Le chat dans le cercueil de KOIKE Mariko


Tous les ans, les éditions Picquier nous gratifient d'une affiche sublime pour l'achat de deux volumes de leurs collections. Celle de cette année est magnifique dans notre cuisine, au-dessus de l'espace réservé pour le thé. Un endroit des plus sacrés chez nous.

Le chat dans le cercueil de KOIKE Mariko - traduit du japonais par Karine Chesneau - Editions Philippe Picquier - édition de poche - 2020

Un des titres achetés ce weekend chez notre libraire préféré m'a tenu en haleine et je l'ai littéralement dévoré en quelques heures. Tout commence par un chat prénommé Lala qui sert de mère de substitution pour une petite fille dont le père veuf et peintre engage une jeune adulte pour l'aider dans l'éducation de son enfant en échange de leçons de peinture.

Peu à peu on découvre leur environnement, leurs rêves, leurs cauchemars et on entraperçoit la possibilité du désastre. Le supense psychologique est haletant et mené tambour battant par une plume à la fois poétique et fluide.

Pour s'en convaincre, en voici un extrait :

Les innombrables étoiles disséminées dans le ciel glacé semblaient frissonner de froid tant elles scintillaient. La barrière blanche se fondait dans l'obscurité; au-delà, l'éclairage des logements de l'armée américaine émettait une lumière mélancolique et diffuse comme celle d'une ville au loin. L'odeur de l'hiver... Debout dans le froid glacial, j'eus le pressentiment que mon existence désormais ne serait plus qu'une chose sombre et pesante, semblable à cette nuit noire, et je m'assis à même le sol en tremblant.

Le chat dans le cercueil de KOIKE Mariko - traduit du japonais par Karine Chesneau - Editions Philippe Picquier - édition de poche - 2020

Nos dernières lectures - Hiver 2020


Ce week-end nous avons un peu craqué côté bouquins ! Ça commence avec deux mangas achetés et lus dans la foulée : le tome 8 de Dead Dead Demon’s DeDeDeDe Destruction de Inio Asano, invité au dernier festival de bande dessinée d'Angoulême cette année. Ce dernier tome est toujours aussi prenant et la série ne faiblit pas ! (vous voulez commencer par le tome un ? C'est par ici) et le tome 9 de Blue Giant qui commence avec un super concert de jazz plein d'émotion. Une série complète en 10 tome (déjà hâte de lire le dernier tome à paraître en avril).


En allant à la librairie du Rivage à Royan, nous sommes repartis avec plusieurs livres...

Le premier est un livre des éditions Gallmeister ! (étrange non ?)
Ma dernière lecture de David Vann remonte à son dernier roman paru en France : Un poisson sur la lune, voici des nouvelles qui devraient largement me combler.


Comme chaque année depuis une quinzaine d'année, la librairie met à l'honneur pour le nouvel an chinois l'éditeur Philippe Picquier (2 livres achetés, une estampe offerte)...Le chat dans le cercueil a été englouti en une journée, un vrai régal.


Parce qu'il est des romans déjà lus qu'on a envie de relire et d'avoir dans sa bibliothèque. La marche de Mina devrait rejoindre l'Avenue d'ici peu.


Et le pavé pour finir ! Je commence par Quand la ville dort dont nous vous conseillons l'adaptation cinématographique par le talentueux John Huston.
Plus de détails sur ce recueil.

Sans oublier un nouveau numéro de Rockyrama !

L'insondable profondeur de la solitude de Hao Jingfang


De découvertes en découvertes, la pile de livres ramenés du Festival des Utopiales continue de m'émerveiller!

Cette auteure chinoise notamment, qui nous propose ici un ensemble de nouvelles. La première, Pékin Origami, nous offre une mégalopole futuriste où l'espace et le temps sont partagés en fonction des catégories sociales. Le lieu se replie selon le moment de la journée pour permettre une vie réelle à chacun mais diminuée pour tous.

Imagination et poésie sont omniprésentes dans ce recueil qui décrit un monde où des hommes de métal extra terrestres ont envahi la terre mais de manière surprenante. Parfois douce et parfois brutale et violente, ils assurent leur hégémonie sur les humains. Ce qui est troublant, c'est que leur présence n'est pas systématique dans les textes mais sporadique. Cela rend les rend encore plus mystérieux.

Cette lecture fut vraiment prodigieuse et m'a emmené dans des recoins insoupçonnés d'une science fiction chinoise en plein renouveau. 

L'insondable profondeur de la solitude - Hao Jingfang - Edition Pocket - 2019 - Traduction du chinois par Michel Vallet.

Rencontre et dédicace avec Hisachi Eguchi à Poitiers

Rencontre et dédicace avec Hisachi Eguchi à Poitiers février 2020

Aujourd'hui, en fin d'après-midi, nous avons rencontré le mangaka Hisashi Eguchi (présent au Festival International de la Bande Dessinée d'Angoulême de ce week-end) qui a fait une halte à Poitiers pour une séance de dédicace chez CANON Poitiers, avec son éditeur Le Lézard Noir. Ce fut donc l'occasion d'échanger quelques mots avec lui et son traducteur Aurélien Estager qui vient de recevoir à Angoulême le Prix Konishi pour la traduction de manga en français. Un très bon moment de partage que nous avons poursuivit avec Stéphane Duval, l'éditeur du Lézard Noir, (doublement primé cette année au festival) qui nous a donné l'eau à la bouche quant à ses prochaines parutions.
Dédicace pour Guillaume
Dédicace pour Fabien
Quelques oeuvres de Hisachi Eguchi exposées au Canon :


Nous avions découvert le premier tome de ce manga l'année dernière (voir notre billet). Hâte de lire le deuxième tome sorti en janvier dernier.


Cette fin d'après-midi fut l'occasion de rencontrer les personnes de l'association LGBTQI+ Transendance de Poitiers. Merci à elles pour cette sympathique rencontre. Nous ne manquerons pas de suivre leur actualité.

Sauvons la Librairie Les mots à la bouche


la Librairie Les mots à la bouche

Une librairie mythique qui risque de disparaître...Un lieu privilégié où nous trouvons des romans, livres, dvd qui nous ressemblent...tristes de avoir qu'elle pourrait fermer.


la Librairie Les mots à la bouche
Notre virée à la librairie en septembre 2016

Triste nouvelle dans le monde du livre. La librairie LGBT+ Les Mots à la bouche est contrainte de quitter son emplacement historique du 6 rue Sainte-Croix de la Bretonnerie, où elle est installée depuis 1983. Véritable institution située dans le Quartier du Marais à Paris, elle a récemment lancé un appel sur les réseaux sociaux pour trouver un nouveau local. Pas une mince affaire... (source)

Article de Libération

Article du Parisien

Un hiver avec Patricia Highsmith


L'été dernier, dans un grenier familial, j'ai trouvé un carton de mes "vieux bouquins" de mon enfance, persuadé qu'ils avaient disparus (ahhh quel plaisir de les redécouvrir!). Dans le lot, un roman de Patricia Highsmith (L'épouvantail) que je ne suis pas sûr d'avoir lu d'ailleurs...


J'avais découvert cette écrivaine avec Le talentueux monsieur Ripley et lors de mes 17 ans avec Small G dont je garde depuis des traces de souvenirs (du roman bien sûr mais aussi du lieu où je l'ai lu, de ce fameux été qui fût important pour moi...ça vous parle j'imagine cette expérience de lecture, non ?). Je n'ai jamais relu ce roman de peur d'effacer de bons souvenirs par de nouveaux (je relis rarement un roman de toute façon)...et puis et puis en fin d'année j'ai "osé" m'y suis replonger. Et à ma grande surprise, je n'ai pas été déçu et j'ai eu un grand plaisir de lecture. A la fin, je me suis aperçu que ce roman et d'autres de cet écrivain m'avait davantage marqué que je ne l'imaginais, de par l'écriture, les ambiances et les thèmes.


En décembre, je vous avais parlé de l'art du suspens...j'ai enchaîné par Le meurtrier dont l'intrigue m'a énormément plu (quelle imagination !!).

L'empreinte du faux patricia highsmith

En ce moment je suis en pleine lecture de L'empreinte du faux.

D'autres romans sur l'Avenue : Les deux visages de Janvier, Ripley s'amuse, Sur les pas de Ripley.  

Et vous, connaissez-vous Patricia Highsmith ? Avez-vous un roman ou des nouvelles à me conseiller ? 

L' Avocat aime l'Avenue



















Nouvel habitant sur l'avenue : un avocat est né de son noyau!

Il vous souhaite, ainsi que ses papas, une année 2020 fructueuse et douce.

L'incivilité des fantômes de Rivers Solomon


Le festival des Utopiales de Nantes nous ont marqué par des envies de lectures nombreuses dont celle ci apparaît comme une figure de proue.


Ecrite par une personne transgenre noire américaine, cette science fiction magistralement dépeinte nous raconte l'histoire d'Aster.

Dans un vaisseau spatial colossal, l'humanité cherche une terre plus hospitalière que celle, en ruine, qu'elle a quittée il y a fort longtemps. A l'intérieur, des ponts se sont organisées, comme autant de strates qu'il y a de lettres de l'alphabet. Avec en bas, les plus pauvres et les plus noirs et en haut les plus riches et les plus blancs.

On suit les aventures de cette femme à la peau matte notamment sur le pont Q. Celle-ci sait soigner et connaît plusieurs formes de sagesses anciennes que sa mère, décédée, et sa tante (cuisinière entre autres) lui ont transmises. La dédicace qui précède le premier chapitre prend son sens très vite : "A ma mère et à sa mère et ainsi de suite jusqu'à Eve". De générations en générations les femmes vont imaginer des solutions pour contrer le racisme, la violence, l'ignorance.

En créant une langue remplie de secrets, voire même une infinité de langues qui se mélangent d'un pont à l'autre, le roman nous fait entrer dans une profondeur poétique incroyable. Dans le même temps, la violence est omniprésente et celle que les hommes infligent aux femmes est quotidienne. Les plus pauvres d'entre elles travaillent aux champs, cultivables grâce à la chaleur faiblissante d'un petit soleil artificiel dont l'énergie diminue progressivement. Et tout en bas, il fait un froid glacial et les plus défavorisés peinent à survivre.

Grâce aux carnets que sa mère a laissés derrière elle, Aster entrevoit une manière nouvelle de décoder les signes et peut-être d'envisager un espoir au milieu de cette obscurité insondable. 

Très lentement, on se dirige ainsi vers une fin ineffable et bouleversante.

Ces fantômes vous accompagneront longtemps. Car même s'ils sont dans l'espace, ils nous parlent de nous sur la terre ferme.

Ce livre, c'est un cri dans la nuit. Inoubliable.

L'incivilité des fantômes - Rivers Solomon - traduction de l'américain par Francis Guévrenont - Aux Forges de Vulcain - 2019

La sagesse d' Animal Crossing


Mon amie grenouille philosophe de bon matin. L'humour et la gaieté d'Animal Crossing sont toujours irrésistibles. Vivement le 20 mars 2020 pour de nouvelles aventures sur Nintendo Switch. Elle semble déjà bien connaître les goûts littéraires et les loisirs préférés sur l'Avenue.


L'art du suspense : mode d'emploi par Patricia Highsmith


Il y a trois ans, je m'étais acheté Le meurtrier avec la perspective de le lire dans le train de retour d'un voyage. Finalement ce n'est qu'à la fin de novembre dernier que je me suis plongé dans ce livre. 

A chaque lecture d'un roman ou d'une nouvelle de cet écrivain, je prends un grand plaisir de lecture. Patricia Highsmith, c'est une atmosphère, un rythme plutôt lent, une aventure psychologique et des personnages troubles. 

Après avoir refermer le livre, je me remémore ses livres lus, avec l'envie d'en relire...et de m'intéresser d'un peu plus près à son essai : L'art du suspense : mode d'emploi dont la première édition date de 1966.

Après l'avoir déniché en occasion sur le net, me voici avec la version française publiée en 1987 avec une postface "française" de l'écrivain. Plongée directe dans la cuisine interne et la tête de l'écrivain qui se prête au jeu de la demande de son éditeur, celle d'expliquer comment écrire un roman à suspense (genre à part entière aux Etats-Unis à l'époque). Elle déroule les différentes étapes de l'écriture d'un roman dit à suspense : germe de l'idée, la première page, le déroulement de l'histoire, le premier jet du roman, le découpage, le rythme, les corrections...

Elle prend en exemple plusieurs de ses romans qui lui ont demandé du fil à retordre et comment tel ou tel livre a été perçu par la critique. 

N'oublions pas qu'elle a commencé à écrire et à être publié aux Etats-Unis avant de s'établir en Europe. On perçoit ainsi les demandes et les visions différentes de ses éditeurs, l'évolution de l'édition et le goût des lecteurs de l'époque. Le roman policier étant considéré comme un genre mineur comparée à la littérature générale, l'exigence littéraire pour un roman dit à suspense était moindre. Elle met aussi en garde les problèmes financiers que chaque personne qui se lance dans l'aventure va rencontrer : avoir une activité professionnelle à côté est quasi indispensable pour vivre. De ce point de vue là, rien a changé aujourd'hui je pense, sauf exception.

Patricia Highsmith qui balance d'un revers de la main les étiquettes qu'on lui colle s'en donne à coeur joie pour insister sur l'état d'esprit primordial dans lequel chaque écrivain (de roman policier ou autre) devrait être. Les doutes, les découragements, les refus éditoriaux qu'il devra affronter. Elle de manque pas de souligner l'importance du travail personnel, la discipline requise, le besoin de solitude pour écrire, sans oublier le fait que finalement l'esprit de l'écrivain ne s'arrête jamais.

Ce mode d'emploi, qui en réalité n'en est pas vraiment un, fourmille de détails, de ressentis, d'expériences personnelles qui permettent au lecteur d'en apprendre davantage sur la personnalité de l'écrivain qui pour ma part m’interpelle voire me fascine dans ce qu'elle a à dire à travers son œuvre.

Un essai qui donne envie de prendre un stylo et un cahier et de commencer à écrire pour le plaisir. Car comme elle nous le rappelle, le plaisir est primordial pour écrire un livre. Dans tous les cas, j'ai pris un grand plaisir à parcourir cet essai que je relirais j'en suis certain.

L'art du suspense : mode d'emploi - Patricia Highsmith - Calman-Levy - 1987