lundi 29 septembre 2014

vendredi 26 septembre 2014

Charles Schriddle - Motorola

2 commentaires:
Charles Schridde’s illustrations from the early 1960s for Motorola is a great example of the future that never was. The ads were often featured in Life Magazine and depicted a lush, comfy and elegant future, conveniently centered around various Motorola products.

Read more at: http://www.ultraswank.net/advertising/charles-schriddes-vision-of-the-future/
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 Illustrations de Charles Schriddle 
pour les publicités Motorola dans les années 1960. 

mercredi 24 septembre 2014

Fatale de Max Cabanes et Jean-Patrick Manchette

8 commentaires:

Fatale est la dernière adaptation de Jean-Patrick Manchette par le duo Max Cabanes et Doug Headline (le fils de l'écrivain) qui avait déjà sévi en adaptant le roman inachevé La princesse du sang (à découvrir le tome 1 et le tome 2).

Fatale, c'est l'histoire d'une femme, Aimée, qui arrive à Bléville. Belle, attirante et mystérieuse, elle y fait la rencontre des notables de cette ville de bord de mer, tous respectueux en apparence. Elle les observe, s'immisce doucement dans leurs relations...en attendant que certaines affaires pas très claires éclatent. Ce qu'elle leur réserve est au-delà de ce qu'on pourrait imaginer...


Une perle noire magistralement adaptée en 130 pages époustouflantes. Les couleurs sont sublimes. Les cadrages "cinématographiques" impressionnants. Le style et l'esprit de Manchette sont respectés et transparaissent à chaque page. J'ai adoré ! 

Une très bonne introduction à l'univers de Manchette. Et puis sinon, je ne peux évidemment que vous conseiller le roman ! Et pour ceux qui en redemande, il faudra être patient et attendre un ou deux ans avant de voir en librairie la prochaine adaptation d'un autre roman : Nada. J'ai hâte !

Fatale - Jean-Patrick Manchette & Doug Headline -  Dupuis - Collection Air Libre - 2014

vendredi 19 septembre 2014

Le jour où j'ai rencontré David Vann

6 commentaires:

Automne 2009.
 
C'est l'histoire d'un bibliothécaire qui assiste à une rencontre avec l'éditeur Oliver Gallmeister de passage dans une librairie. Un homme passionné, qui ne se la joue pas éditeur parisien et qui donne très envie (évidemment) de lire tous les bouquins qu'il publie. Une jeune maison d'édition crée en 2005 qui commence à se faire repérer sur les étales des libraires. Ses livres sont de beaux livres, à la couverture soignée, avec une ligne éditoriale cohérente. Chez Gallmeister, on fait dans la Nature writing : la littérature de la nature et des grands espaces américains (ça c'est pour faire vite, pour en savoir plus, c'est ici). 

Alors forcément le bibliothécaire commence à bouquiner (c'est une partie de son boulot, bah oui, trop dure la vie), à découvrir le catalogue de l'éditeur et à en parler avec enthousiasme autour de lui, et à conseiller pleins de romans aux lecteurs de la bibliothèque dans laquelle il travaille.

Janvier 2010.
 
Il tombe sur Sukkwan island de David Vann. Et paf, la claque. La BIG claque même. Avec cette fameuse page 113 qui en a fait tomber plus d'un de sa chaise, en se disant : c'est pas possible, j'ai du loupé un truc. Autant vous dire que le roman est mis entre toutes les mains qui passent. Et puis rappelons le, Sukkwan island commence à trouver un très bel écho auprès du public français, remporte le Prix Médicis Etranger 2010 et lance la carrière de l'écrivain, jusqu'alors pas très connu dans son propre pays, les Etats-Unis.

Juillet 2014. 

"LE" coup de téléphone inattendu. En septembre, David Vann sera en tournée en France pour la parution de son nouveau roman (Goat Mountain) et avant de rencontrer le public d'une librairie, il est envisagé de faire une rencontre avec son éditeur dans la bibliothèque. Le bibliothécaire accepte illico et bondit de joie. Il ne se tiendra plus durant les deux mois suivants pour préparer la rencontre.

Les lecteurs de la bibliothèque (re)découvrent alors les romans légers de David Vann pendant leur été, allongés sur la plage (vous verrez madame, Impurs se lit tout seul, oui c'est une charmante histoire de famille avec une gentille maman et un fiston tout sage).

Fin août 2014.

"LE" coup de téléphone inattendu.
- Ah au fait, dernier point de détail pour l'organisation de la rencontre, l'éditeur viendra traduire comme prévu, par contre, il faudra que vous animiez la rencontre à défaut d'avoir un journaliste pour le faire. Nouveau challenge pour le bibliothécaire, qui accepte sans trop savoir où il met les pieds et surtout si il va faire l'affaire sur ce coup là.  

Septembre - Jour J

16h30. C'est l'heure de la rencontre. Le professionnel est tout heureux et un poil stressé d'interviewer l'écrivain. Il prend son micro comme un grand, tout en ne comprend pas pourquoi ses mains tremblent. 

Assister à une rencontre d'un écrivain, c'est (en général) l'assurance de découvrir de nouvelles portes d'entrée de son univers littéraire et de comprendre certains aspects de ses romans que l'on avait ignoré, ou pas forcément saisi.


Assister à une rencontre avec David Vann, c'est découvrir un homme lumineux qui vous parle de situations atroces qu'il a vécu en arrivant sans problème à vous faire sourire voire rire. Alors ok, les américains aiment faire leurs show, mais ici, la sincérité est indiscutable. 

Avoir eu cinq suicides et deux meurtres dans ma famille, c'est un bon départ et un bon matériaux pour écrire. (tu m'étonnes !!!)

Son histoire familiale, il s'en ai servi pour écrire, pour créer. Tout est fiction, invention, mensonge plait-il à souligner, avec le sourire aux lèvres. 
Le bibliothécaire-intervieweur ne peut que balbutier C'est fascinant ce que vous racontez...fascinant, tout essayant de reprendre le fils de ses questions (il est facilement impressionnable dans ces cas là).

David Vann sait parler de ses romans (ce qui n'est pas forcément donné à tous les écrivains, dont certains estiment qu'ils ont déjà tout dit dans leur œuvre). Alors oui, on sent qu'il a l'habitude de répondre aux questions, avec naturel. Mais on sent tout de suite qu'il aime donner. Et ça, c'est génial pour le public ! Mais plus un public trouve que les propos d'un écrivain coulent de source, plus en réalité, chaque mot a un véritable sens, et que tout a été analysé et réfléchi. 

David Vann et son éditeur français Oliver Gallmeister
Comme il l'avoue, c'est parfois le public par ses remarques qui lui donne d'autres pistes d'interprétations de ses romans. Notamment quand il s'aperçoit que finalement la religion est omniprésente dans tous ses livres (et notamment de manière très présente dans Goat Mountain).

La nature writing et la bonté du monde, finalement c'est pas trop son truc annonce-t-il. Il fait plutôt dans la tragédie. Décrire la nature oui, mais à partir de ce que les personnages projettent dessus. Les voilà prisonniers de celle-ci et mis sous pression sans échappatoire. 

Il parle aussi de la tradition des armes à feu aux Etats-Unis et les ravages de celles-ci. Les armes sauvent des vies !  Le public hallucine. (un conseil : lisez Dernier jour sur terre, et vous comprendrez mieux pourquoi ce récit est passé inaperçu aux Etats-Unis).

David Vann, a ses fêlures, comme chacun d'entre nous, mais a su les transformer en un sublime joyau, celui de l'écriture. Le public comprend alors mieux le pourquoi du comment de ses romans, pourquoi la famille c'est pas de la tarte, pourquoi aimer c'est aussi faire du mal.

David Vann nous éclaire aussi sur sa façon d'écrire. Il n' a pas de scénario précis avec un début et une fin prévus. Il se laisse porter sans savoir où cela le mène. C'est son inconscient qui parle. (Donc la fameuse page 113 de Sukkwan island, elle est arrivée comme ça sans prévenir...wouah !!!).

David Vann fut d'une grande générosité avec son public, d'une grande simplicité. Il fut très bien accompagné par son éditeur qui lui aussi prenait plaisir et jubilait déjà de la réussite de la rencontre.
   
Alors durant tout le temps de la rencontre, le bibliothécaire tente de poser ses questions qu'il a sagement préparé (bon apparemment il s'en ai plutôt bien tiré) et a parfois du mal à réaliser ce qui se passe, tellement il profite de ce moment unique. 

Autant vous dire que le bibliothécaire est comblé. Il se dit qu'il a eu bien de la chance de tomber sur un écrivain comme lui. Pourtant on l'avait prévenu (Merci Laurent !). Il est ravi de voir le public conquis et enthousiaste. 

Ce fut vous l'aurez compris une très belle rencontre, pleine d'émotions.

jeudi 18 septembre 2014

Je suis le libanais (io sono il libanese) di Giancarlo De Cataldo

4 commentaires:

Giancarlo De Cataldo m'avait ébloui avec son Romanzo Criminale : cette bande de mafieux qui va prendre le contrôle de Rome à la fin des années soixante-dix. On avait eu droit à une suite La saison des massacres. Voici à présent les origines avec ce court roman qui revient sur le personnage emblématique du Libanais, celui qui deviendra le leader du groupe.

Le Libanais est un petit caïd de la rue et rêve de grandeurs. Il va devoir faire preuve de patience, de jugeote pour acquérir à sa cause ses copains et surtout respecter les codes des autres familles de truands et attendre le bon moment pour faire parler de lui. Ses plans pour amasser un paquet de fric échouent pour la plupart, à lui d'en tirer les leçons. 

Alors au départ, j'étais plutôt septique. On pourrait se dire que c'est un peu trop facile, que c'est la mode des préquels. Et puis, après quelques pages, je me suis laisser avoir. J'ai aimé retrouver la galerie de personnages qui ont fait le succès de Romanzo criminale. L'écrivain finit habilement le roman comme une fin de chapitre dont le suivant serait RC. Alors oui, ça fonctionne mais malgré tout, ce titre n'est pas indispensable. Les  aficionados devraient y trouver leur compte. Pour ceux qui n'ont pas lu RC, prenez le temps de lire ce prologue, c'est une bonne mise en bouche !

Un avis très enthousiaste, celui de Du Noir Du polar à découvrir ici.  
 

Je suis le Libanais - Giancarlo De Cataldo - Métailié, 2014. Traduit de l'italien par Paola de Luca et Gisèle Toulouzan.