Les Trésors de la Rivière Blanche

En 2009, pour fêter les cinq ans de Rivière Blanche, une anthologie se proposait alors d'offrir un panorama de ses publications grâce  aux 14 nouvelles qui composent Les Trésors de la Rivière Blanche.

Les Trésors de la Rivière Blanche
Je les ai dévorées cette semaine et je dois avouer que j'en suis tout retourné et que j'ai déjà très envie de  lire certains auteurs à travers de plus longues productions. Il y a la nouvelle Planche Contact extraite du recueil qui fait suite à Amok, Zombie Blues, dont nous parlions ici. Ce personnage d'enfant, fugace, qui  passe d'un cliché à l'autre sur cette planche contact me fait encore frissonner aujourd'hui même si je connais son excellent déroulement et sa fin enflammée.

Thomas Géha quant à lui nous emmène dans un voyage rare de science fiction qui me donne très envie de découvrir A comme Alone (cette nouvelle, l' Ere du Tambalacoque, est d'ailleurs téléchargeable gratuitement à partir de cette page grâce à un lien sur la gauche). Nous chroniquerons bientôt un autre de ses ouvrages (la Guerre des Chiffoneurs qui risque d'être ma toute prochaine lecture...).

J'y ai également rencontré Bruno Bordier à travers une histoire cocasse de passage à l'âge adulte dans un univers de lapins chasseurs en 2 ou 3D. Surprenant.

Quant à François Darnaudet que nous évoquions déjà ici, il montre un futur où l'écrit serait proscrit, prohibé et on se plaît alors à s'imaginer dans cette transgression ultime : la lecture.

Claude J. Legrand m'était jusqu'alors totalement inconnu. Il nous conte le Rat de Mirfak (on le trouve ici également). Hommes et femmes médecins peuvent êtres miniaturisés puis injectés dans le corps de ce rat très rare et craintif dont l'espèce se meurt. Le retour est parfois brutal à cause du choc des proportions : l'infiniment grand et l'infiniment petit.

Joseph Ouaknine propose cette offre alléchante : Ressuscitez vos morts! Et oui, c'est ce que propose cette entreprise de pompes funèbres. Mais même si cela apparaît d'abord comme gratuit, tout à un prix... Le recueil dont est extraite cette nouvelle a l'air absolument exceptionnel, tout comme son titre : A l'Ombre d'Halloween. A n'en pas douter, une future lecture également.

Et tant d'autres encore, le Conte d'Argent d' Eric Boissau qui ouvre cette malle aux trésors, est une sorte de fable morale où le trésor n'est pas forcément ce que l'on croit. La colère des Martiens de Maurice Limat nous offre le spectacle d'auteurs de science fiction capturés par des Martiens afin de ressembler aux caricatures qu'ils avaient fait d'eux. Le retournement de situation est saisissant.

Et puis il y a Jean-Marc Lofficier. Dans Faut pas pousser Mamie dans les Schlingniarfs, il nous brosse le portrait d'une inénarrable belle-mère à qui il arrive un évènement hors du commun pour dire le moins.Irrésistible. Xavier Mauméjean, lui, nous raconte une journée dans la vie de Mme Atomos. J'ai du coup très envie de découvrir cette asiatique, dépeinte ici au coeur d'un Londres baroque, et à qui rien ne semble impossible. Il ne s'écoulera pas longtemps avant que j'aille faire un tour de ce côté. Et puis il y a ce noir duo constitué de Sylvie Miller et Philippe Ward qui nous chantent ici After Midnight, ou comment le passage à l'an 2001, ce troisième millénaire apocalyptique, ne peut s'écrire que dans le sang et la bile.

De trouvailles en trouvailles, je me plais à rêver à tous ces textes qu'il me reste à lire, à tous ces moments de joie extatique. Ce plaisir éphémère et incomparable de la lecture. Simple et pourtant irremplaçable. Que de nouveau, à travers ces lignes, Philippe Ward en soit remercié.

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