vendredi, juillet 03, 2009

Le petite bleu de la côte ouest de Jean Patrick Manchette

Le petite bleu de la côte ouest de Jean Patrick Manchette

L'été dernier, je découvrais Jean-Patrick Manchette, écrivain qui révolutionna le roman policier dans les années 70 et dont beaucoup se réclament aujourd'hui. Une Vrai découverte, rare.

L’intrigue est simple : un homme en cavale tente d’échapper à des tueurs et parvient à se venger. Les deux tueurs à sa poursuite sont un peu nigauds. Les scènes en voiture où ils n’arrêtent pas de s’engueuler sur la marche à suivre pour honorer leur contrat et de se traiter de tous les noms sont assez comiques. Sous cette apparence de légèreté, on a affaire à un homme,cadre moyen, surchargé par son travail mais qui trouvera la force de survivre coûte que coûte.

Ce qui me plaît beaucoup chez Manchette, c’est qu’en deux trois mots et adjectifs bien choisis (et c’est évidemment là son talent),vous visualisez tout à fait le personnage ou la scène.
Il s’arrête sur des détails qui peuvent paraître futiles mais qui sans servirent l’intrigue directement, rendent compte de l’état d’esprit du personnage et instaurent l’atmosphère du roman. Les descriptions de Manchettes sont alors moi assez jouissives, un vrai régal !

Exemple :
Georges Gerfaut déteste retourner chaque année en vacances dans une location pourrie au bord de la mer : "Si je ne me plais pas ici ! Seigneur ! répéta Gerfaut en laissant errer son regard sur le canapé de cuir moisi, les fauteuils de même, les deux Henri II, les deux tables très lourdes aux pieds sculptés, les dix chaises (deux buffets, deux tables, dix chaises, Seigneur !) et sur la porte des latrines (...) s’ornait de l’effigie d’un garçonnet en culotte courte, aux chaussettes tire-bouchonnées, aux cheveux blonds ébouriffés, aux yeux malicieux et scintillants, aux bonnes joues rouges, qui retournait coquinement la tête vers l’obervateur tout en pissant contre un bec de gaz montmartrois".

Autre exemple (pour ceux qui connaissent cette enseigne qui existe toujours) :
"Plus tard, quand il y repensait, bizarrement, la seule chose qu’il se rappelait de sa déambulation dans Royan ce soir-là, c’était la publicité d’une mercerie, Aux doigts de Fée, lingerie, chemiserie, bonneterie, mercerie, spécialité de lingerie fine, layettes, dentelles, colifichets, bavoirs, mouchoirs fins, boutons, corsets indéformables et amincissants, ne remontant jamais même sans bas, ainsi que toutes les gaines et soutiens-gorge, plissés, jours, boutons, oeillets, remaillage bas, boucles".

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