes. Par exemple, celle de cette femme qui, souffrant d'un cancer incurable, décide de faire muter son ADN comme tant d'autres de ses compatriotes et contre l'avis de sa famille. Peu à peu elle se transforme en arbre et pourra être plantée dans une forêt humaine. Surprenant. Ou cette ado qui a eu treize ans pendant trente ans afin que ses parents qui ne vieillissent plus jamais puissent avoir le plaisir d'élever un enfant dont la croissance s'arrête à cet âge là. Mais un problème surgit, l'enfant est infectée par un virus qui la fait vieillir et ainsi penser plus comme une adulte. Que va-t il advenir? Le suspense est souvent haletant et cet ensemble hétéroclite ne manquera pas de vous surprendre et de vous donner envie de mieux connaître l'oeuvre de cet auteur indispensable. Je suis conquis!

Le début d'une nouvelle ici.

Benjamin Biolay - Aime mon amour

mardi, novembre 06, 2012

Etienne Daho par Benoît Cachin

Etienne Daho par Benoît Cachin
Moi qui pensais bien connaître Etienne Daho, c'est comme si je le découvrais pour la première fois en parcourant ce beau livre de 600 pages avec de sublimes photos. Interviews, anecdotes, listing de chaque chanson, remixes, infos sur ses tournées, un panorama complet de l'univers du chanteur. Un livre retraçant les 25 ans de carrière de l'artiste indispensable pour les fans!

dimanche, octobre 28, 2012

Chroniques de Majipoor de Robert Silverberg

Chroniques de Majipoor de Robert Silverberg


Ce livre me donnait envie depuis déjà quelques temps et je l'ai littéralement dévoré. C'est un classique de la SF qui le mérite amplement.

Il raconte l'histoire d'un ado, Hissune, qui va peu à peu devenir adulte en faisant l'expérience des souvenirs des autres, à tous les moments de l'histoire de Majipoor. Grâce à des capsules qu'il consulte illicitement, il va être tour à tour dans l'esprit enregistré d'hommes, de femmes, au coeur de leurs sentiments, de leurs ressentis. On découvre cet univers immense, ses terres, ses mers, son histoire plusieurs fois millénaire, ses personnages importants et ses petites gens. Différentes ethnies se rencontrent, s'aiment, se combattent. On s'y perd mais toujours pour mieux s'y retrouver. 

J'ai particulièrement aimé Thesme et le Ghayrog, la  première âme visitée par Hissune fut celle de cette femme amoureuse d'une créature à l'apparence d'un serpent, à la langue fourchue et à la peau squameuse, douce et souple. Avec sa fin tragique à la manière d'un mélodrame.

La troisième aventure m'a également troublé : La cinquième année de la traversée nous fait partager un voyage en mer interrompu brutalement par une invasion d'herbe à dragon qui empêche le bateau d'avancer ou de reculer. Cette herbe, dévorée en partie par d'immenses dragons (si bien décrits qu'on ne peut nier leur existence, c'est prodigieux!), fige l'embarcation dans le temps et dans l'espace jusqu'à l'issue finale : elle arrivera non pas à avancer mais à rebrousser chemin. L'image du retour en arrière est passionnante tandis que notre ado chemine vers l'âge adulte et que l'on réalise en lisant ces pages qu'il devient un autre lui-même en grandissant et surtout en se nourrissant des autres. 

La conclusion nous offre un bel écho à cette situation, tandis qu' Hissune regarde le soleil pour une dernière fois avant de rebrousser chemin pour retourner définitivement dans le labyrinthe afin d'assister Lord Valentin de Majipoor.

Je viens de détailler un peu ici les deux moments qui m'ont plu énormément mais beaucoup d'autres sont inoubliables, comme ce parcours dans le désert des rêves volés. La région désertique de Suvrael et sa galerie de portraits sublimes par exemple.

La découverte de Majipoor peut se poursuivre en plus, puisque Robert Silverberg a consacré de nombreux romans à ces terres imaginaires, si précises qu'on a parfois l'impression qu'on les a visitées pour de vrai.


vendredi, octobre 26, 2012

Lescop en concert à Poitiers




La première fois que j'ai écouté Lescop, j'ai pensé à Etienne Daho (son premier album "Mythomane"). Je ne connaissais que deux singles (voir les vidéos au-dessus). L'occasion, hier soir, de découvrir son album sur scène. Une très belle surprise!!! Un chanteur et deux musiciens qui assurent. Un concert pro, bien léché, réel univers. Noirceur, sensualité... Merci Elo pour la soirée! 



http://www.popnoire.com/lescop_fr

samedi, octobre 20, 2012

Six Feet Under, Nos vies sans destin de Tristan Garcia

Six Feet Under, Nos vies sans destin de Tristan Garcia


Six Feet Under est une des meilleures séries de tous les temps et Tristan Garcia se propose dans cet ouvrage de nous offrir un voyage à travers ses personnages principaux et ses épisodes les plus mythiques.

En exergue, il cite les Smiths de There is a light that never goes out :

To die by your side
Well, the pleasure, the privilege's mine

Il associe avant même de prendre la parole deux moments clé qui résonnent très fort et m'émeuvent avant même de lire la première page.

Puis vient le prégénérique et cet incipit troublant : 

Six Feet Under m'a appris à pleurer. [...] Avec une largeur d'esprit et une acuité jamais vues à la télévision, Six Feet Under regarde la vie et nous regarde la regardant. Elle nous livre une micrologie de la vie quotidienne des classes moyennes fin de siècle, sans satire, ni caricature, et nous rend à nous-mêmes. Immense oeuvre étalée sur cinq années, Six Feet Under ressemble à une vaste opération de chimie qui dissout nos pensées, nos croyances, nos désirs et nos sentiments dans l'existence ordinaire; et quel est le précipité obtenu à la fin? Notre conscience de nous-mêmes, en larmes.

Il nous rappelle aussi que le tout dernier épisode de cette série, sa fin, sa mort en somme reste précieuse, c'est ainsi que Rares sont les séries qui savent mourir. [...] Quelle autre série aura connu une fin aussi poignante? [...] Le sens des vies de chacun n'aura été rien d'autre que la capacité de chacun à sentir ce que les autres ont ressenti : la possibilité de l'empathie [...] saisissant que le sens de la vie, hors de ses croyances, n'est rien de plus que ce qu'il a partagé de leurs sensations et de leurs sentiments pendant cinq ans.

Et ils nous manquent ces personnages, irremplaçables et irremplacés. En écho à Holden Caulfield à la fin du Catcher in the Rye : Ne dites j'amais rien à personne sinon tout le monde commence à vous manquer, on croit finalement s'être autant confiés à eux qu'ils se sont confiés à nous. Que le manque est grand alors et que cet ouvrage de Tristan Garcia fait du bien, lui qui ressuscite un instant, celui de la lecture, ces êtres qui désormais feront toujours partie de nous. Qu'il en soit ici remercié.

Et cette fin dont je ne me lasserai jamais, c'est ce que j'ai vu, moi, de plus beau. Et vous?

Genkaku Picasso de Usamaru Furuya


Et voila, j'ai failli oublié. Tandis qu'il pleut et que la France est recouverte par la grisaille, je me remémore ces jours chauds d'août où je lisais sur la plage. 

Et ces trois volumes que j'ai dévoré et dont je n'avais pas encore parlé. La fabuleuse série Genkaku Picasso de Usamaru Furuya publiés par les Editions Tonkam.

Il faut dire d'abord que ces trois gros volumes font presque mille pages à eux trois et qu'ils représentent une somme tout à fait incomparable qui se lit de manière addictive tant le soin apporté aux détails est grand.

Picasso est le surnom d'un ado qui excelle dans le dessin et les croquis. A la suite d'un accident, son amie meurt et lui continue de vivre tandis qu'elle lui apparaît sous une forme fantomatique réduite qui ressemble à sa conscience. Résumé, ça a l'air un peu compliqué, mais dans la durée de l'écrit et du dessin, c'est tout à fait limpide. Picasso a gagné, grâce à cette expérience de mort si proche, la capacité à dessiner les rêves et les cauchemars des autres, il arrive à être littéralement aspiré par le croquis et il lui incombe alors de solutionner la problématique de chacun. Jusqu'à la sienne propre.

C'est une série qui tient en haleine et qui permet de découvrir les liens entre conscient et inconscient et au-delà le rôle de l'art comme thérapie incomparable. 

Quant à la fin, elle est tout bonnement sublime et elle nous fait regretter que cette série soit finalement si courte.

lundi, octobre 15, 2012

From the avenue...sur Tumblr


Pour ce 600ème post (oh là là!!!) nous vous offrons cette vue que nous avons depuis l'Avenue. Et surtout nous profitons de ce message pour vous inviter à découvrir From the Avenue...sur Tumblr. 

Ce nouvel espace se veut une extension de ce blog avec principalement nos découvertes en tout genre (photos essentiellement, musique, publicités, cinéma et bien d'autres choses). 

L'originalité des blogs Tumblr est de partager ce que l'on a découvert "chez les autres" en "rebloguant" en un clic une photo, une citation, une vidéo sur son propre Tumblr tout en conservant la provenance de l'objet dupliqué.

Rendez-vous donc sur http://fromtheavenue.tumblr.com ! N'hésitez pas à nous faire partager vos propres Tumblr ou ceux qui vous appréciez. Vous pouvez également laisser des commentaires et contribuer en nous proposant vos photos, textes...

Bonne semaine à tous!

Mise à jour 07 juin 2013 : L'aventure Tumblr est terminé !

Chamamé de Leonardo Oyola

Chamamé de Leonardo Oyola éditions asphalte
Chamamé, c'est comme prendre une grosse bastos dans la gueule qu'on a pu éviter. Un road-movie halluciné qui démarre sans s'arrêter.

Chamamé, c'est voir un film de Tarantino en se disant : ok, une scène tranquille où ça discute de fric, de nanas et de pétards... mais elle arrive quand la tuerie ? Des dialogues, du genre :

Vingt, vingt-deux ans, il en avait pas plus, le bidasse qui trônait à la réception. Il était même pas né quand Terminator est sorti au ciné, un des films préférés du Pasteur. L'autre, c'était Le Roi des Rois.
"J'suis un ami de Sarah Connor. On m'a dit qu'elle était ici. Je peux la voir ? a demandé Noé en entrant dans le commissariat.
Le gamin a lâché son stylo et l'a regardé, tout étonné.
"Seigneur, qui cherchez-vous, monsieur?
- Primo, le Seigneur est aux Cieux, fiston. Deuzio, c'est à ce moment-là que tu aurais dû répondre : "Non, elle est en train de faire une déposition." Alors, je t'aurais demandé : "Où est-elle? et toi : "Ca peut durer longtemps. Vous n'avez qu'à attendre. Il y a un banc, là..."
On peut pas dire que tu m'aides.
- Monsieur, a repris le garde-chiourme. Je ne comprends rien à ce que vous me racontez."
(...) Les balles qui lui ont troué la poitrine, il n'a pas eu le temps d'entendre le bruit de la détonation.

La tuerie a commencé sans prévenir et le feu d'artifice explose. Et là je peux vous dire que le lecteur s'en prend plein la tête.

Chamamé, c'est une chanson et danse d'une région argentine. Un mot qui signifie "agir sans réfléchir". Sans plan, sans méthode, de façon improvisée.

Pourtant, Perro et le Pasteur Noé, en avaient un, de plan pour récupérer un max de fric. Sauf que malgré leur code d'honneur, l'un (Le Pasteur) a doublé l'autre. Et évidemment, après son séjour en prison, Perro est bien décidé à se venger de son compagnon de route.

Chamamé c'est aussi un retour dans le passé de ces deux allumés, dans leur enfance. En arrière plan, leur goûts musicaux (le rock et les Guns N'Roses) et les séries B, bien pourries. Leonardo Oyola nous offre une bande son tout au long du récit qui plante bien le décors.

J'adorais conduire en écoutant un des morceaux des Smashing Pumpkins, "1979". Y'avait un truc dans ce titre qui me faisait monter l'adrénaline, comme quand je passais les vitesses.(....) Bon, dans "1979", y'a un passage où le chanteur change de ton. On ressent parfaitement sa douleur. Ca sent la tristesse, la mélancolie.

Mais attention, il ne faut pas se méprendre sur nos deux pirates de la route. Montrer le moindre sentiment, c'est réservé aux pédales et aux fiottes. Ici, place aux vrais mecs, à la baston et aux scènes bien musclées. Léonardo joue sur les codes du cinéma de série B qu'il parodie avec jubilation. Cependant, j'avoue m'être perdu dans certaines scènes et délires. Un roman  qui sent la testostérone à 150% et qui décoiffe.

Je remercie Babelio pour ce partenariat et les Editions Asphalte pour l'envoi de ce roman.

dimanche, octobre 14, 2012

Les Compagnons de l'Ombre Volume 10, nouvelles recueillies par Jean-Marc Lofficier

Les Compagnons de l'Ombre Volume 10, nouvelles recueillies par Jean-Marc Lofficier

Le volume 10 arrive et c'est la première de ces anthologies que je lis. 

Mon opinion est assez mitigée. Il y a là de bons moments de lecture où l'on se laisse porter par des aventures qui ressuscitent d'anciens héros, d'anciennes héroïnes, voire parfois les deux en même temps (Orlando de Virginia Woolf reprend du service!). C'est un mélange des styles, des époques, que proposent ces compagnons de l'ombre. L'ombre de ceux qui ont été adorés à l'âge de l'enfance ou de l'adolescence.

Le seul hic, c'est que je ne les connais pas tous et les parodies ou les pastiches sont parfois durs à apprécier quand on ignore les originaux. 

Je me suis réjoui cependant de voir Judy Garland et Mickey Rooney disparaître lors de la première du magicien d'Oz en 1939 au milieu d'une histoire du Docteur Omega.

A tel point que je ne résiste pas à la joie de vous faire partager ce beau moment de lecture :

Elle poussa un petit hoquet lorsqu'un jeune homme rouquin au visage poupin aida une jeune dame brune à descendre d' une limousine. Le jeune homme portait un smoking et la jeune femme une robe du soir en soie verte. Ils sourirent largement et saluèrent la foule de la main en se dirigeant vers le hall du cinéma. A leur entrée, la jeune femme remarqua immédiatement Madeline. Avec un large sourire, elle se dirigea vers elle. 

-N'es-tu pas la plus mignonne...

Judy Garland n'acheva jamais sa phrase. Ces mots furent arrachés à ses lèvres par un vent soufflant en tempête. L'ouragan mua sa coiffure soigneusement élaborée et ses luxueux vêtements en lanières effilochés.

Mickey Rooney voulut saisir Judy et hurla quand des bouts de sa main et de son bras se désintégrèrent en multiples fragments multicolores qui furent happés par un petit cyclone, tel un essaim d'abeilles avalé par une tornade.

Tout n'est pas aussi exceptionnel dans ce recueil, mais j'ai aimé croiser le fantôme de l'opéra, Madame Atomos (notamment dans une uchronie aussi brève qu'efficace), les dents de la mer, de la SF, de la fantasy, de l'aventure et même des cowboys (dont Lucky Luke) ce qui, je dois bien l'avouer, m'a beaucoup moins plu.

Lorsque j'en ai discuté avec Philippe Ward (le directeur de la collection), il m'a avoué qu'il y avait certaines nouvelles dans d'autres volumes qui réunissaient aussi par exemple Babar et Tarzan, alors vous imaginez bien que je vous en reparlerai sur l'Avenue.

samedi, octobre 13, 2012

Lignes noires - Editions Polystyrène

Lignes noires - Editions Polystyrène

Voici une bande dessinée au concept original. Le livre est un très bel objet dont sa forme intrigue. En effet, l’album se déplie à la manière d’un triptyque offrant ainsi trois livrets . Chaque livret s’ouvre du bas vers le haut. Chacun d’entre eux raconte un chapitre d’une même histoire, mais selon trois points de vue différents. 

Lignes noires - Editions Polystyrène
Lignes noires est un polar dont le lecteur comprendra le scénario et les liens entre les chapitres  en déployant chaque livret. L’histoire qui paraît simple au premier abord s’avère être une intrigue captivante. 
  
Une fois terminé, le lecteur s’amusera à relire les trois parties « La fuite », « En avant », « Des hommes »  dans un ordre différent et  découvrira certains détails qui lui auront peut-être échappés. 

Lignes noires - Editions Polystyrène
Un album scénarisé et dessiné à quatre mains (Adrien Thiot-Rader et Ludovic Rio). C’est le quatrième projet de cette jeune maison  d’édition : Les éditions Polystyrène basée à Angoulême.